vendredi 12 octobre 2018

Les Baziard et la maison Menot.
(8/10/2018 ; mise à jour : 23/11/2018)
Claude et Yves Baziard



Résumé : Cet article traite de l’apparition du nom Baziard-Menot et du nom de la maison Menot et permet aussi d’expliquer l’existence actuelle des deux noms, Baziard et Baziard-Menot. Pour cela, la méthode utilisée est basée sur l’exploitation des registres religieux de l’Ancien Régime et de l’Etat civil après la Révolution française, sur les cartes des cadastres napoléonien et actuel et sur la tradition orale familiale pour la période la plus récente. Après une rapide description de la généalogie du nom Baziard, dont l’origine remonte au XVIè siècle, l’étude débute au XVIIIè siècle et finit au milieu du XXè siècle, en permettant le rattachement des descendants actuels à l’arbre généalogique décrit. L’analyse des fratries à chaque génération permet de mettre au jour l’apparition précise, au XIXè siècle, du surnom « menot », puis du nom Baziard-Menot sur un individu, puis le passage du surnom Menot au nom de la maison.


I – Introduction.


Le nom de famille Baziard a été porté avec certitude par des femmes et des hommes dans la région de Salies-de-Béarn, et surtout dans Salies même, depuis le XVIè siècle jusqu’à aujourd’hui (voir la généalogie de ce nom dans le tableau 1, plus loin). L’origine du nom Baziard fera l’objet d’une autre étude à paraître prochainement. Comme la plupart des noms de famille, ce nom a connu plusieurs écritures, comme Bassiart, Basiart ou Baziart, pour arriver à l’écriture actuelle. Si ce nom est apparu initialement, au cours du XVIè siècle, selon les registres religieux protestants, dans les communes de Baigts-de-Béarn et Ramous, les Baziard sont venus habiter Salies-de-Béarn vers la fin du XVIè siècle. Le nom Baziard est un nom de maison située en limite des communes Baigts et Ramous, dans la partie sud-est de Ramous et cette maison, détruire dans les années 1960, figure dans le cadastre napoléonien de Ramous datant de 1828. Elle est cependant toujours répertoriée dans le cadastre actuel que l’on peut voir sur le site internet Géoportail de l’Institut Géographique National (IGN). Les Baziard sont donc issu d’une même parenté et ils ont été nombreux à Salies-de-Béarn. Dans le passé, les noms ont été assez souvent accompagnés d’un deuxième nom lié à une particularité physique, un métier ou le nom d’une autre maison, sachant que le nom de maison avait une grande importance en Béarn. Ce deuxième nom accompagnait le premier nom et était transmis avec lui ou abandonné. Les Baziard de Salies-de-Béarn ont ainsi porté le nom et les surnoms de Lacabe (ou Lacave), Menot et Pilate. Le nom Baziard Lacabe, le plus ancien, a disparu ainsi que Baziard Pilate par manque de descendance mais pas Baziard Menot parti de Salies pour faire souche dans la région Bordelaise à la fin du XIXè siècle.


Le but de cet article est de comprendre l’origine du nom de la maison Menot mais aussi l’origine du surnom Menot lié à Baziard. Etait-ce un nom de maison déjà existante que des Baziard sont venus habiter et qu’ils ont attaché à leur nom initial ou était-ce le sobriquet d’un premier Baziard qui aurait été transmis à la descendance ensuite, pour devenir à son tour un nom de maison ? Nous allons tenter de répondre, d’abord en montrant l’origine et la localisation de la maison Menot, puis l’origine du surnom Menot lié au nom Baziard et enfin l’occupation de cette maison par les Baziard. Une discussion permettra de rassembler toutes ces données et d’apporter une réponse, avant de conclure. Cependant, pour commencer, regardons l’arbre généalogique du nom Baziard, depuis son début connu à ce jour jusqu’à aujourd’hui.


I – L’arbre généalogique du nom Baziard.


Le tableau 1 ci-dessous montre la branche 1 (principale) de l'arbre généalogique réduit à ceux et celles qui ont permis la transmission du nom. Est indiquée aussi dans ce tableau, au moyen d’un renvoi numéroté, le départ d’une branche des Baziard (branche 2). Les Baziard de cette branche sont répertoriés à partir du début du XVIIIè siècle jusqu’au XXè siècle, lorsqu’ils n’ont plus transmis le nom (étude à paraître).


Tableau 1 - Tableau généalogique du nom Baziard.

XVIè siècle.

(branche 1)

Manauton de Bessiart (~1540)
(commune de Baigts-de-Béarn, 64)
(BAZIART, f cne de Baigts - Bessiart, vers 1540
Réform. de Béarn, B. 802, f° 19, cité par Paul Raymond,
(Dictionnaire topographique du département des Basses-Pyrénées)
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Perarnaud de Basiart (marié avant 1575) x Saurine de Saunade
(mariage protestant ; commune de Ramous, 64)
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Arnaud de Basiart (1575-?) x Navarrine Monreyau (du Molia de Bugning)
(mariage protestant ; commune de Ramous, 64)
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XVIIè siècle.
Jehan ou Jean de Basiart (1603-?)(meunier) x Isabé de Capnègre
(mariage protestant le 23/03/1633 à Salies-de-Béarn, 64)
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Jacques de Basiard (de Bassiart)(1638-?) x Marie du Cassiau (de Cossivar)
(mariage protestant le 1/06/1672 à Salies-de-Béarn)
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Isaac de Basiart (~1673-1745)(protestant puis catholique) x Marie de Camy (i)
(mariage catholique le 26/11/1706, paroisse Saint-Vincent, Salies-de-Béarn)
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XVIIIè siècle.
(branche 2 : commence avec Jeanne, Jean et Pierre de Basiart, Paroisse St-Vincent, Salies-de-Béarn, début XVIIIè siècle, plus de 80 Baziard et conjoint(e)s)
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Jean de Basiart Lacave (1708-1753) x Anne de Saint-Gaudens (1707-1753)
(mariage catholique, paroisse Saint-Vincent, Salies-de-Béarn)
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Louis Baziard Lacabe (1737-1806)(laboureur) x Catherine de Labourdette (1742?-1788)
(mariage catholique le 29/11/1764, paroisse Saint-Martin, Salies-de-Béarn)
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Jean Basiard (Lacabe) Menot (1765-1846)(meunier) x Anne Lansalot (1774-1849)
(mariage catholique, paroisse Saint-Vincent, Salies-de-Béarn)
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XIXè siècle.
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Pierre (Jean) Baziard Menot (1801-1882)
(meunier ; moulin du Coût) x Marie Poustis (1808-1861)
(mariage civil le 13/11/1828, Salies-de-Béarn)
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(1) et (2)

(1) Pierre Baziard Menot (1844-1895)(meunier, moulin du Coût à Salies)
x Catherine Chibas (1854-?)
(mariage civil le 13/09/1873, Salies-de-Béarn)

(2) Pierre Baziard Menot (1848-1902)(meunier, moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion)
x Marie Bareille (1847-?)
(mariage civil le 11/01/1872, Salies-de-Béarn)

XXè et XXIè siècles.

(1)(suite) Jules Baziard Menot (1875-1949)(meunier, moulin du Coût à Salies puis docker à Bordeaux)
x Clémence Pervalet (1884-1976)
(mariage civil le 18/12/1902, Bordeaux)
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Les BAZIARD MENOT ayant fait souche dans la région de Bordeaux.


(2)(suite) Jean-Baptiste Baziard (1878-1945)(meunier,
moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion puis cultivateur à Orthez)
x Marie-Eugénie Bareilles
(mariage civil le 22/02/1906, l'Hôpital d'Orion, 64)
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Les BAZIARD actuels (nombreux).


Branche 2 : Les Baziard Lacabe, Baziard Pilate et Baziard, nombreux, qui n’ont pas transmis le nom Baziard jusqu’à aujourd’hui.


Le tableau 1 montre que le Baziard le plus ancien est identifié sous le nom de Manauton de Bessiart au XVIè siècle (voir la référence citée). Les Baziard étaient alors protestants, Jeanne d’Albret ayant imposé la religion réformée calviniste en Béarn à partir de 1570, et cette religion était même implantée avant cette obligation à Baigts-de-Béarn où vivait Manauton de Bessiart. Ses descendants protestants ont vécu à Ramous, commune voisine de Baigts, puis sont venus tenter fortune à Salies-de-Béarn proche. Cette ville attirait alors par sa richesse venant de ses activités liées au commerce du sel. Les guerres de religion entre catholiques et protestants ont aussi touché le Béarn comme en France et, en 1620, Louis XIII annexa le Béarn qui ne sera plus alors un état indépendant et il fait depuis lors partie de l’état français. A partir de 1620, la religion catholique est imposée en Béarn et les conversions forcées ont lieu au cours du XVIIè siècle. Dans le tableau 1, on voit ainsi que la lignée Baziard devient catholique à partir de Isaac de Basiart qui, de protestant à sa naissance deviendra catholique et fera un mariage catholique avec Marie de Camy en 1706, au début du XVIIIè siècle. Les Baziard seront ensuite très majoritairement catholiques, sauf pour quelques uns d’entre eux lors du retour du protestantisme au XIXè siècle en France. La branche 2 des Baziard quant à elle, non décrite ici, a été très majoritairement catholique. On remarque enfin, dans le tableau 1, que l’arbre généalogique des Baziard est partagé en deux branches au cours du XIXè siècle, l’une donnant les Baziard Menot d’aujourd’hui, l’autre les nombreux Baziard actuels.


Après cette rapide description de l’arbre généalogique des Baziard, intéressons-nous aux Baziard du XVIIIè et XIXè siècles afin de comprendre l’apparition du surnom Menot, lié à la maison Menot décrite dans la paragraphe suivant.


II – La maison Menot.

La figure 1 ci-dessous montre une photographie de cette maison Menot aujourd’hui. C’est une petite maison béarnaise typique, qu’il faut imaginer sans les extensions récentes à gauche et à droite pour avoir une idée de son aspect plus ancien. A l’angle devant, on voit une petite extension maçonnée dans laquelle séjournait un cochon, selon les propriétaires actuels, et, au-dessus, un petit poulailler en bois à croisillons.




Figure 1 – Photographie de la maison Menot actuelle.


Cette maison peut être localisée sur un extrait de carte prise sur le Géoportail internet de l’Institut Géographique National (IGN), qui montre un relief de collines de la partie sud-est de Salies-de-Béarn (Figure 2), carte dans laquelle les altitudes sont mentionnées. On y voit une petite route qui longe le ruisseau de Beigmau et cette route rejoint celle qui mène de Salies à Sauveterre-de-Béarn et qui passe à l’ouest du quartier Beigmau. Le long de cette petite route se trouvent différentes maisons ou fermes comme Saint Jacques et d’Esperbasque en haut, puis, plus bas, Latéulère, Poustis et Tirou. Elle n’est pas mentionnée sur cette carte mais la maison Menot correspond au petit rectangle noir situé au bord du chemin/route de Beigmau, près de l’altitude 76 mètres indiquée par un petit point noir. En ce point, débute le chemin dit de Lacazette qui part à angle droit du chemin de Beigmau, lequel continue vers la maison Tirou. On voit aussi, en pointillé, les chemins anciens encore répertoriés mais qui ne sont pas asphaltés. On voit ainsi que la route venant de la maison Laulhé croise le chemin/route de Beigmau et continue en chemin pointillé. Ce croisement existait et était désigné par un nom dans le passé, comme nous allons le voir dans les deux figures suivantes.




Figure 2 – Carte IGN de la partie sud-est de la commune de Salies-de-Béarn.


Les Figures 3 et 4 montrent deux extraits du cadastre napoléonien (1828) de cette même zone du chemin Beigmau et elles sont intéressantes parce qu’elles montrent les noms et emplacements de maisons/fermes anciennes qui ont gardé leurs noms aujourd’hui, parfois avec des modifications de leur orthographe. Ainsi, la figure 3 montre le chemin et le ruisseau de Beigmau et on retrouve les maisons de Latéülère et Poustis. On voit aussi le moulin de Clausa, habité aujourd’hui par la famille Lavigne, qui existe encore mais n’est pas nommé sur la carte IGN (Figure 2), et le moulin de Beig-pregonne attaché à la ferme Beigpregonne en haut à droite de l’image. Comme sur la figure 2, le chemin qui vient de la maison Laulhé rejoint le chemin de Beigmau en un croisement appelé ici hourbaigt, qui signifie croisement en bas en béarnais, ce qui correspond réellement au point de plus basse altitude de cette zone (76 mètres, voir Figure 2).




Figure 3 – Extrait du cadastre napoléonien de l’ensemble de la ville de Salies.
(Tableau d’assemblage, cadastre napoléonien de Salies-de-Béarn,
Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques)




Figure 4 – Extrait de la section dite de Saint-Martin et de Beigmau.
(cadastre napoléonien de Salies-de-Béarn, feuille 2,
Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques)


Toutefois, il est difficile d’affirmer que ce nom de hourbaigt est celui du croisement ou de la petite maison toute proche mais la figure 4, plus détaillée, montre les moulins de Clausa et de Beigpregonne, les maisons Lateulère et Poustis et le nom hourbeigt désignant la maison Menot sans ambiguité. La maison Menot était donc appelée hourbaigt ou hourbeigt au XIXè siècle et nous verrons, en faisant un peu de généalogie dans le paragraphe suivant, que c’était aussi le cas au XVIIIè siècle.


III – Le premier Baziard Menot.


Si ce paragraphe porte ce titre, c’est qu’il a bien existé un premier Baziard avec le surnom Menot. Le tableau généalogique 2, ci-après, décrit la généalogie partielle des noms Baziard et Baziard Menot issus de la même branche, des noms qui ont été séparés ensuite et ont une descendance aujourd’hui. Dans ce tableau, les noms écrits en gras sont ceux qui transmettent le nom. Les fratries sont représentées à chaque génération, ce qui va permettre de mieux comprendre les occupations des maisons, lorsque celles-ci sont mentionnées dans les registres généalogiques et en particulier la maison Hourbaigt-Menot qui nous intéresse.


Tableau 2 – Généalogie partielle, avec les fratries, du nom BAZIARD (branche 1).

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Isaac de Basiard (°~1673) / Marie de Camy
(x 26/11/1706, paroisse Saint-Vincent)
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Jean de Basiard Lacave (1708-1753)
x Anne de Saint Gaudens
Rachel de Basiard Lacabe (1711-1782) x Jean de Baubion (Courtade)
Jeanne de Basiart (1717-1783) x Jean de Laplace
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Jeanne (1729-?)(mariée)
Jacob (1730-1814)(marié, sans enfant)
Isaac (Pierre) (1733-1804)(célibataire)
Louis Baziard Lacabe (1737-1806)(laboureur)
x Catherine Labourdette (1742(?)-1788)
Jean (1741-?)(pas d'information)
Anne (1744-?)(pas d'information)
Jean (1747-?)(pas d'information)
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Jean Baziard Menot (1765-1846)(meunier)
x Anne Lansalot (1744-1849)
Anne (1768-1836)(mariée)
Isaac (?-1874)(+ à 3 ans)
Jean Philippe (1773-1780)(+ à 6 ans)
Marie (1774-1854)(mariée)
Jacques (?-1791)(+ à 13 ans)
Pierre (1781-1782)(+ à 9,5 mois)
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Louis (1797-1803)(+ 6 ans)
Jean (1799-?)(pas d'information)
Pierre (Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier, moulin du Coût à Salies) x Marie Poustis (1808-1861)
Jeanne (1804-?)(mariée)
Jean Baziard Menot (meunier)(marié deux fois ; sans enfant)
Pierre (1817-1822)(+ à 4 ans)
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Jean (1829-1848)(+ à 19 ans)
Anne (1831-1916)(mariée)
Marie (1833-1874)(mariée)
Jeanne (1835-1901)(mariée)
Marie (1837-1865)(mariée)
Pierre (1840-1860)(+ à 20 ans)
(1) Pierre Baziard Menot (1844-1895)
(meunier, moulin du Coût à Salies) x Catherine Chibas (1854-?)
(2) Pierre Baziard Menot (1848-1902)
(meunier, moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion) x Marie Bareille (1847-?)


(1) Les BAZIARD MENOT de la région de Bordeaux ;
(2) Les BAZIARD actuels.

 
Le tableau 2 débute vers la fin du XVIIè siècle avec le couple Isaac de Basiard / Marie de Camy(i). La particule « de » qui accompagnait alors les noms Basiard et Camy (orthographe d’époque) désignait la provenance du nom et, dans ce cas, le nom des maisons d’origine. Isaac était protestant à la naissance mais il est devenu catholique, ce qu’atteste son mariage catholique dans l’église Saint-Vincent de Salies (mariage le 26/11/1706). Ce couple a eu trois enfants dont un qui a transmis le nom Baziard mais additionné du surnom Lacave (ou Lacabe), un surnom que l’on retrouve avec beaucoup d’autres Baziard issus d’une branche différente (branche 2 non décrite dans le tableau 1) et ce surnom correspondait souvent à des individus liés au travail de la vigne et du vin, comme vigneron et tonnelier. Ce fils aîné de Isaac de Basiard, Jean de Basiard Lacave, a eu 7 enfants avec Anne de Saint-Gaudens, dont tous les parcours de vie ne nous sont pas connus à ce jour, mais l’un d’entre eux a transmis le nom, Louis Baziard Lacabe (laboureur), marié avec Catherine Labourdette (mariage le 29/11/1764) et ce couple a eu 6 enfants dont un seul a transmis le nom Baziard. Il s’agit de Jean Baziard Menot marié avec Anne Lansalot. Il est le premier à porter au moins une fois le surnom Menot, comme en attestent les registres religieux et d’état civil de l’époque (XVIIIè et XIXè siècles respectivement) à Salies-de-Béarn.


Avant d’examiner plus en détails son parcours de vie et celui de ses frères et sœurs et de ses descendants, une information concernant un des frères de son père Louis, appelé Jacob Baziard Lacave (Tableau 2), est intéressante. Ce Jacob est né en 1730 (naissance le 23/12/1730), a été marié avec Judith Lagisquet (mariage le 7/02/1756) et il meurt en 1814 à l’âge de 84 ans (décès le 31/08/1814). Ce couple Jacob Baziard Lacave / Judith Lagisquet, pourtant tous deux nés, vécus et enterrés à Salies, n’a eu aucun enfant. L’information intéressante est que Jacob est mort dans la maison Hourbeig, celle qui sera appelée Menot plus tard. Cela signifie qu’un Baziard a habité cette maison au moins au début du XIXè siècle, avant Jean Basiar, futur Baziard Menot, dont on décrit le parcours de vie ci-dessous.


Ce premier Baziard qui a porté sur le surnom Menot est appelé Jean Basiar dans son acte de naissance et son lieu de naissance n’est pas mentionné mais son père Louis Baziar et sa mère « Cataline » de Labourdette sont cités (Figure 5) (naissance le 5/12/1765).




Figure 5 – Acte de naissance de Jean Baziar, le 5/12/1765.
(Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques)


Si son acte de naissance contenait un minimum d’informations, comme il a vécu jusqu’à 84 ans, son acte de décès, établi au milieu du XIXè siècle, renseigne mieux (décès le 19/11/1846). Il y est ainsi nommé Jean Baziard Menot époux d’Anne Lansalot (Figure 6), il était laboureur au moins vers la fin de sa vie puisqu’il avait été aussi meunier (voir plus loin l’acte de mariage de son fils Pierre avec Marie Poustis). Il n’est donc pas nommé Baziard Lacabe comme son père Louis et il devient ainsi le premier, parmi tous les Baziard, à porter le nom Baziard Menot. De plus, il est mort dans la maison hourbeigt quartier Beigmau, comme son oncle Jacob Baziard Lacave 32 ans plus tôt, en 1814.




Figure 6 – Acte de décès de Jean Baziard Menot, époux d’Anne Lansalot, le 19/11/1846.
(Archives Départementales des Pyrénées Atlantiques)


L’examen de la fratrie de Jean Baziard Menot montre qu’il est le seul à transmettre le nom Baziard Menot, ce que n’ont pas fait sa sœur Anne, ni ses quatre frères morts en bas âge. Sachant l’importance de l’aîné (garçon dans ce cas) dans les familles béarnaises, on peut penser que cet enfant né Jean Baziar a pris une place particulière dans cette fratrie, tant du point de vue héritage que sentimental pour les parents.


IV – l’étude des fratries.


IV.1 -Les enfants du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot.


Jean Baziard Menot a épousé Anne Lansalot, avec laquelle il a eu six enfants.

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Jean Baziard (Lacabe) Menot (1765-1846)(meunier)
x Anne Lansalot (1774-1849)
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Louis (1797-1803)(+ à 6 ans)
Jean (1799-?)(pas d'information)
Pierre (Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier, moulin du Coût à Salies) x Marie Poustis (1808-1861)
Jeanne (1804-?)(mariée)
Jean Baziard Menot (1813-1884)(meunier)(marié deux fois ; sans enfant)
Pierre (1817-1822)(+ à 4 ans)


Le premier fut Louis Baziard dont le grand-père Louis Baziard Lacabe était le parrain. Ce petit Louis Baziard est né en 1797 dans la maison Darremondine à Salies qu’habitait alors probablement la famille, le père avait alors 32 ans (naissance le 26/08/1797 (9 fructidor an 5)). L’enfant n’a pas vécu longtemps et il est mort en 1803 à l’âge de 6 ans. A noter qu’il est écrit dans l’acte de décès que le nom de ce Louis est Baziard et que le père est nommé Basiard Lacabe et qu’il est laboureur (décès le 13/08/1803 (25 thermidor an 11, déclaré le 26)). On retiendra donc que ni le fils Louis ni le père Jean ne sont nommés Baziard Menot, à ce moment de leur vie, et que Jean est nommé Baziard Lacabe, comme son père Louis, et qu’il est laboureur le 13/08/1803.


Le second enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot, appelé Jean Basiard, est né le 14 floréal an 7 (3/05/1799) mais il n’a été déclaré par le père que le douze prairial an huit (1/06/1800), soit presque 13 mois plus tard, ce qui rend un peu curieuse cette déclaration de naissance (naissance déclarée le douze prairial an 8). L’enfant serait né dans la maison Lacave, dans le centre-ville de Salies, sa mère étant bien Anne Lansalot et son père Jean Basiard laboureur. A ce jour, aucun acte de mariage ou de décès concernant ce Jean Basiar n’a été trouvé à Salies-de-Béarn et, sans nouvelle information, il faut être prudent sur cette naissance et sur la réelle existence de ce Jean Basiard. La aussi, on retient que le petit Jean est cité avec le nom Basiar uniquement et que son père est laboureur le 1/06/1800.


Pierre (appelé aussi Jean) Baziard fut le troisième enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot et il est important puisque c’est lui qui a transmis le nom de famille. Bien que sa naissance ait été déclarée le 3 pluviôse an 10 (23/01/1802), il est indiqué dans l’acte que Pierre Basiard est né le 8 vendémiaire an 10 (30/09/1801). Il a donc été déclaré presque quatre mois après sa naissance, une pratique récidiviste du père. Les parents sont mentionnés, Jean Basiard (laboureur) et Anne Lansalot, mais aucune indication du lieu de naissance de Pierre. Si l’acte de naissance qui vient d’être cité est plutôt avare de renseignements, il n’en est pas de même avec l’acte de mariage du même Pierre Basiard avec Marie Poustis (mariage le 13/11/1828). On y apprend que Pierre Basiard exerce le métier de meunier le jour de son mariage, que le père Jean Basiard est lui aussi meunier, mais sans indication du (ou des) moulin(s) dans le(s)quel(s) ils travaillent. Pierre Basiard a 27 ans le jour de son mariage et Marie Poustis 20 ans, elle est mineure. L’acte de décès de Pierre le nomme Basiard comme son père et il est mort à l’âge respectable de 81 ans, en 1882 ; dans cet acte de décès, on a la confirmation que Pierre était meunier et qu’il « est décédé dans la maison dite moulin du Coût, au quartier de ce nom » (décès le 26/12/1882), ce qui est aussi le cas pour son épouse, Marie Poustis, morte en 1861 dans ce moulin (décès le 11/02/1861). Cette localisation au moulin du Coût sera ensuite très importante pour la descendance Baziard Menot, comme nous le verrons plus loin.


Le quatrième enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot est une fille de prénom Jeanne et de nom Basiard (naissance le 14/01/1804 (23 nivôse an 12)). Elle a été mariée le 21/02/1828 avec Pierre Dufau (forgeron) mais son acte de décès ne nous est pas connu. Le jour du mariage de Jeanne, son père est appelé Jean Baziard dit menot et il est meunier. On remarque encore que Jeanne est désignée avec le nom Basiard et pas Baziard Menot.


Le cinquième enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot est un garçon né en 1813 qui se prénomme Jean et il reçoit le nom Basiard lors de sa naissance. Sa mère est Suzanne Lansalot (et pas Anne) et son père Jean Basiard, toujours laboureur en 1813 (naissance le 5/10/1813). La vie de ce Jean Basiard est bien renseignée parce qu’il a laissé assez de traces dans les actes d’état civil. En effet, il s’est marié deux fois, la première fois avec Marie Hiaas plus âgée que lui de 49 ans le jour du mariage (elle en avait 69 et lui mineur 20 ans). Un tel mariage a été motivé par l’accès au quota d’eau salée, très convoitée dans la ville de Salies, que lui a ainsi transmis Marie Hiaas. S’il a accepté ce mariage, c’est qu’il était un cadet et il ne pouvait donc a priori pas faire partie de la confrérie très convoitée des part-prenants du sel de Salies, dont il aurait pu hériter comme aîné garçon vivant le cas échéant (voir le règlement des part-prenants de Salies). Dans l’acte de mariage, on note encore le père nommé Jean Baziard et la mère Suzanne Lansalot. Le père est déclaré laboureur en 1834 (mariage le 27/03/1834), après avoir été meunier en 1828 lors du mariage du frère de Jean, Pierre (Jean) Baziard avec Marie Poustis (voir ci-dessus le troisième enfant Pierre (Jean)). Marie Hiaas meurt deux ans après, le 15/02/1836 à Orthez, ce que l’on apprend dans l’acte du deuxième mariage de Jean avec Marie Chague en 1849, dans lequel il est nommé cette fois Baziard Menot de même que son père et le fils et le père sont à nouveau déclarés meuniers (mariage le 5/07/1849). L’acte de décès de Jean marié à Marie Chague est particulièrement intéressant. Jean y est nommé Baziard Menot, fils de Jean Baziard Menot et Suzanne Lansalot (le prénom Suzanne a remplacé le Anne de sa jeunesse), il meurt en 1884 à l’âge de 71 ans et dans la maison Menot quartier Beigmau à Salies (décès le 28/07/1884). Lors de sa mort, Jean n’est plus meunier et on remarque que le nom Baziard Menot apparaît pour la première fois pour lui et son père ensemble lors de son mariage avec Marie Chague en 1849. Ensuite, c’est en 1884 qu’apparaît pour la première fois le nom de la maison Menot, dont sait qu’elle est aussi la maison Hourbaigt (voir § II). Il faut ajouter que Marie Chague n’a pas vécu longtemps après la mort de son mari et elle est morte fin 1885, toujours dans la maison Menot qu’elle n’avait pas quittée (décès le 13/12/1885).


Le sixième et dernier enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot est un garçon prénommé Pierre (naissance déclarée le 11/10/1817), le père a alors 52 ans et il est laboureur (pas encore meunier) et il est nommé Jean Basiard époux de Anne Lansalot. Ce nouveau garçon s’appelle Pierre Basiard à sa naissance, comme ses précédents frères et sœurs lors de leurs naissances. Pierre n’a pas vécu longtemps puisqu’il est mort en 1822 à l’âge de 4 ans (décès déclaré le 3/01/1822), son père, laboureur, étant nommé pour la première fois Jean Baziard Menot et sa mère Jeanne Lansalot (on lui aura donné trois prénoms, Anne, Suzanne et Jeanne). Dans cet acte de décès, il est mentionné que Pierre est mort dans la maison Hourbeig (tel qu’écrit dans l’acte) quartier Beigmau à Salies. Ainsi, en 1822, le père Jean porte le nom de Baziard Menot ce qui n’était pas le cas en 1817, il est âgé de 57 ans, il n’est pas encore meunier et il habite avec sa famille dans la maison Hourbeig qui n’est pas encore appelée Menot.


Résumé : L’examen détaillé des actes de naissances, mariages et décès des enfants du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot a pu paraître fastidieux, mais il est riche d’enseignements sur le devenir de cette famille, sur les noms qu’ils ont portés (les parents et les enfants), sur la date de la première apparition officielle du nom Baziard Menot (1822) pour Jean, mari de Anne Lansalot, sur la date de l’occupation de la maison Hourbeig (Hourbaigt) par le couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot (probablement un peu avant 1822) et enfin sur la date du nom de la maison Menot, qui est plus tardive lorsqu’elle est mentionnée, en 1884, lors de la mort Jean Baziard Menot fils, époux de Marie Hiaas puis Marie Chague. La mort de Marie Chague, fin 1885, eut aussi lieu dans la Maison Menot mais nous n'avons pas d’autre information sur l’occupation ultérieure de cette maison par les Baziard.


Nous le verrons plus loin, Jean Baziard Menot a été le premier d’une lignée de Baziard Menot et Baziard meuniers jusqu’au début du XXè siècle, même si ses débuts dans ce métier ont eu lieu avec des fortunes diverses. En effet, il fut laboureur en 1802 lors de la naissance de son fils Pierre (Jean), puis déclaré meunier en 1828 lors des mariages de ses enfants Jeanne et Pierre (Jean) (lui-même alors meunier et sans mention du moulin), laboureur en 1834 lors du mariage de son fils Jean avec Marie Hiaas et laboureur lors de sa mort en 1846. Jean Baziard Menot a donc été meunier mais pendant une courte période, ce que nous examinerons plus précisément lors de la discussion. Une autre information importante est que son fils Pierre (Jean) Baziard, époux de Marie Poustis, le seul de sa fratrie qui a transmis le nom de Baziard Menot, a exercé son métier de meunier au moulin du Coût, dans le quartier du Coût à Salies, et il y a habité. Cela permet d’examiner maintenant les parcours de vie des enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, afin d’avoir éventuellement d’autres renseignements sur le surnom Menot et la maison Menot. Concernant le couple, l’examen détaillé a été déjà fait, comme troisième enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot, et on va donc examiner les enfants de ce couple.


IV.2 – Les enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis.


Les enfants de ce couple sont au nombre de huit et seuls les deux derniers ont transmis le nom Baziard Menot (Tableau généalogique 1), parce que les six premiers sont deux garçons morts jeunes et quatre filles mariées.


Pierre (Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier, moulin du Coût à Salies)
x Marie Poustis (1808-1861)
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Jean (1829-1848)(+ à 19 ans)
Anne (1831-1916)(mariée)
Marie (1833-1874)(mariée)
Jeanne (1835-1901)(mariée)
Marie (1837-1865)(mariée)
Pierre (1840-1860)(+ à 20 ans)
Pierre Baziard Menot (1844-1895)
(meunier, moulin du Coût à Salies) x Catherine Chibas
Pierre Baziard Menot (1848-1902)
(meunier, moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion) x Marie Bareille


Le premier enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est né en 1828 (naissance le 22/05/1828) et c’est son grand-père qui vient le déclarer, en l’absence du père. On lui donne le prénom de Jean avec le nom Baziard. Dans l’acte, pour ce premier enfant, le père est nommé Jean Baziard, meunier, et le grand-père Jean Baziard dit menot (l’époux de Anne Lansalot), meunier, âgé de 67 ans ce jour-là. Jean Dufau, forgeron, oncle de l’enfant est témoin (il est le mari de la sœur du père). La vie de ce Jean Baziard est courte puisqu’il meurt à presque 19 ans (18 ans et 9 mois) (décès le 7/02/1848). Dans l’acte de décès, il est appelé Jean Baziard Menot, meunier comme son père qui est aussi appelé Jean Baziard Menot et déclaré meunier. Ce jeune Jean meurt dans le moulin de Roquefort, quartier du Coût à Salies, probablement le moulin où il travaillait. On retiendra ici que le nom de Baziard Menot s’affirme dans cette filiation, pas lors de la naissance du petit Jean, le père et fils étant alors appelés seulement Baziard, mais lors de la mort du jeune Jean en 1848. On retiendra aussi que le grand-père a été nommé, lors de cette naissance, Jean Baziard dit menot (écrit sans majuscule), ce qui montre que menot est un surnom qui lui a été attribué et, pour rappel, pour la première fois parmi les Baziard.


Le second enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est une fille née en 1831 (naissance le 6/04/1831), elle s’appelle Anne et elle est morte en 1916 à l’âge de 85 ans. Sa naissance a bien été déclarée par son père Jean Baziard dit menot, âgé de 24 ans, meunier, de même que le grand-père. Anne est nommée Baziard (et pas Baziard Menot), comme dans son acte de décès dans lequel on apprend qu’elle était veuve de Pierre Camougrand et qu’il est confirmé qu’elle était fille de Jean Baziard et Marie Poustis (décès le 16/11/1916). On constate donc que Anne n’a pas gardé le nom Baziard Menot à sa naissance ni à sa mort. Par contre, ce nom est confirmé pour le père et avec le prénom Jean même si son prénom est Pierre à sa naissance. Il faut cependant nuancer cette affirmation parce que menot (écrit sans majuscule), dans «Jean Baziard dit menot», est clairement le surnom donné au jeune Jean (Pierre) et à son père.


Le troisième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est aussi une fille prénommée Marie née en 1833 et nommée Baziard menot, avec « m » minuscule. Dans son acte de naissance, son père est désigné par Jean Baziard dit menot, meunier, confirmant le surnom de « menot », sa mère étant Marie Poustis, et elle a été présentée par son oncle Marcel Dufau en l’absence du père (naissance déclarée le 5/04/1833). Son acte de décès est intéressant, pas parce qu’elle y est présentée comme la veuve de Pierre Chibas-Casteigt et qu’elle est morte à 41 ans dans la maison Guillat quartier Guillat (décès le 17/11/1874), mais parce qu’elle est nommée alors Baziard-Ménot comme son père Jean Baziard-Ménot, meunier, encore vivant et âgé de 70 ans, sa mère Marie Poustis étant morte. On voit donc que le surnom « menot » est maintenant lié pour la première fois au nom Baziard, ce qui crée le nouveau nom Baziard-Ménot en 1874. On remarque aussi que le père est toujours prénommé Jean alors que son acte de naissance le prénomme Pierre.


Le quatrième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est encore une fille prénommée Jeanne (1835-1901). Elle est nommée Jeanne Baziard dans son acte de naissance alors que son père est appelé Jean Baziard menot, meunier, 33 ans, époux de Marie Poustis (naissance le 29/08/1835). Dans son acte de décès, à l’âge de 65 ans (décès le 28/03/1901), elle est nommée Baziard-Menot (épouse de Jean Poursuibes), un nom qui est donné alors à son père. Le nom de Baziard-Menot, avec cette écriture, s’affirme donc en cette fin XIXè-début XXè siècle.


Le cinquième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est une fille prénommée Marie (1837-1865). Le rédacteur de son acte de naissance (naissance le 18/09/1837) a nommé son père Pierre Baziard, meunier, 35 ans, habitant quartier Beigmau, ce qui est une information malgré tout intéressante même si la maison n’est pas précisée. On note aussi que le père signe (bien) « Basiard », plutôt « à l’ancienne » alors que l’orthographe de ce nom est stabilisée avec un « z » et pas un « s » au XIXè siècle. Marie a eu une courte vie puisqu’elle est morte à 27 ans dans la maison Laborde quartier du Coût, qu’elle habitait avec son mari Jean Poursuibes (décès le 31/07/1865). Cet homme a épousé les deux sœurs, puisqu’il a épousé Jeanne (voir ci-avant) après la mort de Marie.


Le sixième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est un garçon prénommé Pierre avec le nom Baziard-Menaut, une orthographe attribuée aussi au père (naissance le 8/03/1840). Il n’assurera pas de descendance puisqu’il meurt jeune, sans que l’on en connaisse la raison, à l’âge de 20 ans et cinq mois, dans le moulin du Coût où il était meunier (décès le 4/09/1860). Lui et son père sont nommés Baziard-Menaut, comme lors de sa naissance, mais les deux actes, naissance et décès, ont été rédigés par le même maire de Salies, Jean-Baptiste Coulomme-Davant. On retient ici que le nom Baziard-Menot s’affirme même si l’orthographe est différente. On remarque aussi que le jeune Pierre est mort dans le moulin du Coût, un lieu important pour les Baziard-Menot comme nous allons le voir.


Il y a huit enfants issus du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis et le septième est un garçon aussi appelé Pierre Baziard Menot, comme son père, meunier à 38 ans lors de la naissance de ce petit Pierre (naissance le 19/04/1844). Plus tard, dans son acte de mariage (mariage le 13/09/1873) avec Catherine Chibas, 19 ans et 10 ans de moins que lui, on apprend qu’il est meunier comme son père, et que son jeune frère, né 4 ans après lui comme nous le verrons plus loin, est présent lors de son mariage et il est indiqué qu’il habite à l’Hôpital d’Orion, une commune voisine de Salies-de-Béarn, une information importante pour la suite. Si ce Pierre Baziard Menot est né et s’est marié à Salies, il est mort à Bordeaux (décès le 25/02/1895). S’il fut présenté comme menuisier dans l’acte de mariage de son fils Jules (voir § IV.3 la référence de cet acte), l’officier de l’Etat civil bordelais lui reconnut son métier de meunier à sa mort, mais en le nommant Baziard et pas Baziard-Menot. Est-ce lui ou son fils aîné Jules qui est à l’origine du départ vers Bordeaux ? Nous tenterons de le savoir plus loin lors de l’examen de sa filiation.


Avant cela, regardons du côté du dernier des huit enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, lui aussi appelé Pierre et déjà cité lors du mariage de son frère Pierre avec Catherine Chibas le 13/09/1873. Nous allons maintenant examiner le parcours de vie de ce Pierre, marié avec Marie Bareille, et plus loin sa descendance (voir § IV.4). L’acte de naissance de ce Pierre Baziard-Menot nous révèle qu’il est lui aussi né à Salies, en 1848, de Pierre (Jean) Baziard et Marie Poustis. Cela n’est pas mentionné mais il est fortement probable que cela a eu lieu dans la maison/moulin du Coût (naissance le 8/05/1848). Son mariage avec Marie Bareille eut lieu à Salies en 1872 et on y apprend qu’il était meunier, qu’il avait 23 ans et était nommé Pierre Baziard-Menot, son père (Pierre), aussi meunier, était présent et il est hautement probable que c’est lui qui a signé Jean Basiard, il avait alors 71 ans (mariage le 11/01/1872). Le jeune Pierre était meunier probablement dans le moulin du Coût avec son père et son frère aîné Pierre (celui marié ensuite avec Catherine Chibas). Il n’est pas resté au moulin du Coût après son mariage et il est parti exercer son métier de meunier dans un autre moulin, à l’Hôpital d’Orion, une commune voisine de Salies-de-Béarn. Quand est-il parti ? Juste après son mariage ou plus tard ? On peut le savoir grâce au lieu de naissance de ses enfants, parce qu’avec Marie Bareille, il a eu 6 enfants. Il est mort à l’Hôpital d’Orion à l’âge de 54 ans dans la maison Philippe, probablement le moulin où il travaillait, et il est alors nommé Pierre Baziard, et pas Baziard-Menot, dans son acte de décès (décès le 14/02/1902).


Résumé : De l’examen des enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, on retiendra que la transition entre le nom Baziard simple et le nom Baziard Menot a lieu dès le premier enfant du couple (le jeune Jean, meunier) mais seulement à sa mort à l’âge de 19 ans dans le moulin de Roquefort, le père étant appelé alors Jean Baziard, ce changement de prénom de Pierre à Jean l’ayant suivi toute sa vie. Etait-ce lui qui a décidé de s’appeler Jean alors qu’officiellement son prénom était Pierre, ou bien l’a-t-on appelé ainsi, ce qu’il a accepté ? On ne le sait pas. On remarque aussi, dans l’acte de naissance de ce premier enfant de Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, que le grand-père, l’époux de Anne Lansalot, a été nommé Jean Baziard dit menot, ce qui montre que menot était bien un surnom qui accompagnait alors les Baziard. Sur les huit enfants du couple, ils ont majoritairement (pas tous ou toutes) été nommés Baziard Menot. Les deux derniers enfants, les deux Pierre, ont transmis le nom Baziard-Menot à leur descendance mais avec des fortunes diverses (voir § IV.3 et IV.4). D’autre part, les cinq premiers enfants n’ont pas habité longtemps le moulin du Coût où ils sont nés, le premier, Jean, est allé travailler au moulin de Roquefort où il est mort jeune, les quatre filles se sont mariées et sont parties.


Il faut cependant noter que les deux filles, Marie née en 1835 et Jeanne en 1837, ont eu l’une après l’autre Jean Poursuibes pour mari, et si Jeanne est morte en 1901 à 65 ans dans la maison Casteignau rue Cauhapé au centre-ville de Salies, Marie est morte jeune à 27 ans dans la maison Laborde au quartier du Coût. Même mariée, elle vivait donc près du moulin du Coût dans lequel travaillait son père. Ce qui est intéressant par contre, c’est que l’acte de naissance de Marie (naissance le 18/09/1837) révèle que son père Pierre Baziard (marié à Marie Poustis) est domicilié quartier Beigmau. La maison n’est pas citée mais on peut raisonnablement penser qu’il s’agit de la maison appelée Hourbeigt en 1837. On peut donc émettre l’hypothèse qu’en 1837 le couple Pierre Baziard Menot / Marie Poustis habitait la maison Hourbeigt quartier Beigmau et Pierre Baziard, âgé alors de 35 ans, travaillait au moulin du Coût quartier du Coût, ces deux quartiers étant un peu éloignés et séparés par la colline du quartier des Antys. Si on admet cette hypothèse, il est alors probable que le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis cohabitait dans la maison Hourbeigt avec le couple parental Jean Baziard (Lacabe) Menot / Anne Lansalot, puisque ce dernier est mort dans cette maison en 1846 et qu’il l’habitait déjà en 1822 (voir § III – Le premier Baziard Menot). Cette hypothèse sera à nouveau évoquée plus loin lors de la discussion générale.


Quant au sixième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, appelé Pierre, il a travaillé au moulin du Coût et il aurait probablement pris la succession de son père au moulin mais il est mort jeune, et parmi les deux derniers enfants, appelés Pierre tous les deux, le septième est resté et a travaillé au moulin du Coût et le dernier a dû partir à l’Hôpital d’Orion pour exercer son métier et fonder famille. Une remarque importante est que le dernier Pierre Baziard, marié avec Marie Bareille, a perdu son surnom Menot dans son acte de décès à l’Hôpital d’Orion.


Examinons maintenant le parcours de vie des enfants des deux Pierre Baziard-Menot, en commençant celui marié à Catherine Chibas.


IV.3 – Les enfants du couple Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas.


Le tableau 3 ci-dessous nous montre les cinq enfants de ce couple. La liaison avec le tableau généalogique 2 est assurée par le report (1) au couple Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas. La description du tableau 3 a pour but principal de renseigner sur la présence de ces enfants à Salies-de-Béarn, en particulier sur leur lieu de vie dans cette ville mais aussi à Bordeaux.


Tableau 3 – Vers les BAZIARD MENOT actuels.

(1)
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Augustine Baziard Menot* (1874-?)
Jules Baziard Menot* (1875-1949)(meunier puis docker à Bordeaux)
x Clémence Pervalet --> les Baziard Menot actuels
Marie Baziard Menot* (1878-?)(mariée)
Marie-Louise Baziard Menot* (1879-?)
Vital Baziard** (1882-?) x Félicité Pervalet --> pas de descendance Baziard

* né(e)s au moulin du Coût à Salies ;
** né à Bordeaux.


Ce cas est plus simple que les précédents, parce que les quatre premiers enfants, à savoir Augustine, Jules, Marie et Marie-Louise, sont tous nés à Salies. Les quatre actes de naissance fournissent les mêmes informations, pour le lieu de naissance, dans le moulin du Coût quartier du Coût, et pour les parents nommés Pierre Baziard-Ménot, meunier, et Catherine Chibas (naissances d’Augustine le 11/11/1874, Jules le 13/12/1875, Marie le 25/11/1878, Marie-Louise le 2/12/1879). Lors de ces quatre naissances, depuis la première fille, le père est âgé successivement de 30, 31, 34 et 35 ans, et la mère 20, 21, 24 et 25 ans. Sur l’acte de naissance de Jules, ont été ajoutées la date de son mariage, le 18/12/1902, et celle de son décès à Bordeaux, le 6/07/1949.


Le cinquième enfant, Vital, est né à Bordeaux (naissance le 29/11/1882) et il est mort à Bordeaux probablement, après avoir eu deux enfants qui n’ont pas transmis le nom Baziard (voir plus loin). Les deux frères, Jules et Vital, se sont mariés, Jules à Bordeaux (mariage le 18/12/1902 ; divorce le 6/11/1934, cité dans l’acte de mariage) et Vital à Talence le 3/08/1907 (mariage cité dans l’acte de naissance), avec les deux sœurs Pervalet, Clémence avec Jules et Félicité avec Vital. On remarque que Vital est nommé Baziard mais il est bien un Baziard-Ménot. Hormis leurs naissances en 1874 et 1879, nous n’avons pas d’autre information pour Augustine et Marie-Louise. Il y a aussi Marie, qui a suivi ses parents à Bordeaux, comme Jules, et qui a « fait sa vie » à Bordeaux. Elle y a épousé Ferdinand, Léopold Fauret en 1898 (mariage le 5/02/1898) et Jules était témoin, désigné comme « marin » et il habitait 10 rue de Tréjet (ou Tréjey) (adresse citée aussi dans l’acte de mariage de Jules en 1902), et un autre témoin, Jean Bonnet, habitait quai de Bacalan. On peut citer ici un récit concernant ces deux couples, dont la référence est le Bacalan (Journal du quartier), juin-juillet-août 2010 (voir le beau site internet dédié à ce journal) :

« Les deux sœurs Pervalet Clémence et Félicité venues de Dordogne ont épousé les frères Baziard Menot Jules et Vital. Ces deux couples ont eu des enfants nés rue de New-York (hameau du village de Bacalan (Bordeaux)), Roger, Jeanne, Laurence, Henriette, Germaine et Marcel mort en bas âge. Le fils de Roger, Michel Baziard-Menot, habite toujours dans la rue tout comme Pierre Couteau et Marie Couteau, enfants de Jean Couteau / Germaine Baziard-Menot » (auteurs : Marcel Marty et Pierre Couteau).

Michel Baziard-Menot, dont le grand-père est Jules, est celui qui a assuré la descendance du nom Baziard-Menot jusqu’à aujourd’hui, depuis la région bordelaise.


Quand le couple Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas a-t-il quitté le moulin du Coût à Salies, en abandonnant le travail de meunier, pour émigrer vers Bordeaux ? Avec certitude après la naissance de Marie-Louise le 2/12/1879. On sait donc que ces quatre enfants, et leurs parents, ont habité au moulin du Coût au moins jusqu’à cette date, et pas dans la maison Menot quartier Beigmau. Jules, qui a transmis le nom Baziard-Ménot, n’avait que 4 ans en 1879 et 7 ans en 1882 lors de la naissance du petit dernier de la famille, son frère Vital à Bordeaux. Si jeunes, ces quatre enfants ont suivi les choix de leurs parents. Ce sont donc les parents, Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas, qui sont à l’origine de l’abandon de la minoterie au moulin du Coût et du départ sans retour vers Bordeaux. A ce jour, les raisons de ce départ nous sont inconnues, un départ peut-être dû au fait que le métier de meunier ne permettait plus de nourrir la famille, ce qui est probable en ce début de XXè siècle accompagné de grands changements industriels et sociaux, et aussi l’espérance d’une vie nouvelle pour eux et surtout leurs enfants.


Regardons maintenant la descendance du huitième et dernier enfant, Pierre Baziard-Ménot, du couple Pierre (Jean) Baziard-Menot / Marie Poustis, qui a quitté Salies-de-Béarn pour s’installer à l’Hôpital d’Orion, dans le moulin Philippe.


IV.4 – Les enfants du couple Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille.


Ce couple a donné naissance à 6 enfants, dont 4 filles (avec deux jumelles) et 2 garçons (Tableau 4). On peut traiter les trois premiers enfants ensemble, puisqu’ils sont tous les trois appelés Baziard, alors que les trois derniers sont appelés Baziard-Menot. La raison tient à leur lieu de naissance. En effet, Irène, née en 1876, puis Jean-Baptiste né en 1878 et Jean-Charles né en 1880, sont tous les trois nés dans la maison « Philippe » (tel qu’écrit dans ces actes) à l’Hôpital d’Orion (naissance Irène le 27/06/1876) (naissance Jean-Baptiste le 11/11/1878) (naissance Jean-Charles le 20/11/1880).


Le père est à chaque fois nommé Pierre Baziard, âgé de 28 ans, 30 ans et 34 ans, respectivement pour les trois naissances, et la mère Marie Bareille âgée de 26 ans, 26 ans et 28 ans respectivement. En regard des dates de naissance du père et de la mère, 8/05/1848 et 6/11/1847 respectivement, il semble que les âges des parents aient été mal estimés par l’officier de l’Etat civil de l’Hôpital d’Orion.

Tableau 4 – Vers les BAZIARD actuels.

(2)
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Irène Baziard* (1876-1916)(mariée)
Jean-Baptiste Baziard* (1878-1945 à Orthez)(meunier puis cultivateur)
x Marie-Eugénie Bareilles (1882-1967 à Orthez) --> Les BAZIARD actuels
Jean-Charles Baziard* (1880-1881)(+ à 5 mois)
jumelles : Baziard Menot** (°1882)
Marie (+ 1884) et Charlotte (+ 1961)(mariée)
Elise Baziard Menot*** (1888-?)

* nés au moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion ;
** nées au moulin de Roquefort, quartier du Coût à Salies ;
*** née dans la maison Maisonnave, quartier du Coût à Salies.


En ce qui concerne Irène, elle s’est mariée plus tard à Bernard, Justin Minvielle et elle est morte relativement jeune, à l’âge de 39 ans (décès le 19/01/1916). Jean-Baptiste, quant à lui, s’est marié avec Marie-Eugénie Bareilles (mariage le 22/02/1906) et il est mort en 1945 à Orthez (décès le 18/12/1945). Jean-Charles n’a vécu que 5 mois et il est mort en 1881 (décès le 16/04/1881). Jean-Baptiste a eu 10 (dix) enfants et de nombreux petits-enfants qui ont transmis le nom Baziard jusqu’à aujourd’hui. Le plus important est que le nom retenu, pour les trois enfants, Irène, Jean-Baptiste et Jean-Charles, et aussi le père, est Baziard et pas Baziard Menot.


Viennent ensuite les trois derniers enfants du couple, d’abord les jumelles Marie et Charlotte nées en 1882 et Elise née en 1888, plus à L’Hôpital d’Orion que les parents ont quitté mais à Salies-de-Béarn (naissances Marie et Charlotte le 9/01/1882) (naissance Elise le 26/03/1888). Ils sont venus s’installer au moulin de Roquefort, dans le quartier du Coût, où sont nées les jumelles, ce qui montre que le père exerçait alors toujours son métier de meunier. Six ans plus tard, en 1888, naît Elise, dans une autre maison, la maison Maisonnave (ou Maysonnave) qui n’était pas un moulin, toujours dans le quartier du Coût à Salies (Cadastre napoléonien de Salies-de-Béarn, Section E3 dite de Saint-Martin et du Coût, Feuille n°3, Parcelles n°333-495), ce qui laisse penser que le père Pierre Baziard Menot (Marie Bareille) n’était plus meunier en 1888. Né en 1848, il avait alors 40 ans. Les jumelles ont eu des fortunes diverses puisque Marie est morte à l’âge de 14 mois en 1884 (décès le 10/03/1884) dans la maison Maisonnave, ce qui signifie que la famille n’est restée que quelques mois dans le moulin de Roquefort. Quant à Charlotte elle s’est mariée en 1911 à Salies avec Pierre Lauroua (mariage le 22/07/1911), avec lequel elle a donné naissance, à Salies, à deux enfants (Pierre et Marie Lauroua ; témoignage familial oral), et c’est à Salies qu’elle meurt en 1961 (décès cité dans l’acte de naissance du 9/01/1882). Sans l’acte de décès, trop récent pour être librement consulté, on ne connaît pas la maison salisienne dans laquelle elle habitait le jour de sa mort. Cependant, nous verrons plus loin qu’il est peu probable que ce soit la maison Menot. Quant à Elise, la tradition orale familiale dit qu’elle serait partie vers « les Amériques », sans plus de nouvelles d’elle à ce jour.


Résumé : Quoiqu’il en soit, aussi bien pour les jumelles Marie et Charlotte que pour Elise, elles ont été nommées Baziard-Menot et pas Baziard. On constate donc que sur les six enfants du couple Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille, les trois premiers, Irène, Jean-Baptiste et Jean-Charles ont été appelés Baziard et les trois derniers, Marie, Charlotte et Elise ont été appelés Baziard-Menot. Ce n’est pas le résultat d’un choix de ces enfants ni de leurs parents : c’est un résultat dû à l’administration, aux officiers de l’Etat civil de l’Hôpital d’Orion pour les trois premiers qui ont retenu le nom Baziard et à ceux de Salies-de-Béarn pour les trois autres qui ont retenu le nom Baziard-Menot. On peut penser que l’officier de l’Etat civil de l’Hôpital d’Orion ne connaissait pas les Baziard de Salies alors que ceux de Salies connaissaient bien à cette époque les Baziard-Menot, qu’on appelait les Baziard « du Ménot », à savoir de la maison Menot. Ainsi, les nombreux descendants de Jean-Baptiste Baziard / Marie-Eugénie Bareilles, qui devraient porter le nom Baziard-Menot (ou Ménot), portent le nom Baziard par un concours de circonstances administratives. Enfin, il faut retenir que si des Baziard-Menot ont bien habité la maison Menot, ce n’est pas le cas des enfants du couple Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille.


Jean-Baptiste Baziard ayant transmis son nom à beaucoup de Baziard, regardons maintenant si l’un ou l’une d’entr’eux a habité la maison Menot. Pour cela, il faut examiner les enfants de ce couple nés au cours du XXè siècle.


IV.5 – Les enfants du couple Jean-Baptiste Baziard / Marie-Eugénie Bareilles.


Ce couple a donné naissance à 10 enfants, et ce sont eux, dont la descendance est nombreuse, qui ont propagé le nom Baziard et pas Baziard-Menot. Ils sont énumérés dans ce qui suit, avec leurs épouses et le nombre d’enfants qu’ils ont eus, sans entrer dans plus de détails. Les sept premiers sont nés à l’Hôpital d’Orion (à l’exception de Henri né à Salies), tant que le père Jean-Baptiste est resté meunier au moulin Philippe, jusque vers 1920, les trois derniers sont nés respectivement à Orthez, Loubieng et Loubieng.


1) Jean-Louis Baziard (1906-1977 à Orthez) / Anna, Adèle Laboudigue :
3 garçons nés à Orthez ;

2) Jules Baziard(1908-1982 à Orthez (64)) / Franziska Endt :
           1 fille née à Halle/Saale (Allemagne) ;

3) Ernest Baziard (1910-1982 à Pessac (33)) / Morlanne Thérèse puis Léa-Eugénie Lamothe-Mirandot : 1 fille née à Salies-de-Béarn ;

4) Henri Baziard(1912-1994 au Fousseret (31)) / Elise Souquet :
3 garçons et 1 fille (les Baziard région de Toulouse) ;

5) Léontine (Elisabeth) Baziard (1914-2006) / Léonce-Edouard Coulomb :
           1 garçon avant mariage (les Baziard région de Tarbes)

6) Marcel Baziard (1917-2007 à Salies-de-Béarn) / Louise Baubion-Broye :
1 fille (Salies-de-Béarn) ;

7) René,Alfred Baziard (1919-2002 à Aire sur l’Adour (40)) / Irène Lafitte :
           3 garçons (Aire/Adour, St-Vincent de Tyrosse et Toulouse)

8) Jean (dit Joseph) Baziard (1921-2004 à Orthez) / Marie-Berthe Mantelli :
3 garçons et 4 filles (région d’Orthez) ;

9) Pierre Baziard (1923-2010 à Orthez) / Marie, Catherine Duplaa :
           4 garçons et 3 filles (région d’Orthez) ;

10) Marie-Louise Baziard (1925- habitante d’Orthez (64)) / Henri Laborde :
           1 fille et 1 garçon (Orthez).


Avec tant d’enfants, le couple Jean-Baptiste / Marie-Eugénie Bareilles est celui qui a « sauvé » le nom Baziard et lui a permis de se répandre, les autres branches de l’arbre généalogique des Baziard n’ayant pas de descendance aujourd’hui. Il y a quand même les Baziard-Menot issus de la région Bordelaise, les descendants du couple Jules Baziard-Ménot / Catherine Chibas, mais la pérennité du nom Baziard-Menot n’est plus certaine aujourd’hui.


L’analyse de chacun des dix enfants ne sera pas faite comme dans les paragraphes précédents, simplement parce que nous ne possédons pas tous les actes de naissances, mariages et décès de l’Etat civil pour des raisons légales de confidentialité. Nous nous sommes appuyés, dans une première approche, sur des informations orales concernant l’occupation de la maison Menot au XXè siècle. Ces informations seront discutées plus loin dans la discussion générale (§ V.2).


Dans ce qui suit, nous allons discuter de l’ensemble des informations apportées par les analyses faites dans les paragraphes précédents. Nous allons compléter ces analyses par une discussion en trois points, afin de répondre aux questions qui sous-tendent cette étude, à savoir :

- Quelle est l’origine du nom Menot ajouté au nom Baziard et quel est son sens ?
- Quelle est l’origine de la maison Menot et quels sont ceux qui ont habité cette maison ?
- Pourquoi y a-t-il des Baziard et des Baziard-Menot aujourd’hui ?


V – Discussion générale.


V.1 – L’origine du nom Menot.


Les Baziard étaient nombreux à Salies-de-Béarn et certains ont porté des noms additionnés d’un surnom qu’ils ont transmis, comme Baziard-Lacave (ou Lacabe), Baziard-Pilate et Baziard-Menot. Parmi ces trois noms, le dernier est le plus récent et il a été transmis jusqu’à aujourd’hui.


Nous avons vu précédemment (§ III) que le nom Menot vient d’un Baziard Lacave qui, le premier, a été appelé Menot. Il s’agit du fils aîné du couple Louis Baziard lacave / Catherine Labourdette, appelé Jean Basiar à sa naissance, en 1765, et Jean Baziard Menot, époux de Anne Lansalot, à sa mort en 1846. C’est donc avec ce Jean Baziard qu’est né le nom Menot, ou plus exactement le surnom parce que l’examen des fratries des descendants (en particulier les enfants du couple Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis ; § IV.2) a montré que l’époux de Anne Lansalot était appelé JeanBaziard dit menot, ce qui a aussi été le cas du mari de Marie Poustis. Avant d’être accolé au nom Baziard, « menot » a donc bien été un surnom, ce que confirme son écriture initiale sans majuscule dans les actes d’Etat civil.


Quand apparaît ce surnom pour la première fois et comment évolue-t-il ? On peut le savoir en regardant la chronologie des évènements ci-dessous, que l’on peut tirer des analyses des paragraphes précédents :

- en 1803, décès du petit Louis Baziard (6 ans), fils de Jean Baziard Lacabe, 38 ans et laboureur, époux de Anne Lansalot ;

- en 1813, naissance de Jean Basiard, fils de Jean Basiard (48 ans, laboureur) et Anne Lansalot ;

- en 1817, naissance du sixième et dernier enfant du couple Jean Baziard / Anne Lansalot, un garçon prénommé Pierre ; le père, né en 1765, a 52 ans et il est laboureur ; en 1822, lors du décès précoce du petit Pierre à l’âge de 4 ans, le père est âgé alors de 57 ans et il est nommé Baziard Menot pour la première fois et il est toujours laboureur (voir § IV.1) ;

- en 1828, naissance de Jean Baziard, fils de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, et mention du grand-père Jean Baziard dit menot (l’époux de Anne Lansalot) qui est âgé alors de 63 ans et il est déclaré meunier ; en 1848, lors du décès de ce jeune Jean à 20 ans au moulin de Roquefort, lui et son père sont appelés Baziard Menot (voir § IV.2) ;

- en 1831, naissance de Anne Baziard, fille de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, le père, 24 ans et meunier, étant appelé Baziard dit menot (§ IV.2) ;

- en 1833, naissance de Marie Baziard menot, fille de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, le père a 26 ans, il est meunier et il est appelé Jean Baziard dit menot ; à la mort de Marie, en 1874, elle est nommée Baziard-Ménot (§ IV.2) ;

- en 1834, mariage de Jean Baziard avec Marie Hiaas ; il est le fils de Jean Baziard Menot / Anne Lansalot et le frère de Pierre (Jean) Baziard Menot (époux de Marie Poustis) ; le père, âgé de 69 ans et époux de Anne Lansalot, est déclaré laboureur ;

- en 1835, naissance de Jeanne Baziard, fille de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, le père est Jean Baziard menot, meunier, et en 1901 décès de Jeanne Baziard-Menot (§ IV.2) ;

- en 1840, naissance de Pierre Baziard Menaut, fils de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, le père est appelé Baziard Menaut et il est meunier ; lors de sa mort au moulin du Coût en 1860 à l’âge de 20 ans, le jeune Pierre est nommé Baziard-Menaut (§ IV.2) ;

- en 1844 et 1848, naissances des deux Pierre Baziard Menot (§ IV.2), fils de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, qui mourront à Bordeaux en 1895 pour le premier et en 1902 à l’Hôpital d’Orion pour le second, appelés simplement Baziard dans ces deux nouvelles communes, hors de Salies-de-Béarn ;

- en 1849, deuxième mariage de Jean Baziard Menot avec Marie Chague (après avoir été marié avec Marie Hiaas), il est alors meunier comme son père Jean Baziard menot, 74 ans, l’époux de Anne Lansalot, déclaré lui aussi meunier.


Cette chronologie montre bien la transition entre le nom Baziard Lacabe (en 1803), puis Basiard (en 1813), puis l’apparition pour la première fois du nom Baziard Menot en 1822 pour Jean, l’époux de Anne Lansalot, suivie par quelques hésitations en 1828, 1831 et 1833 où menot est clairement un surnom accolé au nom Baziard. Il faut attendre 1835 pour que le nom complet Baziard Menot soit stabilisé, même avec une particularité comme Baziard Menaut en 1840, une écriture due au maire de Salies-de-Béarn de l’époque, Jean-Baptiste Chibas-Lassalle. Quelle est la raison de cette écriture ? Peut-être le maire a-t-il pensé au prénom germanique Menaut, au moment d’écrire Menot, et ce prénom n’était pas porté au XIXè siècle mais était fréquent au Moyen-Âge (Dictionnaire Etymologique des noms de familles gascons, Michel Grosclaude, Ed. Per Noste, 2003). Le nom Baziard Menot est ensuite admis tel quel en 1844 et 1848 pour la naissance des deux Pierre qui transmettront ce nom. Une autre écriture apparaît aussi plus tard, comme lors des décès de Marie Baziard-Ménot en 1874 et de Jeanne Baziard-Menot en 1901. Ainsi apparaît le trait d’union entre les deux noms mais aussi l’accent sur le « e » de Menot, ce qui montre la prononciation « méridionale » béarnaise Ménot, qu’il faut retenir pour comprendre ce surnom.


Quel est le sens initial du surnom Ménot ? Avec la francisation des noms béarnais, on serait tenté d’assimiler « menot » à la minoterie, au métier de meunier qu’a exercé le premier Jean Baziard Menot, ce qui aussi été le cas pour ses descendants. On remarquera qu’il n’a toutefois été déclaré meunier que tard dans sa vie, puisqu’il était laboureur à 38, 48, 52 et 57 ans (en 1803, 1813, 1817 et 1822), puis il est déclaré meunier à 63 ans (en 1828) et 66 ans (en 1831) lors de la naissance du deuxième enfant, Anne, de son fils Pierre (Jean)(voir § IV.2), alors qu’à 69 ans il est déclaré à nouveau laboureur lors du mariage de son fils Jean avec Marie Hiaas (en 1834) et enfin laboureur lors de sa mort en 1846, à l’âge mentionné de 84 ans (81 ans réels). Il sera toutefois déclaré meunier, à titre posthume mais de manière un peu équivoque dans l’écriture de l’acte laissant comprendre qu’il était encore vivant, lors du deuxième mariage de son fils Jean avec Marie Chague (en 1849). Les descendants de Jean Baziard Lacabe, devenu Jean Baziard Menot, seront meuniers et plus que lui, mais il ne faut pas être trompé par cela. Il faut simplement constater que la première fois qu’il est nommé Baziard Menot, en 1822, il n’est pas meunier mais laboureur. Cela signifie que l’on ne peut a priori attribuer le surnom « menot » au métier de meunier, lequel se dit « molier » en béarnais, le moulin se disant « molin » (Dictionnaire Béarnais Ancien et Moderne, par Vastin Lespy et Paul Raymond, version numérisée par Safran du Béarn – http://www.safrandubearn.com).


Il faut donc faire une autre hypothèse pour attribuer un sens au surnom « menot », qu’il faut prononcer « ménot ». Remarquons que ce surnom est apparu tard au cours de la vie de l’époux de Anne Lansalot, à l’âge de 57 ans, et s'il ne peut être attribué à son métier, on peut penser que ce surnom est lié à une particularité physique de Jean Baziard dit « ménot ». Sachant qu’en Béarnais « menit » (prononcer « ménit ») signifie petit enfant, et « menut » (prononcer « ménut ») signifie menu (Dictionnaire Lespy, Raymond ; réf. ci-dessus) et sachant qu’en Gascon ou Béarnais le suffixe « -ot » montre l’affection, nous émettons l’hypothèse que « ménot » est une variante de menu, parce que Jean Baziard Lacabe était de petite taille et qu'il a inspiré l'affection de ses proches. Tous ses descendants étaient-ils aussi petits ? Nous ne pouvons l’affirmer, sans information plus précise à ce sujet. Nous pouvons seulement indiquer que Jean-Baptiste Baziard, né à l’Hôpital d’Orion en 1878 (dont le premier Jean Baziard Menot, époux d’Anne Lansalot, était l’arrière grand-père) était de petite taille (1,58 m), ce que nous savons d’après sa fiche de recrutement militaire pour la guerre 1914-18 (voir le site internet consultarchives.le64.fr). Cela lui a valu de ne pas être recruté pour aller combattre et cela fait que nous, ses descendants, existons aujourd’hui, puisqu’il a pu faire dix enfants sans risquer sa vie.


Une autre hypothèse sur le nouveau nom que Jean Baziard Menot a été le premier à porter, serait de dire que le nom Menot existe ailleurs qu’à Salies-de-Béarn et que d’autres personnes portent ce nom aujourd’hui en France, ce qui est le cas. Cependant, il faudrait pouvoir expliquer pourquoi ce nom lui est venu, pourquoi il lui aurait été donné s’il avait été emprunté à une autre personne ou un autre lieu. Avec les informations dont nous disposons et que nous avons abondamment commentées dans ce qui précède, rien ne vient conforter cette hypothèse, même si elle ne peut être totalement écartée. En la matière, par contre, l’expérience généalogique nous montre qu’il est souvent préférable de privilégier des sources locales plutôt que lointaines surtout, comme dans le cas des Baziard, si les individus ont vécus dans un espace relativement restreint comme Salies-de-Béarn et ses environs.


Une troisième hypothèse peut être faite mais sous certaines conditions, il s’agit de la dérision, souvent pratiquée en Béarn. En effet, pourquoi ne pas penser que Jean Baziard Lacave devenu Jean Baziard Menot, n’ait été désigné avec le surnom « menot » que parce qu’il n’a pratiqué que tardivement, et pas longtemps, le métier de meunier, ce qui lui aurait valu moquerie parce qu’il ne serait resté qu’un « amateur » dans ce métier. Rappelons qu’il n'a été déclaré meunier qu’en 1828 (à 63 ans) et en 1831 (à 66 ans), alors qu’il était laboureur en 1822 (à 57 ans) et qu’il sera déclaré laboureur en 1834 (à 69 ans) et encore laboureur lors de sa mort en 1846. Suivant ces dates, sa période de meunier aurait duré 3 ans, ce qui est peu. Le surnom « menot » serait alors la concrétisation d’une double moquerie impliquant la dérision par une pratique déformée, volontiers pratiquée en Béarn, d’un mot français, la minoterie, et sa pratique « occasionnelle » du métier de meunier. Pour l’avoir subie souvent dans notre jeunesse comme enfants gascons et/ou béarnais (c’était même une pratique d’éducation pas toujours sympathique mais très formatrice de la personnalité), nous retiendrons cette hypothèse comme pertinente, plus peut-être qu’il n’y paraît aux contemporains français du XXIè siècle. Toutefois, cette hypothèse n’est acceptable que si on admet que tout en étant laboureur en 1822, il se serait familiarisé avec le métier en apportant son aide à un meunier mais de manière non officielle, ce que l’on peut concevoir. On sait de manière certaine qu’à la mort de leur sixième et dernier enfant en 1822, le couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot a habité la maison Hourbeigt et ceci jusqu’à leurs décès, en 1846 pour lui et en 1849 pour elle (voir § suivant). En privilégiant la proximité de préférence à de plus lointaines raisons, l’apprentissage, pour Jean, du métier de meunier aurait pu avoir lieu dans le moulin de Beigpregonne voisin de la maison Hourbeigt (voir Figures 3 et 4). Le surnom « menot » aurait pu apparaître alors dans ces conditions et il lui serait resté. Il faudrait aussi savoir pourquoi son fils Pierre (Jean), l’époux de Marie Poustis, qui a transmis le nom à la descendance, a accepté et gardé ce surnom « menot » s’il était dévalorisant. Peut-être qu’en réalité il ne l’était pas et qu’il contenait une part de moquerie, certes, mais avec une manière d’affection, ce qui rejoindrait la première hypothèse évoquée auparavant.


Ainsi, même s’ils n’ont pas été petits et/ou meuniers occasionnels, les descendants du premier Baziard Menot ont conservé ce surnom qui est resté attaché au nom Baziard et nous allons voir, dans le paragraphe suivant, que ce surnom a donné le nom de la maison Menot.


V.2 – Les Baziard et la maison Menot.


Dans la tradition béarnaise, la maison a une grande importance et elle a été désignée par un nom. Ce nom vient-il des personnes qui ont habité ces maisons ou bien la maison a-t-elle donné le nom qu’ils portent à ses habitants ? Les deux cas sont possibles mais, dans le cas de la maison Menot, nous allons voir que ce sont bien les habitants qui ont donné leur nom à la maison. Au paragraphe II, nous avons vu que la maison Menot était la même que la maison Hourbaigt, quartier Beigmau à Salies, cette dernière ayant changé de nom. Comme dans le précédent paragraphe, un aperçu de la chronologie de l’occupation de cette maison par les Baziard (et d’autres) va nous permettre de comprendre la manière dont cela a eu lieu. En réalité, les chronologies de l’apparition du nom Menot attribué aux personnes et à la maison sont intimement liées.


Chronologie des occupations de maisons par les Baziard (pour cela, seuls les registres de l’Etat civil de la République informent occasionnellement sur les lieux de naissance, mariage ou décès, ce qui n’est pas le cas pour registres religieux de l’Ancien Régime que nous avons consultés) :

- 19/01/1797 (30 nivôse an 5), décès de Judith Lagisquet, épouse de Jacob Baziard Lacave, dans la maison Lacave à Salies ;

- 26/08/1797 (10 Fructidor An 5), naissance de Louis Baziard, enfant du couple Jean Baziard / Anne Lansalot, dans la maison Darremondine à Salies ;

- en 1799 (12 Prairial An 8), naissance de Jean Basiard, enfant du couple Jean Basiard / Anne Lansalot, dans la maison Lacave à Salies ;

- en 1806, décès de Louis Baziard Lacave (époux de feue Catherine Labourdette) dans la maison Lacave ;

- en 1814, décès de Jacob Baziard Lacave (84 ans) dans la maison Hourbeig, frère de Louis Baziard Lacabe (épouse Catherine Labourdette) ;

- en 1822, décès du jeune Pierre Baziard (4 ans) dans la maison Hourbeig, enfant du couple Jean Baziard menot (laboureur) / Jeanne (Anne) Lansalot ;

- en 1836, décès de Anne Baziard (70 ans) (veuve de Pierre Chague), fille du couple Louis Baziard Lacave / Catherine Labourdette, dans la maison Beau Soleil quartier du Bois à Salies ;

- en 1837, naissance de Marie Baziard, enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot (meunier) / Marie Poustis ; les parents sont domiciliés dans le quartier Beigmau, sans mention de la maison, alors qu’ils habiteront plus tard le moulin du Coût quartier du Coût à Salies ;

- en 1846, décès de Jean Baziard Menot (81 ans), époux de Anne Lansalot, dans la maison Hourbeigt ;

- en 1848, décès de Jean Baziard Menot (18 ans ; meunier), fils du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, dans le moulin de Roquefort quartier du Coût à Salies;

- en 1849, décès de Anne Lansalot (75 ans) dans la maison Hourbeigt ;

- en 1860, décès de Pierre Baziard Menaut (20 ans ; meunier), fils du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, dans le moulin du Coût quartier du Coût ;

- en 1865, décès de Marie Baziard (27 ans) (première épouse de Jean Poursuibes), fille du couple Pierre (Jean) Baziard menot / Marie Poustis, dans la maison Laborde quartier du Coût à Salies ;

- en 1882, décès de Pierre (Jean) Baziard Menot, époux de Marie Poustis, dans le moulin du Coût quartier du Coût ;

- en 1884, décès de Jean Baziard Menot (71 ans), époux de Marie Chague, dans la maison Menot ;

- en 1885, décès de Marie Chague (70 ans) dans la maison Menot;

- en 1895, décès à Bordeaux de Pierre Baziard Menot (51 ans ; meunier au moulin du Coût), fils du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis ;

- en 1901, décès de Jeanne Baziard-Menot (65 ans, épouse de Jean Poursuibes), fille du couple Pierre (Jean Baziard Menot) / Marie Poustis, dans la maison Casteignau rue Cauhapé à Salies ;

- en 1902, décès de Pierre Baziard Menot (54 ans ; meunier), fils du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, dans le moulin Philippe à l’Hôpital d’Orion ;

- en 1944, naissance de Annie Baziard dans la maison Menot, fille du couple Marcel Baziard / Louise Baubion-Broye (petite-fille de Jean-Baptiste Baziard (1878-1945) / Marie-Eugénie Bareilles (Hôpital d’Orion), arrière petite-fille de Pierre Baziard-Menot (1848-1902) / Marie Bareille (Hôpital d’Orion).


Afin de bien situer ces dates et ces personnes, rappelons rapidement les couples qui ont transmis le nom Baziard :

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Louis Baziard Lacave (1737-1806)(laboureur)
x Catherine Labourdette (1742(?)-1788)
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Jean Baziard (Lacave) Menot (1765-1846)(laboureur ; meunier)
x Anne (Jeanne, Suzanne) Lansalot (1774-1849)
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Pierre (Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier, moulin du Coût à Salies)
x Marie Poustis (1808-1861)
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    Pierre baziard Menot (1844-1895)                                      Pierre Baziard Menot (1848-1902)
    (meunier, moulin du Coût à Salies)                  (meunier, moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion)
    x Catherine Chibas (1854-?)                                                x Marie Bareille (1847-?)


Dans cette liste, on voit le passage du nom (Louis) Baziard Lacave à (Jean) Baziard Menot dont nous avons vu, au paragraphe précédent, qu’il a été nommé officiellement Baziard Menot pour la première fois en 1822. C’est avec lui qu’apparaît le surnom Menot, il paraît donc opportun de regarder, dans la liste chronologique précédente, les maisons qu’il a habitées au cours de sa vie, au moins pour celles qui sont renseignées. Même si les informations sont peu nombreuses, on voit que le 28/08/1797, Anne Lansalot, sa femme, accouche dans la maison Darremondine située « dans l’enceinte de cette ville », selon l’acte, donc dans le centre-ville de Salies, près de la place de la Trompe. Le couple est encore jeune, Jean a 33 ans. Deux ans plus tard, en 1799, naissance d’un petit Jean, dans la maison Lacave (ou Lacabe) cette fois. Cette maison est, elle aussi, située dans le centre-ville de Salies, près du pont d’Andioque (sur la rivière Saleys) et proche de la maison Darremondine précédente. La particularité de la maison Lacabe, c’est qu’elle appartenait à Louis Basiard Lacave (époux de Catherine Labourdette) et à son frère Jacob Basiard Lacave (Figure 7, ci-après). Le couple Jean Baziard (Lacave) Menot / Anne Lansalot habitait donc probablement, durant cette période, avec son père Louis et son oncle Jacob, tous les deux veufs, l’épouse de Louis, Catherine Labourdette, étant morte jeune à 46 ans en 1788 (décès le 15/08/1788) ainsi que celle de Jacob, Judith Lagisquet, morte le 19/01/1797 (décès le 30 nivôse an 5).


Sept ans plus tard, en 1806, Louis meurt dans sa maison, la maison Lacabe, mais son frère Jacob n’y reste pas et il va habiter la maison Hourbeig quartier Beigmau, où il meurt en 1814. Le couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot a suivi Jacob dans la maison Hourbeig parce que leur fils, le petit Pierre âgé de 4 ans, y meurt en 1822, laquelle année est celle qui voit le père Jean nommé pour la première fois Baziard Menot. Le couple reste dans cette maison parce que Jean Baziard Menot meurt dans la maison Hourbeigt en 1846, à l’âge de 81 ans, de même que Anne Lansalot trois ans plus tard dans la même maison, à l’âge de 75 ans (décès le 31/05/1849, déclaré le 1/06). Dans la chronologie de l’occupation des maisons, on note que la fille de Louis Baziard Lacave / Catherine Labourdette et sœur de Jean Baziard Menot (Anne Lansalot), meurt en 1836, mais mariée à Jean Laplace, le couple s’est installé ailleurs, dans la maison Beau Soleil quartier du Bois à Salies.




Figure 7 – Extrait de la carte de Salies-de-Béarn à la fin de l’Ancien Régime, réalisée par Marcel Saule en 2003 et exposée au Musée du Sel à Salies, d’après le censier de Jean Ducasse et le plan de repérage des vieilles maisons de Jean Labarthe.


C’est le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis qui devient ensuite plus visible, surtout par les naissances et décès de ses enfants. On passe à la génération suivante, puisque Pierre (Jean) est le fils de Jean Baziard Menot / Anne Lansalot. Ainsi, en 1837, à l’occasion de la naissance de leur fille Marie (voir § IV.2), on apprend que le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est domicilié dans le quartier Beigmau, sans mention de la maison. Cela a été expliqué dans le paragraphe IV.2, nous avons émis l’hypothèse que ce couple a peut-être habité la maison Hourbeigt, au moins pendant quelques temps, en cohabitant avec le couple parent Jean Baziard Menot / Anne Lansalot. A l’évidence, si cette hypothèse est vraie, ils ne sont pas restés dans cette maison, puisque son métier de meunier a attiré Pierre (Jean) Baziard Menot vers le quartier du Coût à Salies. Durant la période de l’éventuelle cohabitation, la distance à parcourir entre le moulin du Coût et la maison Hourbeigt a pu paraître un peu grande à Pierre (Jean), mais des chemins pédestres existaient à l’époque (voir Figure 2, § II) et on savait couper à travers champs pour raccourcir son trajet. Cette distance journalière à accomplir a peut-être été aussi la raison de l’installation définitive de Pierre et de sa famille dans le moulin du Coût.


Les enfants sont restés ensuite dans ce quartier, puisque le jeune Jean, son fils, est mort en 1848, à l’âge de 18 ans, au moulin de Roquefort et son autre fils Pierre est mort lui aussi en 1860, à 20 ans, dans le moulin du Coût dans lequel travaillait son père, ces moulins étant tous deux situés dans le quartier du Coût sur la rivière Saleys. Il en a été de même pour la fille Marie restée proche de ses parents, même mariée avec Jean Poursuibes, morte jeune à 27 ans dans la maison Laborde quartier du Coût. Enfin, Marie Poustis elle-même meurt prématurément, à l’âge de 52 ans, en 1861 dans le moulin du Coût et, dans ce même moulin, Pierre (Jean) Baziard Menot en 1882 (voir § IV.1). On voit donc que ni le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, ni leurs enfants, n’ont occupé la maison Hourbeigt de manière durable. Cela est confirmé par les deux derniers des huit enfants de ce couple, les deux appelés Pierre Baziard Menot. L’un est né en 1844, il a épousé Catherine Chibas et a habité et travaillé au moulin du Coût avant de le quitter pour terminer sa vie à Bordeaux en 1895. L’autre est né en 1848, a épousé Marie Bareille, a aussi été meunier mais au moulin Philippe à l’Hôpital d’Orion, près de Salies, et y est mort en 1902.


En réalité, c’est le couple Jean Baziard Menot / Marie Chague qui a occupé la maison Hourbeigt, reconnue maison Menot à la mort de Jean en 1884 à l’âge de 81 ans. Ce Jean Baziard Menot avait épousé en première noce Marie Hiaas et Marie Chague en deuxième noce (voir § IV.1). Ce Jean était le frère du Jean Baziard Menot époux de Anne Lansalot. Marie Chague est morte l’année suivante, fin 1885, dans la maison Menot. Ensuite, les Baziard n’ont plus occupé cette maison, sauf plus récemment au XXè siècle, qui a vu naître Annie Baziard, aujourd’hui épouse Vidal, dans la maison Menot en 1944. Annie est la fille de Marcel Baziard, petite-fille de Jean-Baptiste Baziard (époux de Marie-Eugénie Bareilles), meunier à l’Hôpital d’Orion (voir § IV.5). Selon elle, cette maison était occupée alors par sa grand-mère maternelle Anna Congoste et par ses parents en 1944 pour sa naissance, après leur retour de Marseille où ils ont séjourné pendant deux ans. Ils étaient locataires de cette maison, les propriétaires étant la famille Tilhet, propriétaires également de la maison Tirou voisine de la maison Menot.


A ce sujet, la transmission orale nous indique que Rose Laclau-Tirou, fille du couple Jean Laclau-Tirou / Marie Peyruseigt (ce couple a eu trois filles, Eulalie, Rose et Maria), avait hérité de la maison Menot et, ne l’habitant pas, elle l’a cédée en héritage au couple Pierre Tilhet / Maria Laclau-Tirou, les Tilhet étant les actuels propriétaires de la maison Tirou et de la maison Menot. Le mariage de Pierre et Maria en 1923, de même que le décès de Maria, sont renseignés grâce à l’acte naissance de Maria en 1902 dans la maison Tirou, aujourd’hui accessible (naissance le 28/06/1902). On peut aussi noter que Rose Laclau-Tirou est née en 1891 dans la maison Tirou (naissance le 30/11/1891), soit 6 ans seulement après la mort de Marie Chague, fin 1885 dans la maison Menot. Quand les Laclau-Tirou sont-ils devenus propriétaires de la maison Menot et auprès de qui ? A ce jour, nous ne le savons pas mais nous pouvons affirmer que les Baziard-Menot ont habité cette maison de manière certaine jusqu’en 1885 (voir le résumé du § IV.2 - Les enfants du couple Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis) et assez peu d’années ont passé entre la mort de Marie Chague dans cette maison fin 1885 et l’acquisition de la maison Menot par la famille Laclau-Tirou.


Cette analyse de la chronologie des différentes occupations de maisons, nous permet maintenant d’établir un arbre d’occupation de la maison Hourbeigt / Menot, par les Baziard, jusqu’à aujourd’hui :

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Décès de Jacob Baziard Lacave le 31/08/1814 (à 84 ans) dans la maison Hourbeig
(x 7/02/1758) (°Judith) (x Marie) Lagisquet (°~1730 ; + ?)
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Le 3/01/1822, le couple Jean Baziard (Lacave) Menot / Anne Lansalot
habite la maison Hourbeigt (décès de leur fils Pierre à 4 ans)
(Jean est le neveu de Jacob)
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Le couple habite la maison Hourbeigt jusqu’à la mort de Jean Baziard (Lacave) Menot
le 19/11/1846 (à 84 ans) puis de Anne Lansalot le 31/05/1849 (à 75 ans)
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Le couple Jean Baziard Menot / Marie Chague
habite probablement la maison Hourbeigt après leur mariage en 1849
(Jean est un fils de Jean Baziard (Lacave) Menot
et frère de Pierre (Jean) Baziard Menot marié avec Marie Poustis)
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Jean Baziard Menot meurt le 28/07/1884 (à 71 ans)
dans la maison Hourbeigt devenue Menot
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Marie Chague meurt le 13/12/1885 (à 70 ans)
dans la maison Menot
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De 1886 à aujourd’hui :

Acquisition de la maison Menot par la famille Laclau-Tirou (voisins)
Transfert par héritage de la maison à la famille Tilhet (voisins)
Naissance de Annie Baziard en 1944 dans la maison Menot
habitée aujourd’hui par des héritiers de la famille Tilhet


L’occupation de la maison Hourbeig n’est pas renseignée avant la mort de Jacob en 1814, du moins avec les actes d’Etat civil et, avant la Révolution française, avec les actes religieux qui sont plutôt avares de telles informations. Il a probablement habité cette maison avant sa mort mais il ne faut pas oublier que Jacob Basiard Lacabe habitait la maison Lacabe (voir Figure 7), qu'il quittera après la mort de son frère Louis Basiard Lacabe pour habiter la maison Hourbeig dans laquelle il meurt en 1814. Jacob est probablement le premier de cette lignée de Baziard à habiter cette maison et on peut émettre l'hypothèse qu'il l'a achetée après avoir vendue la maison Lacabe. Ainsi, au moins 70 ans d'occupation de la maison Hourbeigt / Menot par trois générations de la même famille, permet de penser que les Baziard étaient propriétaires de cette maison, même si nous ne possédons pas de preuve de cette propriété. Une recherche plus approfondie d’actes notariés reste à faire et probablement qu’en connaissant le vendeur de la maison Menot à la famille Laclau-Tirou, nous aurons la réponse à cette question.


D’autre part, la naissance d’Annie Baziard dans la maison Menot en 1944, est plutôt le résultat d’un concours de circonstances, par lesquelles Anna Congoste, la grand-mère maternelle de Annie Baziard, a accueilli ses parents (Marcel Baziard / Louise Baubion-Broye). Certes, Annie est l’arrière-petite-fille du couple Pierre Baziard Menot / Marie Bareille qui a habité à l’Hôpital d’Orion tout près du quartier Beigmau de Salies où réside la maison Menot mais, à notre connaissance, il n’y a pas de fait autre que le hasard qui a conduit Annie Baziard à naître dans cette maison, hormis peut-être la proximité géographique entre cette maison et la commune de l’Hôpital d’Orion qui a permis la concrétisation de ce « hasard ».

 
Enfin, la chronologie ci-avant montre bien comment Jean Baziard Lacave (Anne Lansalot), nommé officiellement Baziard Menot en 1822, est venu habiter la maison Hourbeig à cette même date, qui deviendra officiellement maison Menot 62 ans plus tard, en 1884. C’est bien lui qui a porté le premier le surnom Menot qu’il a transmis à sa descendance et à la maison que lui et ses descendants ont habité.


V.3 – Les Baziard et les Baziard-Menot.


Si, pour finir, on veut savoir pourquoi il y a aujourd’hui des Baziard et des Baziard-Menot, il faut se reporter au tableau 1 (§ I) dont un extrait est reproduit ci-après.


XIXè siècle.
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Pierre (Jean) Baziard Menot (1801-1882)(meunier ; moulin du Coût)
x Marie Poustis (1808-1861)
(mariage civil le 13/11/1828, Salies-de-Béarn)
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(1) et (2)

(1) Pierre Baziard Menot (1844-1895)(meunier, moulin du Coût à Salies)
x Catherine Chibas (1854-?)
(mariage civil le 13/09/1873, Salies-de-Béarn

(2) Pierre Baziard Menot (1848-1902)(meunier, moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion)
x Marie Bareille (1847-?)
(mariage civil le 11/01/1872, Salies-de-Béarn)

XXè et XXIè siècles.

(1)(suite) Jules Baziard Menot (1875-1949)(meunier, moulin du Coût à Salies puis docker à Bordeaux)
x Clémence Pervalet (1884-1976)
(mariage civil le 18/12/1902 à Bordeaux)
                       |
Les BAZIARD MENOT ayant fait souche dans la région de Bordeaux.


(2)(suite) Jean-Baptiste Baziard (1878-1945)(meunier,
moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion puis cultivateur à Orthez)
x Marie-Eugénie Bareilles
(mariage civil le 22/02/1906 à l'Hôpital d'Orion, 64)
                       |
Les BAZIARD actuels (nombreux).


On voit clairement que d’une branche commune, représentée par le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis installé au moulin du Coût dans le quartier du Coût à Salies, sont nées deux branches initiées par deux Pierre Baziard-Menot, frères et meuniers tous les deux, l’un au moulin du Coût, l’autre au moulin Philippe à l’Hôpital d’Orion. Nous avons expliqué (voir fin § IV.2) que, contraint de partir du moulin du Coût, après son mariage avec Marie Bareille, Pierre Baziard Menot a trouvé au moulin Philippe à l’Hôpital d’Orion le moyen d’exercer son métier de meunier. Dans cette nouvelle commune, l’administration de l’Etat civil l’a nommé simplement Baziard et pas Baziard Menot et il en a été de même pour ses enfants, en particulier pour notre grand-père Jean-Baptiste Baziard. Rien de tel n’a eu lieu avec l’autre Pierre marié à Catherine Chibas, resté à Salies au moulin du Coût, et il a gardé son nom Baziard Menot, mais il a été nommé Baziard dans son acte de décès à Bordeaux où il avait émigré. Une preuve supplémentaire de ce fait est le nom Baziard-Menot porté par les quatre premiers enfants du couple Jules Baziard-Menot / Catherine Chibas nés à Salies-de-Béarn, alors que le dernier enfant du couple, Vital, né à Bordeaux, hérita du nom Baziard simple (voir § IV.3). Ceci montre que ce sont bien les administrations respectives des communes qui sont à l’origine du nom Baziard simple, celles de l’Hôpital d’Orion et de Bordeaux en l'occurrence, puisque, de son côté, le nom de Baziard-Menot est resté à Salies.


On pourrait supposer que le nom de Baziard simple aurait pu être demandé à l'administration de l'Etat civil, par Pierre Baziard Menot (Catherine Chibas) à Bordeaux d'une part et par Pierre Baziard Menot (Marie Bareille) à l'hôpital d'Orion d'autre part. Cette hypothèse pourrait être admise, avec réserve, dans le cas de Bordeaux mais elle ne le peut pas pour l'Hôpital d'Orion parce que les trois premiers enfants de Pierre Baziard Menot (Marie Bareille), nés à l'Hôpital d'Orion, ont reçu le nom Baziard et les trois suivants, nés à Salies, le nom Baziard Menot (voir § IV.4) et le père Pierre Baziard Menot est déclaré simplement Baziard lors de son décès à l'Hôpital d'Orion dans la maison/moulin Philippe dans lequel il était retourné pour ses vieux jours. Il serait étonnant que tout cela soit le résultat d'un choix de la part de Pierre Baziard Menot, l'époux de Marie Bareille.


Toutes ces constatations nous montrent aussi que tous les Baziard d’aujourd’hui devraient s’appeler Baziard-Menot.


VI – Conclusion.


Les démonstrations et les hypothèses faites au long de ce travail ont pu parfois paraître un peu longues mais elles étaient nécessaires pour retracer les évolutions des noms des individus dans les maisons qu’ils ont habitées. Ce travail, basé exclusivement sur les actes Religieux et d’Etat civil des naissances, mariages et décès, a dégagé une procédure basée sur l’analyse des fratries à chaque génération de Baziard depuis le XVIIIè siècle, suivie d’une mise en perspective chronologique des personnes dans leurs maisons. Cela nous a permis de suivre les variations des noms, avec l’apparition du surnom Menot et ensuite du nom Baziard-Menot, de même que le changement du nom de la maison Hourbeigt en Menot.


Ainsi, c’est Jean Baziard Lacave, perdant le surnom Lacave (Lacabe) puis prenant le surnom « ménot », qui a été nommé le premier officiellement Baziard-Menot par l’administration de l’Etat civil de Salies-de-Béarn en 1822, au début du XIXè siècle, ce nom étant ensuite gardé pour les générations suivantes de Baziard-Menot. Nous avons noté qu’en dehors de Salies, dans les communes de l’Hôpital d’Orion et de Bordeaux, le nom Baziard-Menot a été transformé en Baziard par l’Etat civil de ces deux communes. C’est la raison pour laquelle le nom Baziard, originaire de l’Hôpital d’Orion, est resté à la nombreuse descendance issue exclusivement du couple Jean-Baptiste Baziard / Marie Eugénie Bareilles. Le changement du nom de la maison en Menot eut lieu 62 ans après l’apparition du nom Baziard-Menot. Il faut toutefois noter que ce nom de maison fut consigné dans l’Etat civil pour la première fois, en 1884, lors du décès de Jean Baziard Menot et de sa femme Marie Chague fin 1885 mais, bien qu'elle soit aujourd'hui connue avec ce nom, il n’est pas mentionné dans le cadastre actuel de Salies-de-Béarn, ce qui est le cas de la maison Tirou voisine citée dans l’étude.


Ce travail éclaire les origines du nom Baziard-Ménot et sera complété par d’autres études du même type sur les premiers Baziard et sur les Baziard Lacave et il a montré, comme un exemple, l’apparition d’un surnom à un individu qui devient ensuite un nom grâce à la pratique, un nom transmis ensuite à la maison que lui et ses descendants ont habitée.


Enfin, au long de cette étude, nous avons côtoyé nos aïeux. Même si le plus souvent leurs vies étaient résumées à de simples dates, nous avons quand même pu les suivre dans leurs métiers, leurs maisons, et nous les connaissons un peu mieux maintenant, un peu comme si nous les avions regardés revivre.


Remerciements :

Nous tenons à remercier notre cousine Annie Vidal, née Baziard, pour les informations orales précieuses qu’elle a fourni concernant sa famille et la maison Menot qu’elle a porté à notre connaissance.



Références :

Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, Service Départemental des Archives, Salies-de-Béarn, Registres religieux catholiques, Paroisse Saint-Vincent ou Saint-Martin
Abréviation : CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent ou St-Martin

Conseil Général des Pyrénées Atlantiques, Service Départemental des Archives, Salies-de-Béarn, Registres d’Etat civil
Abréviation : CGPA, SDA, SdB, re civil

26/11/1706CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent, mariage Isaac de Basiard / Marie de Camy ;
29/11/1764 - CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Martin, mariage Louis Baziard Lacave / Catherine Labourdette ;
23/12/1730 - CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent, naissance Jacob Baziard Lacave ;
7/02/1756 - CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Martin, mariage Jacob Baziard Lacave / Judith (Marie) Lagisquet ;
5/12/1765 - CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent, naissance Jean Basiar ;
15/08/1788 - CGPA, SDA, SdB, rr cath., paroisse St-Vincent, décès Catherine Labourdette ;
19/01/1797 (30 nivôse an 5) - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Judith Lagisquet ;
26/08/1797 (9 fructidor an 5) - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Louis Baziard ;
3/05/1799 (14 floréal an 7, déclaré douze prairial an 8 (1/06/1800), CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Jean Baziard ;
30/09/1801 (8 vendémiaire an 10, déclaré 3 pluviôse an 10 (23/01/1802)), CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Pierre Baziard ;
13/08/1803 (25 thermidor an 11, déclaré le 26), CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Louis Baziard ;
14/01/1804 (23 nivôse an 12) - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Jeanne Baziard ;
5/10/1813 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Jean Baziard ;
31/08/1814 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Jacob Baziard Lacave ;
8/10/1817 (déclaré 11/10/1817) - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Pierre Baziard ;
2/01/1822 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Pierre Baziard ;
21/02/1828 - CGPA, SDA, SdB, re civil, mariage Jeanne Baziard / Pierre Dufau ;
22/05/1828 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Jean Baziard ;
13/11/1828 - CGPA, SDA, SdB, re civil, mariage Pierre Baziard / Marie Poustis ;
6/04/1831 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Anne Baziard ;
4/04/1833 (déclaré 5/04/1833) - CGPA, SDA, SdB, re civil., naissance Marie Baziard menot ;
27/03/1834 - CGPA, SDA, SdB, re civil, mariage Jean Baziard / Marie Hiaas ;
29/08/1835 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Jeanne Baziard ;
18/09/1837 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Marie Baziard ;
8/03/1840 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Pierre Baziard-Menaut ;
19/04/1844 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Pierre Baziard Menot ;
19/11/1846 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Jean Baziard Menot ;
7/02/1848 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Jean Baziard Menot ;
8/05/1848 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Pierre Baziard-Menot ;
31/05/1849 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès de Anne Lansalot (déclaré le 1/06) ;
5/07/1849 - CGPA, SDA, SdB, re civil, mariage Jean Baziard menot / Marie Chague ;
4/09/1860 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Pierre Baziard-Menaut ;
11/02/1861 (déclaré le 12/02/1861) - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Marie Poustis ;
31/07/1865 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Marie Baziard ;
11/01/1872 - CGPA, SDA, SdB, re civil, Mariage Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille ;
13/09/1873 - CGPA, SDA, SdB, re civil, mariage Pierre Baziard Menot / Catherine Chibas ;
11/11/1874 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Augustine Baziard-Ménot ;
17/11/1874 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Marie Baziard-Ménot ;
CGPA, SDA, SdB 27/06/1876 - CGPA, SDA, L’Hôpital d’Orion, re civil, naissance Irène Baziard ;
11/11/1878 - CGPA, SDA, L’Hôpital d’Orion, re civil, naissance Jean-Baptiste Baziard ;
25/11/1878 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Marie Baziard-Ménot ;
2/12/1879 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Marie-Louise Baziard-Ménot ;
20/11/1880CGPA, SDA, L’ Hôpital d’Orion, re civil, naissance Jean-Charles Baziard ;
16/04/1881 - CGPA, SDA, L’Hôpital d’Orion, re civil, décès Jean-Charles Baziard ;
9/01/1882 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissances Marie et Charlotte Baziard Menot ;
29/11/1882 - Registre des actes de naissance de Bordeaux, Section 3, naissance Vital Baziard ;
29/11/1882 - Registre des actes de naissance de Bordeaux, Section 3, naissance Vital Baziard ;
26/12/1882 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Pierre Baziard, veuf de Marie Poustis ;
10/03/1884 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Marie Baziard Menot ;
28/07/1884 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Jean Baziard menot ;
13/12/1885 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Marie Chague ;
26/03/1888 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Elise Baziard Menot ;
30/11/1891 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Rose Laclau-Tirou ;
25/02/1895 - Registre des actes de décès de Bordeaux, Section 2, décès Pierre Baziard ;
5/02/1898 - Registre des actes de mariage de Bordeaux, Section 1, mariage Marie Baziard-ménot / Ferdinand, Léopold Fauret ;
28/03/1901 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Jeanne Baziard-Menot ;
14/02/1902 - CGPA, SDA, L’Hôpital d’Orion, re civil, décès Pierre Baziard ;
28/06/1902 - CGPA, SDA, SdB, re civil, naissance Maria Laclau-Tirou ;
18/12/1902 - Registre des actes de mariage de Bordeaux, Section 2, mariage Jules Baziard-Ménot / Clémence Pervalet ;
22/02/1906CGPA, SDA, L’Hôpital d’Orion, re civil, mariage Jean-Baptiste Baziard / Marie-Eugénie Bareilles ;
22/07/1911 - CGPA, SDA, SdB, re civil, mariage Charlotte Baziard Menot / Pierre Lauroua ;
19/01/1916 - CGPA, SDA, L’Hôpital d’Orion, re civil, décès Irène Baziard ;
16/11/1916 - CGPA, SDA, SdB, re civil, décès Anne Baziard ;
18/12/1945 - CGPA, SDA, Orthez, re civil, décès Jean-Baptiste Baziard.





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