Les
Baziard et la maison Menot.
(8/10/2018 ; mise à jour : 23/11/2018)
Claude et Yves Baziard
Résumé
: Cet article traite de l’apparition du nom Baziard-Menot
et du nom de la maison Menot et permet aussi d’expliquer
l’existence actuelle des deux noms, Baziard et Baziard-Menot. Pour
cela, la méthode utilisée est basée sur l’exploitation des
registres religieux de l’Ancien Régime et de l’Etat civil après
la Révolution française, sur les cartes des cadastres napoléonien
et actuel et sur la tradition orale familiale pour la période la
plus récente. Après une rapide description de la généalogie du
nom Baziard, dont l’origine remonte au XVIè siècle, l’étude
débute au XVIIIè siècle et finit au milieu du XXè siècle, en
permettant le rattachement des descendants actuels à l’arbre
généalogique décrit. L’analyse des fratries à chaque génération
permet de mettre au jour l’apparition précise, au XIXè siècle,
du surnom « menot », puis du nom Baziard-Menot sur un
individu, puis le passage du surnom Menot au nom de la maison.
I
– Introduction.
Le
nom de famille Baziard a été porté avec certitude par des femmes
et des hommes dans la région de Salies-de-Béarn, et surtout dans
Salies même, depuis le XVIè siècle jusqu’à aujourd’hui (voir
la généalogie de ce nom dans le tableau 1, plus loin). L’origine
du nom Baziard fera l’objet d’une autre étude à paraître
prochainement. Comme la plupart des noms de famille, ce nom a connu
plusieurs écritures, comme Bassiart, Basiart ou Baziart, pour
arriver à l’écriture actuelle. Si ce nom est apparu initialement,
au cours du XVIè siècle, selon les registres religieux protestants,
dans les communes de Baigts-de-Béarn et Ramous, les Baziard sont
venus habiter Salies-de-Béarn vers la fin du XVIè siècle. Le nom
Baziard est un nom de maison située en limite des communes Baigts et
Ramous, dans la partie sud-est de Ramous et cette maison, détruire
dans les années 1960, figure dans le cadastre napoléonien de Ramous
datant de 1828. Elle est cependant toujours répertoriée dans le
cadastre actuel que l’on peut voir sur le site internet Géoportail
de l’Institut Géographique National (IGN). Les Baziard sont donc
issu d’une même parenté et ils ont été nombreux à
Salies-de-Béarn. Dans le passé, les noms ont été assez souvent
accompagnés d’un deuxième nom lié à une particularité
physique, un métier ou le nom d’une autre maison, sachant que le
nom de maison avait une grande importance en Béarn. Ce deuxième nom
accompagnait le premier nom et était transmis avec lui ou abandonné.
Les Baziard de Salies-de-Béarn ont ainsi porté le nom et les
surnoms de Lacabe (ou Lacave), Menot et Pilate. Le nom Baziard
Lacabe, le plus ancien, a disparu ainsi que Baziard Pilate par manque
de descendance mais pas Baziard Menot parti de Salies pour faire
souche dans la région Bordelaise à la fin du XIXè siècle.
Le
but de cet article est de comprendre l’origine du nom de la maison
Menot mais aussi l’origine du surnom Menot lié à Baziard.
Etait-ce un nom de maison déjà existante que des Baziard sont venus
habiter et qu’ils ont attaché à leur nom initial ou était-ce le
sobriquet d’un premier Baziard qui aurait été transmis à la
descendance ensuite, pour devenir à son tour un nom de maison ?
Nous allons tenter de répondre, d’abord en montrant l’origine et
la localisation de la maison Menot, puis l’origine du surnom
Menot lié au nom Baziard et enfin l’occupation de cette maison par
les Baziard. Une discussion permettra de rassembler toutes ces
données et d’apporter une réponse, avant de conclure. Cependant,
pour commencer, regardons l’arbre généalogique du nom Baziard,
depuis son début connu à ce jour jusqu’à aujourd’hui.
I
– L’arbre généalogique du nom Baziard.
Le
tableau 1 ci-dessous montre la branche 1 (principale) de l'arbre généalogique réduit à ceux
et celles qui ont permis la transmission du nom. Est indiquée aussi
dans ce tableau, au moyen d’un renvoi numéroté, le départ d’une
branche des Baziard (branche 2). Les Baziard de cette branche sont
répertoriés à partir du début du XVIIIè siècle jusqu’au XXè
siècle, lorsqu’ils n’ont plus transmis le nom (étude à
paraître).
Tableau
1 - Tableau généalogique du nom Baziard.
XVIè
siècle.
(branche 1)
Manauton
de Bessiart (~1540)
(commune
de Baigts-de-Béarn, 64)
(BAZIART,
f cne de Baigts - Bessiart, vers 1540
Réform.
de Béarn, B. 802, f° 19, cité par Paul Raymond,
(Dictionnaire
topographique du département des Basses-Pyrénées)
|
Perarnaud
de Basiart (marié avant 1575) x Saurine de Saunade
(mariage
protestant ; commune de Ramous, 64)
|
Arnaud
de Basiart (1575-?) x Navarrine Monreyau (du Molia de Bugning)
(mariage
protestant ; commune de Ramous, 64)
|
XVIIè
siècle.
Jehan
ou Jean de Basiart (1603-?)(meunier) x Isabé de Capnègre
(mariage
protestant le 23/03/1633 à Salies-de-Béarn, 64)
|
Jacques
de Basiard (de Bassiart)(1638-?) x Marie du Cassiau (de Cossivar)
(mariage
protestant le 1/06/1672 à Salies-de-Béarn)
|
Isaac
de Basiart (~1673-1745)(protestant puis catholique) x Marie
de Camy (i)
(mariage
catholique le 26/11/1706, paroisse Saint-Vincent, Salies-de-Béarn)
|
XVIIIè
siècle.
(branche 2 : commence avec Jeanne, Jean et Pierre de Basiart,
Paroisse St-Vincent, Salies-de-Béarn, début XVIIIè siècle, plus
de 80 Baziard et conjoint(e)s)
|
Jean
de Basiart Lacave (1708-1753) x Anne de Saint-Gaudens (1707-1753)
(mariage
catholique, paroisse Saint-Vincent, Salies-de-Béarn)
|
Louis
Baziard Lacabe (1737-1806)(laboureur) x Catherine de Labourdette
(1742?-1788)
(mariage
catholique le 29/11/1764, paroisse Saint-Martin, Salies-de-Béarn)
|
Jean
Basiard (Lacabe) Menot (1765-1846)(meunier) x Anne Lansalot
(1774-1849)
(mariage
catholique, paroisse Saint-Vincent, Salies-de-Béarn)
|
XIXè
siècle.
|
Pierre
(Jean) Baziard Menot (1801-1882)
(meunier
; moulin du Coût) x Marie Poustis (1808-1861)
(mariage
civil le 13/11/1828, Salies-de-Béarn)
|
(1)
et (2)
(1)
Pierre Baziard Menot (1844-1895)(meunier, moulin du Coût à Salies)
x
Catherine Chibas (1854-?)
(mariage
civil le 13/09/1873, Salies-de-Béarn)
(2)
Pierre Baziard Menot (1848-1902)(meunier, moulin Philippe à
l'Hôpital d'Orion)
x
Marie Bareille (1847-?)
(mariage
civil le 11/01/1872, Salies-de-Béarn)
XXè
et XXIè siècles.
(1)(suite)
Jules Baziard Menot (1875-1949)(meunier, moulin du Coût à Salies
puis docker à Bordeaux)
x
Clémence Pervalet (1884-1976)
(mariage
civil le 18/12/1902, Bordeaux)
|
Les
BAZIARD MENOT ayant fait souche dans la région de Bordeaux.
(2)(suite)
Jean-Baptiste Baziard (1878-1945)(meunier,
moulin
Philippe à l'Hôpital d'Orion puis cultivateur à Orthez)
x
Marie-Eugénie Bareilles
(mariage
civil le 22/02/1906, l'Hôpital d'Orion, 64)
|
Les
BAZIARD actuels (nombreux).
Branche 2 : Les Baziard Lacabe, Baziard Pilate et Baziard, nombreux, qui
n’ont pas transmis le nom Baziard jusqu’à aujourd’hui.
Le
tableau 1 montre que le Baziard le plus ancien est identifié sous le
nom de Manauton de Bessiart au XVIè siècle (voir la
référence citée). Les Baziard étaient alors protestants, Jeanne
d’Albret ayant imposé la religion réformée calviniste en Béarn
à partir de 1570, et cette religion était même implantée avant
cette obligation à Baigts-de-Béarn où vivait Manauton de Bessiart.
Ses descendants protestants ont vécu à Ramous, commune voisine de
Baigts, puis sont venus tenter fortune à Salies-de-Béarn proche.
Cette ville attirait alors par sa richesse venant de ses activités
liées au commerce du sel. Les guerres de religion entre catholiques
et protestants ont aussi touché le Béarn comme en France et, en
1620, Louis XIII annexa le Béarn qui ne sera plus alors un état
indépendant et il fait depuis lors partie de l’état français. A
partir de 1620, la religion catholique est imposée en Béarn et les
conversions forcées ont lieu au cours du XVIIè siècle. Dans le
tableau 1, on voit ainsi que la lignée Baziard devient catholique à
partir de Isaac de Basiart qui, de protestant à sa naissance
deviendra catholique et fera un mariage catholique avec Marie de Camy
en 1706, au début du XVIIIè siècle. Les Baziard seront ensuite
très majoritairement catholiques, sauf pour quelques uns d’entre
eux lors du retour du protestantisme au XIXè siècle en France. La
branche 2 des Baziard quant à elle, non décrite ici, a été très majoritairement catholique. On remarque enfin, dans le tableau 1, que
l’arbre généalogique des Baziard est partagé en deux branches au
cours du XIXè siècle, l’une donnant les Baziard Menot
d’aujourd’hui, l’autre les nombreux Baziard actuels.
Après
cette rapide description de l’arbre généalogique des Baziard,
intéressons-nous aux Baziard du XVIIIè et XIXè siècles afin de
comprendre l’apparition du surnom Menot, lié à la maison Menot
décrite dans la paragraphe suivant.
II
– La maison Menot.
La
figure 1 ci-dessous montre une photographie de cette maison Menot
aujourd’hui. C’est une petite maison béarnaise typique, qu’il
faut imaginer sans les extensions récentes à gauche et à droite
pour avoir une idée de son aspect plus ancien. A l’angle devant,
on voit une petite extension maçonnée dans laquelle séjournait un
cochon, selon les propriétaires actuels, et, au-dessus, un petit
poulailler en bois à croisillons.
Figure
1 – Photographie de la maison Menot actuelle.
Cette
maison peut être localisée sur un extrait de carte prise sur le
Géoportail internet de l’Institut Géographique National (IGN),
qui montre un relief de collines de la partie sud-est de
Salies-de-Béarn (Figure 2), carte dans laquelle les altitudes sont
mentionnées. On y voit une petite route qui longe le ruisseau de
Beigmau et cette route rejoint celle qui mène de Salies à
Sauveterre-de-Béarn et qui passe à l’ouest du quartier Beigmau.
Le long de cette petite route se trouvent différentes maisons ou
fermes comme Saint Jacques et d’Esperbasque en haut, puis, plus
bas, Latéulère, Poustis et Tirou. Elle n’est pas mentionnée sur
cette carte mais la maison Menot correspond au petit rectangle noir
situé au bord du chemin/route de Beigmau, près de l’altitude 76
mètres indiquée par un petit point noir. En ce point, débute le
chemin dit de Lacazette qui part à angle droit du chemin de Beigmau,
lequel continue vers la maison Tirou. On voit aussi, en pointillé,
les chemins anciens encore répertoriés mais qui ne sont pas
asphaltés. On voit ainsi que la route venant de la maison Laulhé
croise le chemin/route de Beigmau et continue en chemin pointillé.
Ce croisement existait et était désigné par un nom dans le passé,
comme nous allons le voir dans les deux figures suivantes.
Figure
2 – Carte IGN de la partie sud-est de la commune de
Salies-de-Béarn.
Les
Figures 3 et 4 montrent deux extraits du cadastre napoléonien (1828)
de cette même zone du chemin Beigmau et elles sont intéressantes
parce qu’elles montrent les noms et emplacements de maisons/fermes
anciennes qui ont gardé leurs noms aujourd’hui, parfois avec des
modifications de leur orthographe. Ainsi, la figure 3 montre le
chemin et le ruisseau de Beigmau et on retrouve les maisons de
Latéülère et Poustis. On voit aussi le moulin de Clausa, habité
aujourd’hui par la famille Lavigne, qui existe encore mais n’est
pas nommé sur la carte IGN (Figure 2), et le moulin de Beig-pregonne
attaché à la ferme Beigpregonne en haut à droite de l’image.
Comme sur la figure 2, le chemin qui vient de la maison Laulhé
rejoint le chemin de Beigmau en un croisement appelé ici hourbaigt, qui signifie croisement en bas en béarnais,
ce qui correspond réellement au point de plus basse altitude de
cette zone (76 mètres, voir Figure 2).
Figure
3 – Extrait du cadastre napoléonien de l’ensemble de la
ville de Salies.
(Tableau
d’assemblage, cadastre napoléonien de Salies-de-Béarn,
Archives
Départementales des Pyrénées Atlantiques)
Figure
4 – Extrait de la section dite de Saint-Martin et de Beigmau.
(cadastre
napoléonien de Salies-de-Béarn, feuille 2,
Archives
Départementales des Pyrénées Atlantiques)
Toutefois,
il est difficile d’affirmer que ce nom de hourbaigt est celui du
croisement ou de la petite maison toute proche mais la figure 4, plus
détaillée, montre les moulins de Clausa et de Beigpregonne, les
maisons Lateulère et Poustis et le nom hourbeigt désignant
la maison Menot sans ambiguité. La maison Menot était donc
appelée hourbaigt ou hourbeigt au XIXè siècle et
nous verrons, en faisant un peu de généalogie dans le paragraphe
suivant, que c’était aussi le cas au XVIIIè siècle.
III
– Le premier Baziard Menot.
Si
ce paragraphe porte ce titre, c’est qu’il a bien existé un
premier Baziard avec le surnom Menot. Le tableau généalogique 2,
ci-après, décrit la généalogie partielle des noms Baziard et
Baziard Menot issus de la même branche, des noms qui ont été
séparés ensuite et ont une descendance aujourd’hui. Dans ce
tableau, les noms écrits en gras sont ceux qui transmettent le nom.
Les fratries sont représentées à chaque génération, ce qui va
permettre de mieux comprendre les occupations des maisons, lorsque
celles-ci sont mentionnées dans les registres généalogiques et en
particulier la maison Hourbaigt-Menot qui nous intéresse.
Tableau
2 – Généalogie partielle, avec les fratries, du nom
BAZIARD (branche 1).
|
Isaac
de Basiard (°~1673) / Marie de Camy
(x
26/11/1706, paroisse Saint-Vincent)
|
Jean
de Basiard Lacave (1708-1753)
x
Anne de Saint Gaudens
Rachel
de Basiard Lacabe (1711-1782) x Jean de Baubion (Courtade)
Jeanne
de Basiart (1717-1783) x Jean de Laplace
|
Jeanne
(1729-?)(mariée)
Jacob
(1730-1814)(marié, sans enfant)
Isaac
(Pierre) (1733-1804)(célibataire)
Louis
Baziard Lacabe (1737-1806)(laboureur)
x
Catherine Labourdette (1742(?)-1788)
Jean
(1741-?)(pas d'information)
Anne
(1744-?)(pas d'information)
Jean
(1747-?)(pas d'information)
|
Jean
Baziard Menot (1765-1846)(meunier)
x
Anne Lansalot (1744-1849)
Anne
(1768-1836)(mariée)
Isaac
(?-1874)(+ à 3 ans)
Jean
Philippe (1773-1780)(+ à 6 ans)
Marie
(1774-1854)(mariée)
Jacques
(?-1791)(+ à 13 ans)
Pierre
(1781-1782)(+ à 9,5 mois)
|
Louis
(1797-1803)(+ 6 ans)
Jean
(1799-?)(pas d'information)
Pierre
(Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier,
moulin du Coût à Salies) x Marie Poustis (1808-1861)
Jeanne
(1804-?)(mariée)
Jean
Baziard Menot (meunier)(marié deux fois ; sans enfant)
Pierre
(1817-1822)(+ à 4 ans)
|
Jean
(1829-1848)(+ à 19 ans)
Anne
(1831-1916)(mariée)
Marie
(1833-1874)(mariée)
Jeanne
(1835-1901)(mariée)
Marie
(1837-1865)(mariée)
Pierre
(1840-1860)(+ à 20 ans)
(1)
Pierre Baziard Menot (1844-1895)
(meunier,
moulin du Coût à Salies) x Catherine Chibas (1854-?)
(2)
Pierre Baziard Menot (1848-1902)
(meunier,
moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion) x Marie Bareille
(1847-?)
(1)
Les BAZIARD MENOT de la région de Bordeaux ;
(2)
Les BAZIARD actuels.
Le
tableau 2 débute vers la fin du XVIIè siècle avec le couple Isaac
de Basiard / Marie de Camy(i). La particule « de » qui
accompagnait alors les noms Basiard et Camy (orthographe d’époque)
désignait la provenance du nom et, dans ce cas, le nom des maisons
d’origine. Isaac était protestant à la naissance mais il est
devenu catholique, ce qu’atteste son mariage catholique dans
l’église Saint-Vincent de Salies (mariage
le 26/11/1706). Ce couple a
eu trois enfants dont un qui a transmis le nom Baziard mais
additionné du surnom Lacave (ou Lacabe), un surnom que l’on
retrouve avec beaucoup d’autres Baziard issus d’une branche
différente (branche 2 non décrite dans le tableau 1) et ce surnom
correspondait souvent à des individus liés au travail de la vigne
et du vin, comme vigneron et tonnelier. Ce fils aîné de Isaac de
Basiard, Jean de Basiard Lacave, a eu 7 enfants avec Anne de
Saint-Gaudens, dont tous les parcours de vie ne nous sont pas connus
à ce jour, mais l’un d’entre eux a transmis le nom, Louis
Baziard Lacabe (laboureur), marié avec Catherine Labourdette
(mariage le 29/11/1764)
et ce couple a eu 6 enfants dont un seul a transmis le nom Baziard.
Il s’agit de Jean Baziard Menot marié avec Anne Lansalot. Il est
le premier à porter au moins une fois le surnom Menot, comme en
attestent les registres religieux et d’état civil de l’époque
(XVIIIè et XIXè siècles respectivement) à Salies-de-Béarn.
Avant
d’examiner plus en détails son parcours de vie et celui de ses
frères et sœurs et de ses descendants, une information concernant
un des frères de son père Louis, appelé Jacob Baziard Lacave
(Tableau 2), est intéressante. Ce Jacob est né en 1730 (naissance
le 23/12/1730), a été
marié avec Judith Lagisquet (mariage
le 7/02/1756) et il meurt
en 1814 à l’âge de 84 ans (décès
le 31/08/1814). Ce couple
Jacob Baziard Lacave / Judith Lagisquet, pourtant tous deux nés,
vécus et enterrés à Salies, n’a eu aucun enfant. L’information
intéressante est que Jacob est mort dans la maison Hourbeig,
celle qui sera appelée Menot
plus tard. Cela signifie qu’un Baziard a habité cette maison au
moins au début du XIXè siècle, avant Jean Basiar, futur Baziard
Menot, dont on décrit le parcours de vie ci-dessous.
Ce premier Baziard qui a porté sur le surnom Menot est appelé Jean Basiar dans son acte de naissance et son lieu de naissance n’est pas mentionné mais son père Louis Baziar et sa mère « Cataline » de Labourdette sont cités (Figure 5) (naissance le 5/12/1765).
Figure
5 – Acte de naissance de Jean Baziar, le 5/12/1765.
(Archives
Départementales des Pyrénées Atlantiques)
Si
son acte de naissance contenait un minimum d’informations, comme il
a vécu jusqu’à 84 ans, son acte de décès, établi au milieu du
XIXè siècle, renseigne mieux (décès le 19/11/1846). Il y
est ainsi nommé Jean Baziard Menot époux d’Anne Lansalot
(Figure 6), il était laboureur au moins vers la fin de sa vie
puisqu’il avait été aussi meunier (voir plus loin l’acte de
mariage de son fils Pierre avec Marie Poustis). Il n’est donc pas
nommé Baziard Lacabe comme son père Louis et il devient ainsi le
premier, parmi tous les Baziard, à porter le nom Baziard Menot.
De plus, il est mort dans la maison hourbeigt quartier
Beigmau, comme son oncle Jacob Baziard Lacave 32 ans plus tôt,
en 1814.
Figure
6 – Acte de décès de Jean Baziard Menot, époux d’Anne
Lansalot, le 19/11/1846.
(Archives
Départementales des Pyrénées Atlantiques)
L’examen
de la fratrie de Jean Baziard Menot montre qu’il est le seul à
transmettre le nom Baziard Menot, ce que n’ont pas fait sa sœur Anne, ni ses quatre frères morts en bas âge.
Sachant l’importance de l’aîné (garçon dans ce cas) dans les
familles béarnaises, on peut penser que cet enfant né Jean
Baziar a pris une place particulière dans cette fratrie, tant du
point de vue héritage que sentimental pour les parents.
IV
– l’étude des fratries.
IV.1
-Les enfants du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot.
Jean
Baziard Menot a épousé Anne Lansalot, avec laquelle il a eu six
enfants.
|
Jean
Baziard (Lacabe) Menot (1765-1846)(meunier)
x
Anne Lansalot (1774-1849)
|
Louis
(1797-1803)(+ à 6 ans)
Jean
(1799-?)(pas d'information)
Pierre
(Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier,
moulin du Coût à Salies) x Marie Poustis (1808-1861)
Jeanne
(1804-?)(mariée)
Jean
Baziard Menot (1813-1884)(meunier)(marié deux fois ; sans
enfant)
Pierre
(1817-1822)(+ à 4 ans)
Le
premier fut Louis Baziard dont le grand-père Louis Baziard Lacabe
était le parrain. Ce petit Louis
Baziard est né en 1797
dans la maison Darremondine
à Salies qu’habitait alors probablement la famille, le père avait
alors 32 ans (naissance le
26/08/1797 (9 fructidor an 5)).
L’enfant n’a pas vécu longtemps et il est mort en 1803 à l’âge
de 6 ans. A noter qu’il est écrit dans l’acte de décès que le
nom de ce Louis est Baziard et que le père est nommé Basiard
Lacabe et qu’il est
laboureur (décès le
13/08/1803 (25 thermidor an 11, déclaré le 26)).
On retiendra donc que ni le fils Louis ni le père Jean ne sont
nommés Baziard Menot, à ce moment de leur vie, et que Jean est
nommé Baziard Lacabe, comme son père Louis, et qu’il est
laboureur le 13/08/1803.
Le
second enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot, appelé
Jean Basiard,
est né le 14 floréal an 7 (3/05/1799) mais il n’a été déclaré
par le père que le douze prairial an huit (1/06/1800), soit presque
13 mois plus tard, ce qui rend un peu curieuse cette déclaration de
naissance (naissance
déclarée le douze prairial an 8).
L’enfant serait né dans la maison
Lacave, dans le
centre-ville de Salies, sa mère étant bien Anne Lansalot et son
père Jean Basiard laboureur. A ce jour, aucun acte de mariage ou de
décès concernant ce Jean
Basiar n’a été trouvé
à Salies-de-Béarn et, sans nouvelle information, il faut être
prudent sur cette naissance et sur la réelle existence de ce Jean
Basiard. La aussi, on retient que le petit Jean est cité avec le nom
Basiar uniquement et que son père est laboureur le 1/06/1800.
Pierre
(appelé aussi Jean) Baziard fut le troisième enfant du couple Jean
Baziard Menot / Anne Lansalot et il est important puisque c’est lui
qui a transmis le nom de famille. Bien que sa naissance
ait été déclarée le 3 pluviôse an 10 (23/01/1802),
il est indiqué dans l’acte que Pierre
Basiard est né le 8
vendémiaire an 10 (30/09/1801). Il a donc été déclaré presque
quatre mois après sa naissance, une pratique récidiviste du père.
Les parents sont mentionnés, Jean Basiard (laboureur) et Anne
Lansalot, mais aucune indication du lieu de naissance de Pierre. Si
l’acte de naissance qui vient d’être cité est plutôt avare de
renseignements, il n’en est pas de même avec l’acte de mariage
du même Pierre Basiard
avec Marie Poustis
(mariage le 13/11/1828).
On y apprend que Pierre Basiard exerce le métier de meunier
le jour de son mariage, que le père Jean Basiard est lui aussi
meunier, mais sans indication du (ou des) moulin(s) dans le(s)quel(s)
ils travaillent. Pierre Basiard a 27 ans le jour de son mariage et
Marie Poustis 20 ans, elle est mineure. L’acte de décès
de Pierre le nomme Basiard
comme son père et il est
mort à l’âge respectable de 81 ans, en 1882 ; dans cet acte
de décès, on a la confirmation que Pierre était meunier et qu’il
« est décédé dans la maison dite moulin du Coût, au
quartier de ce nom » (décès
le 26/12/1882), ce qui est
aussi le cas pour son épouse, Marie Poustis, morte en 1861 dans ce
moulin (décès le
11/02/1861). Cette
localisation au moulin du
Coût sera ensuite très
importante pour la descendance Baziard Menot, comme nous le verrons
plus loin.
Le
quatrième enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot est
une fille de prénom Jeanne
et de nom Basiard
(naissance le 14/01/1804 (23
nivôse an 12)). Elle a été
mariée le 21/02/1828 avec Pierre Dufau (forgeron) mais son acte de
décès ne nous est pas connu. Le jour du mariage de Jeanne, son père est appelé Jean Baziard dit menot et il est meunier. On remarque encore que Jeanne est
désignée avec le nom Basiard et pas Baziard Menot.
Le
cinquième enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot est un
garçon né en 1813 qui se prénomme Jean
et il reçoit le nom Basiard lors de sa naissance. Sa mère est
Suzanne Lansalot (et pas Anne) et son père Jean Basiard, toujours
laboureur en 1813 (naissance
le 5/10/1813). La vie de ce
Jean Basiard est bien renseignée parce qu’il a laissé assez de
traces dans les actes d’état civil. En effet, il s’est marié
deux fois, la première fois avec Marie Hiaas plus âgée que lui de
49 ans le jour du mariage (elle en avait 69 et lui mineur 20 ans). Un
tel mariage a été motivé par l’accès au quota d’eau salée,
très convoitée dans la ville de Salies, que lui a ainsi transmis
Marie Hiaas. S’il a accepté ce mariage, c’est qu’il était un
cadet et il ne pouvait donc a priori pas faire partie de la confrérie
très convoitée des part-prenants du sel de Salies, dont il aurait
pu hériter comme aîné garçon vivant le cas échéant (voir
le règlement des part-prenants de Salies).
Dans l’acte de mariage, on note encore le père nommé Jean Baziard
et la mère Suzanne
Lansalot. Le père est déclaré laboureur en 1834 (mariage
le 27/03/1834), après
avoir été meunier en 1828 lors du mariage du frère de Jean, Pierre
(Jean) Baziard avec Marie Poustis (voir ci-dessus le troisième enfant Pierre (Jean)). Marie Hiaas
meurt deux ans après, le 15/02/1836 à Orthez, ce que l’on apprend
dans l’acte du deuxième mariage de Jean avec Marie Chague en 1849,
dans lequel il est nommé cette fois Baziard Menot de même que son
père et le fils et le père sont à nouveau déclarés meuniers
(mariage le 5/07/1849).
L’acte de décès de Jean marié à Marie Chague est
particulièrement intéressant. Jean y est nommé Baziard Menot, fils
de Jean Baziard Menot et Suzanne Lansalot (le prénom Suzanne a
remplacé le Anne de sa jeunesse), il meurt en 1884 à l’âge de 71
ans et dans la maison Menot
quartier Beigmau à Salies (décès
le 28/07/1884). Lors de sa
mort, Jean n’est plus meunier et on remarque que le nom Baziard
Menot apparaît pour la première fois pour lui
et son père ensemble lors
de son mariage avec Marie Chague en 1849. Ensuite, c’est en 1884
qu’apparaît pour la première fois le nom de la maison Menot,
dont sait qu’elle est aussi la maison Hourbaigt
(voir § II). Il faut ajouter que Marie Chague n’a pas vécu
longtemps après la mort de son mari et elle est morte fin 1885,
toujours dans la maison Menot qu’elle n’avait pas quittée (décès
le 13/12/1885).
Le
sixième et dernier enfant du couple Jean Baziard Menot / Anne
Lansalot est un garçon prénommé Pierre
(naissance
déclarée le 11/10/1817),
le père a alors 52 ans et il est laboureur (pas encore meunier) et
il est nommé Jean Basiard
époux de Anne Lansalot. Ce nouveau garçon s’appelle Pierre
Basiard à sa naissance,
comme ses précédents frères et sœurs lors de leurs naissances.
Pierre n’a pas vécu longtemps puisqu’il est mort en 1822 à
l’âge de 4 ans (décès
déclaré le 3/01/1822),
son père, laboureur, étant nommé pour la première fois Jean
Baziard Menot et sa mère Jeanne Lansalot (on lui aura donné trois
prénoms, Anne, Suzanne et Jeanne). Dans cet acte de décès, il est
mentionné que Pierre est mort dans la maison Hourbeig
(tel qu’écrit dans l’acte) quartier Beigmau à Salies. Ainsi, en
1822, le père Jean
porte le nom de Baziard
Menot ce qui n’était pas
le cas en 1817, il est âgé de 57 ans, il n’est pas encore meunier
et il habite avec sa famille dans la maison Hourbeig qui n’est pas
encore appelée Menot.
Résumé
: L’examen détaillé des actes de naissances, mariages et décès
des enfants du couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot a pu
paraître fastidieux, mais il est riche d’enseignements sur le
devenir de cette famille, sur les noms qu’ils ont portés (les
parents et les enfants), sur la date de la première apparition
officielle du nom Baziard Menot (1822) pour Jean, mari de Anne
Lansalot, sur la date de l’occupation de la maison Hourbeig
(Hourbaigt) par le couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot
(probablement un peu avant 1822) et enfin sur la date du nom de la
maison Menot, qui est plus tardive lorsqu’elle est mentionnée, en
1884, lors de la mort Jean Baziard Menot fils, époux de Marie Hiaas
puis Marie Chague. La mort de Marie Chague, fin 1885, eut aussi lieu
dans la Maison Menot mais nous n'avons pas d’autre information sur
l’occupation ultérieure de cette maison par les Baziard.
Nous
le verrons plus loin, Jean Baziard Menot a été le premier d’une
lignée de Baziard Menot et Baziard meuniers jusqu’au début du XXè
siècle, même si ses débuts dans ce métier ont eu lieu avec des
fortunes diverses. En effet, il fut laboureur en 1802 lors de la naissance de son fils Pierre (Jean), puis déclaré meunier en 1828 lors des mariages de ses enfants Jeanne et Pierre (Jean) (lui-même alors meunier et sans mention du moulin), laboureur en 1834 lors du mariage de son fils Jean avec Marie Hiaas et laboureur lors de sa
mort en 1846. Jean Baziard Menot a donc été meunier mais pendant une courte période, ce que nous examinerons plus précisément lors de la discussion. Une autre information importante est que son fils
Pierre (Jean) Baziard, époux de Marie Poustis, le seul de sa fratrie
qui a transmis le nom de Baziard Menot, a exercé son métier de
meunier au moulin du Coût, dans le quartier du Coût à Salies, et
il y a habité. Cela permet d’examiner maintenant les parcours de
vie des enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, afin
d’avoir éventuellement d’autres renseignements sur le surnom
Menot et la maison Menot. Concernant le couple, l’examen détaillé
a été déjà fait, comme troisième enfant du couple Jean Baziard
Menot / Anne Lansalot, et on va donc examiner les enfants de ce
couple.
IV.2
– Les enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie
Poustis.
Les
enfants de ce couple sont au nombre de huit et seuls les deux
derniers ont transmis le nom Baziard Menot (Tableau généalogique
1), parce que les six premiers sont deux garçons morts jeunes et
quatre filles mariées.
Pierre
(Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier,
moulin du Coût à Salies)
x
Marie Poustis (1808-1861)
|
Jean
(1829-1848)(+ à 19 ans)
Anne
(1831-1916)(mariée)
Marie
(1833-1874)(mariée)
Jeanne
(1835-1901)(mariée)
Marie
(1837-1865)(mariée)
Pierre
(1840-1860)(+ à 20 ans)
Pierre
Baziard Menot (1844-1895)
(meunier,
moulin du Coût à Salies) x Catherine Chibas
Pierre
Baziard Menot (1848-1902)
(meunier,
moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion) x Marie Bareille
Le
premier enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis
est né en 1828 (naissance
le 22/05/1828) et c’est
son grand-père qui vient le déclarer, en l’absence du père. On
lui donne le prénom de Jean
avec le nom Baziard.
Dans l’acte, pour ce premier enfant, le père est nommé Jean
Baziard, meunier, et le
grand-père Jean Baziard dit
menot (l’époux de Anne
Lansalot), meunier, âgé de 67 ans ce jour-là. Jean Dufau,
forgeron, oncle de l’enfant est témoin (il est le mari de la sœur
du père). La vie de ce Jean Baziard est courte puisqu’il meurt à
presque 19 ans (18 ans et 9 mois) (décès
le 7/02/1848). Dans l’acte
de décès, il est appelé Jean
Baziard Menot, meunier
comme son père qui est aussi appelé Jean Baziard Menot et déclaré
meunier. Ce jeune Jean meurt dans le moulin
de Roquefort, quartier du
Coût à Salies, probablement le moulin où il travaillait. On
retiendra ici que le nom de Baziard Menot s’affirme dans cette
filiation, pas lors de la naissance du petit Jean, le père et fils
étant alors appelés seulement Baziard, mais lors de la mort du
jeune Jean en 1848. On retiendra aussi que le grand-père a été
nommé, lors de cette naissance, Jean
Baziard dit menot (écrit
sans majuscule), ce qui montre que menot
est un surnom qui lui a été attribué et, pour rappel, pour la
première fois parmi les Baziard.
Le
second enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis
est une fille née en 1831 (naissance
le 6/04/1831), elle
s’appelle Anne
et elle est morte en 1916 à l’âge de 85 ans. Sa naissance a bien
été déclarée par son père Jean
Baziard dit menot, âgé de
24 ans, meunier, de même que le grand-père. Anne est nommée
Baziard (et pas Baziard Menot), comme dans son acte de décès dans
lequel on apprend qu’elle était veuve de Pierre Camougrand et
qu’il est confirmé qu’elle était fille de Jean Baziard et Marie
Poustis (décès le
16/11/1916). On constate
donc que Anne n’a pas gardé le nom Baziard Menot à sa naissance
ni à sa mort. Par contre, ce nom est confirmé pour le père et avec
le prénom Jean même si son prénom est Pierre à sa naissance. Il
faut cependant nuancer cette affirmation parce que menot (écrit sans
majuscule), dans «Jean Baziard dit menot», est clairement le surnom
donné au jeune Jean (Pierre) et à son père.
Le
troisième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie
Poustis est aussi une fille prénommée Marie
née en 1833 et nommée Baziard
menot, avec « m »
minuscule. Dans son acte de naissance, son père est désigné par
Jean Baziard dit menot,
meunier, confirmant le surnom de « menot », sa mère étant Marie
Poustis, et elle a été présentée par son oncle Marcel Dufau en
l’absence du père (naissance
déclarée le 5/04/1833).
Son acte de décès est intéressant, pas parce qu’elle y est
présentée comme la veuve de Pierre Chibas-Casteigt et qu’elle est
morte à 41 ans dans la maison Guillat quartier Guillat (décès
le 17/11/1874), mais parce
qu’elle est nommée alors Baziard-Ménot comme son père Jean
Baziard-Ménot, meunier, encore vivant et âgé de 70 ans, sa mère
Marie Poustis étant morte. On voit donc que le surnom « menot »
est maintenant lié pour la première fois au nom Baziard, ce qui
crée le nouveau nom Baziard-Ménot
en 1874. On remarque aussi que le père est toujours prénommé Jean
alors que son acte de naissance le prénomme Pierre.
Le
quatrième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie
Poustis est encore une fille prénommée Jeanne
(1835-1901). Elle est nommée Jeanne
Baziard dans son acte de
naissance alors que son père est appelé Jean Baziard menot,
meunier, 33 ans, époux de Marie Poustis (naissance
le 29/08/1835). Dans son
acte de décès, à l’âge de 65 ans (décès
le 28/03/1901), elle est
nommée Baziard-Menot (épouse de Jean Poursuibes), un nom qui est
donné alors à son père. Le nom de Baziard-Menot, avec cette
écriture, s’affirme donc en cette fin XIXè-début XXè siècle.
Le
cinquième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie
Poustis est une fille prénommée Marie
(1837-1865). Le rédacteur de son acte de naissance (naissance
le 18/09/1837) a nommé son
père Pierre Baziard,
meunier, 35 ans, habitant quartier Beigmau, ce qui est une
information malgré tout intéressante même si la maison n’est pas
précisée. On note aussi que le père signe (bien) « Basiard »,
plutôt « à l’ancienne » alors que l’orthographe de ce nom est
stabilisée avec un « z » et pas un « s » au XIXè siècle. Marie
a eu une courte vie puisqu’elle est morte à 27 ans dans la maison
Laborde
quartier du Coût, qu’elle habitait avec son mari Jean Poursuibes
(décès le 31/07/1865).
Cet homme a épousé les deux sœurs, puisqu’il a épousé Jeanne
(voir ci-avant) après la mort de Marie.
Le
sixième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis
est un garçon prénommé Pierre
avec le nom Baziard-Menaut, une orthographe attribuée aussi au père
(naissance le 8/03/1840).
Il n’assurera pas de descendance puisqu’il meurt jeune, sans que
l’on en connaisse la raison, à l’âge de 20 ans et cinq mois,
dans le moulin du Coût où il était meunier (décès
le 4/09/1860). Lui et son
père sont nommés Baziard-Menaut, comme lors de sa naissance, mais
les deux actes, naissance et décès, ont été rédigés par le même
maire de Salies, Jean-Baptiste Coulomme-Davant. On retient ici que le
nom Baziard-Menot s’affirme même si l’orthographe est
différente. On remarque aussi que le jeune Pierre est mort dans le
moulin du Coût, un lieu important pour les Baziard-Menot comme nous
allons le voir.
Il
y a huit enfants issus du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie
Poustis et le septième est un garçon aussi appelé Pierre
Baziard Menot,
comme son père, meunier à 38 ans lors de la naissance de ce petit
Pierre (naissance le
19/04/1844). Plus tard,
dans son acte de mariage (mariage
le 13/09/1873) avec
Catherine Chibas, 19 ans et 10 ans de moins que lui, on apprend qu’il
est meunier comme son père, et que son jeune frère, né 4 ans après
lui comme nous le verrons plus loin, est présent lors de son mariage
et il est indiqué qu’il habite à l’Hôpital d’Orion, une
commune voisine de Salies-de-Béarn, une information importante pour
la suite. Si ce Pierre Baziard Menot est né et s’est marié à
Salies, il est mort à Bordeaux (décès
le 25/02/1895). S’il fut
présenté comme menuisier dans l’acte de mariage de son fils Jules
(voir § IV.3 la référence de cet acte), l’officier de
l’Etat civil bordelais lui reconnut son métier de meunier à sa
mort, mais en le nommant Baziard et pas Baziard-Menot. Est-ce lui ou
son fils aîné Jules qui est à l’origine du départ vers
Bordeaux ? Nous tenterons de le savoir plus loin lors de
l’examen de sa filiation.
Avant
cela, regardons du côté du dernier des huit enfants du couple
Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, lui aussi appelé Pierre
et déjà cité lors du mariage de son frère Pierre avec Catherine
Chibas le 13/09/1873. Nous allons maintenant examiner le parcours de
vie de ce Pierre, marié avec Marie Bareille, et plus loin sa
descendance (voir § IV.4). L’acte de naissance de ce Pierre
Baziard-Menot nous révèle qu’il est lui aussi né à Salies, en
1848, de Pierre (Jean) Baziard et Marie Poustis. Cela n’est pas
mentionné mais il est fortement probable que cela a eu lieu dans la
maison/moulin du Coût (naissance
le 8/05/1848). Son mariage
avec Marie Bareille eut lieu à Salies en 1872 et on y apprend qu’il
était meunier, qu’il avait 23 ans et était nommé Pierre
Baziard-Menot, son père (Pierre), aussi meunier, était présent et
il est hautement probable que c’est lui qui a signé Jean
Basiard, il avait alors 71
ans (mariage le 11/01/1872).
Le jeune Pierre était meunier probablement dans le moulin du Coût
avec son père et son frère aîné Pierre (celui marié ensuite avec
Catherine Chibas). Il n’est pas resté au moulin du Coût après
son mariage et il est parti exercer son métier de meunier dans un
autre moulin, à l’Hôpital d’Orion, une commune voisine de
Salies-de-Béarn. Quand est-il parti ? Juste après son
mariage ou plus tard ? On peut le savoir grâce au lieu de
naissance de ses enfants, parce qu’avec Marie Bareille, il a eu 6
enfants. Il est mort à l’Hôpital d’Orion à l’âge de 54 ans
dans la maison Philippe,
probablement le moulin où
il travaillait, et il est alors nommé Pierre
Baziard, et pas
Baziard-Menot, dans son acte de décès (décès
le 14/02/1902).
Résumé
: De l’examen des enfants du couple Pierre (Jean) Baziard Menot /
Marie Poustis, on retiendra que la transition entre le nom Baziard
simple et le nom Baziard Menot a lieu dès le premier enfant du
couple (le jeune Jean, meunier) mais seulement à sa mort à l’âge
de 19 ans dans le moulin de Roquefort, le père étant appelé alors
Jean Baziard, ce changement de prénom de Pierre à Jean l’ayant
suivi toute sa vie. Etait-ce lui qui a décidé de s’appeler Jean
alors qu’officiellement son prénom était Pierre, ou bien l’a-t-on
appelé ainsi, ce qu’il a accepté ? On ne le sait pas. On remarque
aussi, dans l’acte de naissance de ce premier enfant de Pierre
(Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, que le grand-père, l’époux
de Anne Lansalot, a été nommé Jean
Baziard dit menot, ce
qui montre que menot
était bien un surnom qui accompagnait alors les Baziard. Sur les
huit enfants du couple, ils ont majoritairement (pas tous ou toutes)
été nommés Baziard Menot. Les deux derniers enfants, les deux
Pierre, ont transmis le nom Baziard-Menot à leur descendance mais
avec des fortunes diverses (voir § IV.3 et IV.4). D’autre
part, les cinq premiers enfants n’ont pas habité longtemps le
moulin du Coût où ils sont nés, le premier, Jean, est allé
travailler au moulin de Roquefort où il est mort jeune, les quatre
filles se sont mariées et sont parties.
Il
faut cependant noter que les deux filles, Marie née en 1835 et
Jeanne en 1837, ont eu l’une après l’autre Jean Poursuibes pour
mari, et si Jeanne est morte en 1901 à 65 ans dans la maison
Casteignau
rue Cauhapé au centre-ville de Salies, Marie est morte jeune à 27
ans dans la maison Laborde
au quartier du Coût. Même mariée, elle vivait donc près du moulin
du Coût dans lequel travaillait son père. Ce qui est intéressant
par contre, c’est que l’acte de naissance de Marie (naissance
le 18/09/1837) révèle que
son père Pierre Baziard (marié à Marie Poustis) est domicilié
quartier Beigmau. La maison n’est pas citée mais on peut
raisonnablement penser qu’il s’agit de la maison appelée
Hourbeigt en 1837. On peut donc émettre l’hypothèse qu’en 1837
le couple Pierre Baziard Menot / Marie Poustis habitait la maison
Hourbeigt
quartier Beigmau et Pierre Baziard, âgé alors de 35 ans,
travaillait au moulin du Coût quartier du Coût, ces deux quartiers
étant un peu éloignés et séparés par la colline du quartier des
Antys. Si on admet cette hypothèse, il est alors probable que le
couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis cohabitait dans la
maison Hourbeigt avec le couple parental Jean Baziard (Lacabe) Menot
/ Anne Lansalot, puisque ce dernier est mort dans cette maison en
1846 et qu’il l’habitait déjà en 1822 (voir § III – Le
premier Baziard Menot). Cette hypothèse sera à nouveau évoquée
plus loin lors de la discussion générale.
Quant
au sixième enfant du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie
Poustis, appelé Pierre,
il a travaillé au moulin du Coût et il aurait probablement pris la
succession de son père au moulin mais il est mort jeune, et parmi
les deux derniers enfants, appelés Pierre tous les deux, le septième
est resté et a travaillé au moulin du Coût et le dernier a dû
partir à l’Hôpital d’Orion pour exercer son métier et fonder
famille. Une remarque importante est que le dernier Pierre
Baziard, marié avec Marie Bareille, a perdu son surnom Menot dans
son acte de décès à l’Hôpital d’Orion.
Examinons
maintenant le parcours de vie des enfants des deux Pierre
Baziard-Menot, en commençant celui marié à Catherine Chibas.
IV.3
– Les enfants du couple Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas.
Le
tableau 3 ci-dessous nous montre les cinq enfants de ce couple. La
liaison avec le tableau généalogique 2 est assurée par le report
(1) au couple Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas. La
description du tableau 3 a pour but principal de renseigner sur la
présence de ces enfants à Salies-de-Béarn, en particulier sur leur
lieu de vie dans cette ville mais aussi à Bordeaux.
Tableau
3 – Vers les BAZIARD MENOT actuels.
(1)
|
Augustine
Baziard Menot* (1874-?)
Jules
Baziard Menot* (1875-1949)(meunier puis docker à Bordeaux)
x
Clémence Pervalet --> les Baziard Menot actuels
Marie
Baziard Menot* (1878-?)(mariée)
Marie-Louise
Baziard Menot* (1879-?)
Vital
Baziard** (1882-?) x Félicité
Pervalet --> pas de descendance Baziard
*
né(e)s au moulin du Coût à Salies ;
**
né à Bordeaux.
Ce
cas est plus simple que les précédents, parce que les quatre
premiers enfants, à savoir Augustine, Jules, Marie et Marie-Louise,
sont tous nés à Salies. Les quatre actes de naissance fournissent
les mêmes informations, pour le lieu de naissance, dans
le moulin du Coût quartier du Coût,
et pour les parents nommés Pierre Baziard-Ménot, meunier, et
Catherine Chibas (naissances
d’Augustine le 11/11/1874,
Jules le 13/12/1875, Marie
le 25/11/1878,
Marie-Louise le 2/12/1879).
Lors de ces quatre naissances, depuis la première fille, le père
est âgé successivement de 30, 31, 34 et 35 ans, et la mère 20, 21,
24 et 25 ans. Sur l’acte de naissance de Jules, ont été ajoutées
la date de son mariage, le 18/12/1902, et celle de son décès à
Bordeaux, le 6/07/1949.
Le
cinquième enfant, Vital, est né à Bordeaux (naissance
le 29/11/1882) et il est
mort à Bordeaux probablement, après avoir eu deux enfants qui n’ont
pas transmis le nom Baziard (voir plus loin). Les deux frères, Jules
et Vital, se sont mariés, Jules à Bordeaux (mariage
le 18/12/1902 ; divorce le 6/11/1934, cité dans l’acte de mariage)
et Vital à Talence le 3/08/1907 (mariage
cité dans l’acte de naissance),
avec les deux sœurs Pervalet, Clémence avec Jules et Félicité
avec Vital. On remarque que Vital est nommé Baziard mais il est bien
un Baziard-Ménot. Hormis leurs naissances en 1874 et 1879, nous
n’avons pas d’autre information pour Augustine et Marie-Louise.
Il y a aussi Marie, qui a suivi ses parents à Bordeaux, comme Jules,
et qui a « fait sa vie » à Bordeaux. Elle y a épousé Ferdinand,
Léopold Fauret en 1898 (mariage
le 5/02/1898)
et Jules était témoin,
désigné comme « marin » et il habitait 10 rue de Tréjet (ou
Tréjey) (adresse citée aussi dans l’acte de mariage de Jules en
1902), et un autre témoin, Jean Bonnet, habitait quai de Bacalan. On
peut citer ici un récit concernant ces deux couples, dont la
référence est le Bacalan (Journal du quartier), juin-juillet-août
2010 (voir le beau site internet dédié à ce journal) :
«
Les deux sœurs Pervalet Clémence et Félicité venues de Dordogne
ont épousé les frères Baziard Menot Jules et Vital. Ces deux
couples ont eu des enfants nés rue de New-York (hameau du village de
Bacalan (Bordeaux)), Roger, Jeanne, Laurence, Henriette, Germaine et
Marcel mort en bas âge. Le fils de Roger, Michel Baziard-Menot,
habite toujours dans la rue tout comme Pierre Couteau et Marie
Couteau, enfants de Jean Couteau / Germaine Baziard-Menot » (auteurs
: Marcel Marty et Pierre Couteau).
Michel
Baziard-Menot, dont le grand-père est Jules, est celui qui a assuré
la descendance du nom Baziard-Menot jusqu’à aujourd’hui, depuis
la région bordelaise.
Quand
le couple Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas a-t-il quitté le
moulin du Coût à Salies, en abandonnant le travail de meunier, pour
émigrer vers Bordeaux ? Avec certitude après la naissance de
Marie-Louise le 2/12/1879. On
sait donc que ces quatre enfants, et leurs parents, ont habité au
moulin du Coût au moins jusqu’à cette date, et pas dans la maison
Menot quartier Beigmau. Jules,
qui a transmis le nom Baziard-Ménot, n’avait que 4 ans en 1879 et
7 ans en 1882 lors de la naissance du petit dernier de la famille,
son frère Vital à Bordeaux. Si jeunes, ces quatre enfants ont suivi
les choix de leurs parents. Ce
sont donc les parents, Pierre Baziard-Ménot / Catherine Chibas, qui
sont à l’origine de l’abandon de la minoterie au moulin du Coût
et du départ sans retour vers Bordeaux.
A ce jour, les raisons de ce départ nous sont inconnues, un départ
peut-être dû au fait que le métier de meunier ne permettait plus
de nourrir la famille, ce qui est probable en ce début de XXè
siècle accompagné de grands changements industriels et sociaux, et
aussi l’espérance d’une vie nouvelle pour eux et surtout leurs
enfants.
Regardons
maintenant la descendance du huitième et dernier enfant, Pierre
Baziard-Ménot, du couple Pierre (Jean) Baziard-Menot / Marie
Poustis, qui a quitté Salies-de-Béarn pour s’installer à
l’Hôpital d’Orion, dans le moulin Philippe.
IV.4
– Les enfants du couple Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille.
Ce
couple a donné naissance à 6 enfants, dont 4 filles (avec deux
jumelles) et 2 garçons (Tableau 4). On peut traiter les trois
premiers enfants ensemble, puisqu’ils sont tous les trois appelés
Baziard,
alors que les trois derniers sont appelés Baziard-Menot.
La raison tient à leur lieu de naissance. En effet, Irène,
née en 1876, puis Jean-Baptiste né en 1878 et Jean-Charles né en
1880, sont tous les trois nés dans la maison « Philippe » (tel
qu’écrit dans ces actes) à l’Hôpital d’Orion (naissance
Irène le 27/06/1876)
(naissance Jean-Baptiste le
11/11/1878) (naissance
Jean-Charles le 20/11/1880).
Le
père est à chaque fois nommé Pierre Baziard, âgé de 28 ans, 30
ans et 34 ans, respectivement pour les trois naissances, et la mère
Marie Bareille âgée de 26 ans, 26 ans et 28 ans respectivement. En
regard des dates de naissance du père et de la mère, 8/05/1848 et
6/11/1847 respectivement, il semble que les âges des parents aient
été mal estimés par l’officier de l’Etat civil de l’Hôpital
d’Orion.
Tableau
4 – Vers les BAZIARD actuels.
(2)
|
Irène
Baziard* (1876-1916)(mariée)
Jean-Baptiste
Baziard* (1878-1945 à Orthez)(meunier puis cultivateur)
x
Marie-Eugénie Bareilles (1882-1967 à Orthez) --> Les BAZIARD
actuels
Jean-Charles
Baziard* (1880-1881)(+ à 5 mois)
jumelles
: Baziard Menot** (°1882)
Marie
(+ 1884) et Charlotte
(+ 1961)(mariée)
Elise
Baziard Menot*** (1888-?)
*
nés au moulin Philippe à l'Hôpital d'Orion ;
**
nées au moulin de Roquefort, quartier du Coût à Salies ;
***
née dans la maison Maisonnave, quartier du Coût à Salies.
En
ce qui concerne Irène, elle s’est mariée plus tard à Bernard,
Justin Minvielle et elle est morte relativement jeune, à l’âge de
39 ans (décès le
19/01/1916). Jean-Baptiste,
quant à lui, s’est marié avec Marie-Eugénie Bareilles (mariage
le 22/02/1906) et il est
mort en 1945 à Orthez (décès
le 18/12/1945).
Jean-Charles n’a vécu que 5 mois et il est mort en 1881 (décès
le 16/04/1881).
Jean-Baptiste a eu 10 (dix) enfants et de nombreux petits-enfants qui
ont transmis le nom Baziard jusqu’à aujourd’hui. Le plus
important est que le nom retenu, pour les trois enfants, Irène,
Jean-Baptiste et Jean-Charles, et aussi le père, est Baziard
et pas Baziard Menot.
Viennent
ensuite les trois derniers enfants du couple, d’abord les jumelles
Marie
et Charlotte
nées en 1882 et Elise
née en 1888, plus à L’Hôpital d’Orion que les parents ont
quitté mais à Salies-de-Béarn (naissances
Marie et Charlotte le 9/01/1882)
(naissance Elise le
26/03/1888). Ils sont venus
s’installer au moulin de Roquefort, dans le quartier du Coût, où
sont nées les jumelles, ce qui montre que le père exerçait alors
toujours son métier de meunier. Six ans plus tard, en 1888, naît
Elise,
dans une autre maison, la maison Maisonnave (ou Maysonnave) qui
n’était pas un moulin, toujours dans le quartier du Coût à
Salies (Cadastre napoléonien
de Salies-de-Béarn, Section E3 dite de Saint-Martin et du Coût,
Feuille n°3, Parcelles n°333-495),
ce qui laisse penser que le père Pierre Baziard Menot (Marie
Bareille) n’était plus meunier en 1888. Né en 1848, il avait
alors 40 ans. Les jumelles ont eu des fortunes diverses puisque Marie
est morte à l’âge de 14 mois en 1884 (décès
le 10/03/1884) dans la
maison Maisonnave, ce qui signifie que la famille n’est restée que
quelques mois dans le moulin de Roquefort. Quant à Charlotte
elle s’est mariée en 1911 à Salies avec Pierre Lauroua (mariage
le 22/07/1911), avec lequel
elle a donné naissance, à Salies, à deux enfants (Pierre et Marie
Lauroua ; témoignage familial oral), et c’est à Salies
qu’elle meurt en 1961 (décès
cité dans l’acte de naissance du 9/01/1882).
Sans l’acte de décès, trop récent pour être librement consulté,
on ne connaît pas la maison salisienne dans laquelle elle habitait
le jour de sa mort. Cependant, nous verrons plus loin qu’il est peu
probable que ce soit la maison Menot.
Quant à Elise,
la tradition orale familiale dit qu’elle serait partie vers « les
Amériques », sans plus de nouvelles d’elle à ce jour.
Résumé
: Quoiqu’il en soit, aussi bien pour les jumelles Marie et
Charlotte que pour Elise, elles ont été nommées Baziard-Menot
et pas Baziard. On constate donc que sur les six enfants du couple
Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille, les trois premiers, Irène,
Jean-Baptiste et Jean-Charles ont été appelés Baziard et les trois
derniers, Marie, Charlotte et Elise ont été appelés Baziard-Menot.
Ce n’est pas le résultat d’un choix de ces enfants ni de leurs
parents : c’est un résultat dû à l’administration, aux
officiers de l’Etat civil de l’Hôpital d’Orion pour les trois
premiers qui ont retenu le nom Baziard et à ceux de Salies-de-Béarn
pour les trois autres qui ont retenu le nom Baziard-Menot. On peut
penser que l’officier de l’Etat civil de l’Hôpital d’Orion
ne connaissait pas les Baziard de Salies alors que ceux de Salies
connaissaient bien à cette époque les Baziard-Menot, qu’on
appelait les Baziard « du Ménot », à savoir de la
maison Menot. Ainsi, les nombreux descendants de Jean-Baptiste
Baziard / Marie-Eugénie Bareilles, qui devraient porter le nom
Baziard-Menot (ou Ménot),
portent le nom Baziard
par un concours de circonstances administratives. Enfin, il faut
retenir que si des Baziard-Menot ont bien habité la maison Menot, ce
n’est pas le cas des enfants du couple Pierre Baziard-Menot / Marie
Bareille.
Jean-Baptiste
Baziard ayant transmis son
nom à beaucoup de Baziard, regardons maintenant si l’un ou l’une
d’entr’eux a habité la maison Menot. Pour cela, il faut examiner
les enfants de ce couple nés au cours du XXè siècle.
IV.5
– Les enfants du couple Jean-Baptiste Baziard / Marie-Eugénie
Bareilles.
Ce
couple a donné naissance à 10 enfants, et ce sont eux, dont la
descendance est nombreuse, qui ont propagé le nom Baziard et pas
Baziard-Menot. Ils sont énumérés dans ce qui suit, avec leurs
épouses et le nombre d’enfants qu’ils ont eus, sans entrer dans
plus de détails. Les sept premiers sont nés à l’Hôpital d’Orion
(à l’exception de Henri né à Salies), tant que le père
Jean-Baptiste est resté meunier au moulin Philippe, jusque vers
1920, les trois derniers sont nés respectivement à Orthez, Loubieng
et Loubieng.
1)
Jean-Louis Baziard (1906-1977 à Orthez) / Anna, Adèle
Laboudigue :
3
garçons nés à Orthez ;
2)
Jules Baziard(1908-1982 à Orthez (64)) / Franziska Endt :
1 fille née à Halle/Saale (Allemagne) ;
1 fille née à Halle/Saale (Allemagne) ;
3)
Ernest Baziard (1910-1982 à Pessac (33)) / Morlanne Thérèse puis Léa-Eugénie Lamothe-Mirandot : 1
fille née à Salies-de-Béarn ;
4)
Henri Baziard(1912-1994 au Fousseret (31)) / Elise Souquet :
3
garçons et 1 fille (les Baziard région de Toulouse) ;
5)
Léontine (Elisabeth) Baziard (1914-2006) / Léonce-Edouard Coulomb :
1 garçon avant mariage (les Baziard région de Tarbes)
6) Marcel Baziard (1917-2007 à Salies-de-Béarn) / Louise Baubion-Broye :
1 garçon avant mariage (les Baziard région de Tarbes)
6) Marcel Baziard (1917-2007 à Salies-de-Béarn) / Louise Baubion-Broye :
1
fille (Salies-de-Béarn) ;
7)
René,Alfred Baziard (1919-2002 à Aire sur l’Adour (40)) / Irène
Lafitte :
3 garçons (Aire/Adour, St-Vincent de Tyrosse et Toulouse)
8) Jean (dit Joseph) Baziard (1921-2004 à Orthez) / Marie-Berthe Mantelli :
3 garçons (Aire/Adour, St-Vincent de Tyrosse et Toulouse)
8) Jean (dit Joseph) Baziard (1921-2004 à Orthez) / Marie-Berthe Mantelli :
3
garçons et 4 filles (région d’Orthez) ;
9)
Pierre Baziard (1923-2010 à Orthez) / Marie, Catherine Duplaa :
4
garçons et 3 filles (région d’Orthez) ;
10)
Marie-Louise Baziard (1925- habitante d’Orthez (64)) / Henri Laborde :
1
fille et 1 garçon (Orthez).
Avec
tant d’enfants, le couple Jean-Baptiste / Marie-Eugénie Bareilles
est celui qui a « sauvé » le nom Baziard et lui a permis de se
répandre, les autres branches de l’arbre généalogique des
Baziard n’ayant pas de descendance aujourd’hui. Il y a quand même
les Baziard-Menot issus de la région Bordelaise, les descendants du
couple Jules Baziard-Ménot / Catherine Chibas, mais la pérennité
du nom Baziard-Menot n’est plus certaine aujourd’hui.
L’analyse
de chacun des dix enfants ne sera pas faite comme dans les
paragraphes précédents, simplement parce que nous ne possédons pas
tous les actes de naissances, mariages et décès de l’Etat civil
pour des raisons légales de confidentialité. Nous nous sommes
appuyés, dans une première approche, sur des informations orales
concernant l’occupation de la maison Menot au XXè siècle. Ces
informations seront discutées plus loin dans la discussion générale
(§ V.2).
Dans
ce qui suit, nous allons discuter de l’ensemble des informations
apportées par les analyses faites dans les paragraphes précédents.
Nous allons compléter ces analyses par une discussion en trois
points, afin de répondre aux questions qui sous-tendent cette étude,
à savoir :
- Quelle est l’origine de la maison Menot et quels sont ceux qui ont habité cette maison ?
- Pourquoi y a-t-il des Baziard et des Baziard-Menot aujourd’hui ?
V
– Discussion générale.
V.1
– L’origine du nom Menot.
Les
Baziard étaient nombreux à Salies-de-Béarn et certains ont porté
des noms additionnés d’un surnom qu’ils ont transmis, comme
Baziard-Lacave (ou Lacabe), Baziard-Pilate et Baziard-Menot. Parmi
ces trois noms, le dernier est le plus récent et il a été transmis
jusqu’à aujourd’hui.
Nous
avons vu précédemment (§ III) que le nom Menot
vient d’un Baziard Lacave qui, le premier, a été appelé Menot.
Il s’agit du fils aîné du couple Louis Baziard lacave / Catherine
Labourdette, appelé Jean
Basiar à sa naissance, en
1765, et Jean Baziard Menot,
époux de Anne Lansalot, à sa mort en 1846. C’est donc avec ce
Jean Baziard qu’est né le nom Menot, ou plus exactement le surnom
parce que l’examen des fratries des descendants (en particulier les
enfants du couple Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis ; § IV.2) a
montré que l’époux de Anne Lansalot était appelé JeanBaziard
dit menot, ce qui a aussi
été le cas du mari de Marie Poustis. Avant d’être accolé au nom
Baziard, « menot » a donc bien été un surnom, ce que confirme son
écriture initiale sans majuscule dans les actes d’Etat civil.
Quand
apparaît ce surnom pour la première fois et comment évolue-t-il ?
On peut le savoir en regardant la chronologie des évènements
ci-dessous, que l’on peut tirer des analyses des paragraphes
précédents :
-
en 1803, décès du petit Louis Baziard (6 ans), fils de Jean Baziard
Lacabe, 38 ans et laboureur, époux de Anne Lansalot ;
-
en 1813, naissance de Jean Basiard, fils de Jean Basiard (48 ans,
laboureur) et Anne Lansalot ;
-
en 1817, naissance du sixième et dernier enfant du couple Jean
Baziard / Anne Lansalot, un garçon prénommé Pierre ; le père, né
en 1765, a 52 ans et il est laboureur ; en 1822, lors du décès
précoce du petit Pierre à l’âge de 4 ans, le père est âgé
alors de 57 ans et il est nommé Baziard
Menot pour la première fois et il est toujours laboureur (voir
§ IV.1) ;
-
en 1828, naissance de Jean Baziard, fils de Pierre (Jean) Baziard /
Marie Poustis, et mention du grand-père Jean Baziard dit menot
(l’époux de Anne
Lansalot) qui est âgé alors de 63 ans et il est déclaré meunier ;
en 1848, lors du décès de ce jeune Jean à 20 ans au moulin de
Roquefort, lui et son père sont appelés Baziard
Menot (voir § IV.2) ;
-
en 1831, naissance de Anne Baziard, fille de Pierre (Jean) Baziard /
Marie Poustis, le père, 24 ans et meunier, étant appelé Baziard
dit menot (§
IV.2) ;
-
en 1833, naissance de Marie Baziard menot, fille de Pierre (Jean)
Baziard / Marie Poustis, le père a 26 ans, il est meunier et il est
appelé Jean Baziard dit menot
; à la mort de Marie, en
1874, elle est nommée Baziard-Ménot
(§ IV.2) ;
-
en 1834, mariage de Jean Baziard avec Marie Hiaas ; il est le fils de
Jean Baziard Menot / Anne Lansalot et le frère de Pierre (Jean)
Baziard Menot (époux de Marie Poustis) ; le père, âgé de 69 ans
et époux de Anne Lansalot, est déclaré laboureur ;
-
en 1835, naissance de Jeanne Baziard, fille de Pierre (Jean) Baziard
/ Marie Poustis, le père est Jean
Baziard menot, meunier, et
en 1901 décès de Jeanne
Baziard-Menot (§ IV.2) ;
-
en 1840, naissance de Pierre Baziard Menaut,
fils de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, le père est appelé
Baziard Menaut
et il est meunier ; lors de sa mort au moulin du Coût en 1860 à
l’âge de 20 ans, le jeune Pierre est nommé Baziard-Menaut (§
IV.2) ;
-
en 1844 et 1848, naissances des deux Pierre
Baziard Menot (§ IV.2),
fils de Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis, qui mourront à
Bordeaux en 1895 pour le premier et en 1902 à l’Hôpital d’Orion
pour le second, appelés simplement Baziard
dans ces deux nouvelles communes, hors de Salies-de-Béarn ;
-
en 1849, deuxième mariage de Jean Baziard Menot avec Marie Chague
(après avoir été marié avec Marie Hiaas), il est alors meunier
comme son père Jean Baziard menot, 74 ans, l’époux de Anne
Lansalot, déclaré lui aussi meunier.
Cette
chronologie montre bien la transition entre le nom Baziard Lacabe (en
1803), puis Basiard (en 1813), puis l’apparition pour la première
fois du nom Baziard Menot en
1822 pour Jean, l’époux
de Anne Lansalot, suivie par quelques hésitations en 1828, 1831 et
1833 où menot
est clairement un surnom accolé au nom Baziard. Il faut attendre
1835 pour que le nom complet Baziard Menot soit stabilisé, même
avec une particularité comme Baziard Menaut en 1840, une écriture
due au maire de Salies-de-Béarn de l’époque, Jean-Baptiste
Chibas-Lassalle. Quelle est la raison de cette écriture ? Peut-être
le maire a-t-il pensé au prénom germanique Menaut, au moment
d’écrire Menot, et ce prénom n’était pas porté au XIXè
siècle mais était fréquent au Moyen-Âge (Dictionnaire
Etymologique des noms de familles gascons, Michel Grosclaude, Ed. Per
Noste, 2003). Le nom
Baziard Menot est ensuite admis tel quel en 1844 et 1848 pour la
naissance des deux Pierre qui transmettront ce nom. Une autre
écriture apparaît aussi plus tard, comme lors des décès de Marie
Baziard-Ménot en 1874 et
de Jeanne Baziard-Menot
en 1901. Ainsi apparaît le trait d’union entre les deux noms mais
aussi l’accent sur le « e » de Menot, ce qui montre la
prononciation « méridionale » béarnaise Ménot,
qu’il faut retenir pour comprendre ce surnom.
Quel
est le sens initial du surnom Ménot ? Avec la francisation des noms
béarnais, on serait tenté d’assimiler « menot » à la
minoterie, au métier de meunier qu’a exercé le premier Jean
Baziard Menot, ce qui aussi été le cas pour ses descendants. On
remarquera qu’il n’a toutefois été déclaré meunier que tard
dans sa vie, puisqu’il était laboureur à 38, 48, 52 et 57 ans (en
1803, 1813, 1817 et 1822), puis il est déclaré meunier à 63 ans
(en 1828) et 66 ans (en 1831) lors de la naissance du deuxième enfant, Anne, de son fils Pierre (Jean)(voir § IV.2), alors qu’à 69 ans il est déclaré à nouveau laboureur
lors du mariage de son fils Jean avec Marie Hiaas (en 1834) et enfin
laboureur lors de sa mort en 1846, à l’âge mentionné de 84 ans
(81 ans réels). Il sera toutefois déclaré meunier, à titre
posthume mais de manière un peu équivoque dans l’écriture de
l’acte laissant comprendre qu’il était encore vivant, lors du
deuxième mariage de son fils Jean avec Marie Chague (en 1849). Les
descendants de Jean Baziard Lacabe, devenu Jean Baziard Menot, seront
meuniers et plus que lui, mais il ne faut pas être trompé par cela.
Il faut simplement constater
que la première fois qu’il est nommé Baziard Menot, en 1822, il
n’est pas meunier mais laboureur.
Cela signifie que l’on ne peut a priori attribuer le surnom «
menot » au métier de meunier, lequel se dit « molier » en
béarnais, le moulin se disant « molin » (Dictionnaire
Béarnais Ancien et Moderne, par Vastin Lespy et Paul Raymond,
version numérisée par Safran du Béarn – http://www.safrandubearn.com).
Il
faut donc faire une autre hypothèse pour attribuer un sens au surnom
« menot », qu’il faut prononcer « ménot ». Remarquons que ce
surnom est apparu tard au cours de la vie de l’époux de Anne
Lansalot, à l’âge de 57 ans, et s'il ne peut être attribué à
son métier, on peut penser que ce surnom est lié à une
particularité physique de Jean Baziard dit « ménot ». Sachant
qu’en Béarnais « menit » (prononcer « ménit ») signifie petit
enfant, et « menut » (prononcer « ménut ») signifie menu
(Dictionnaire Lespy, Raymond
; réf. ci-dessus) et
sachant qu’en Gascon ou Béarnais le suffixe « -ot » montre
l’affection, nous émettons l’hypothèse que « ménot » est une
variante de menu, parce que Jean Baziard Lacabe était de petite
taille et qu'il a inspiré l'affection de ses proches. Tous ses
descendants étaient-ils aussi petits ? Nous ne pouvons l’affirmer,
sans information plus précise à ce sujet. Nous pouvons seulement
indiquer que Jean-Baptiste Baziard, né à l’Hôpital d’Orion en
1878 (dont le premier Jean Baziard Menot, époux d’Anne Lansalot,
était l’arrière grand-père) était de petite taille (1,58 m), ce
que nous savons d’après sa fiche de recrutement militaire pour la
guerre 1914-18 (voir le site internet consultarchives.le64.fr).
Cela lui a valu de ne pas être recruté pour aller combattre et cela
fait que nous, ses descendants, existons aujourd’hui, puisqu’il a
pu faire dix enfants sans risquer sa vie.
Une
autre hypothèse sur le nouveau nom que Jean Baziard Menot a été le
premier à porter, serait de dire que le nom Menot
existe ailleurs qu’à Salies-de-Béarn et que d’autres personnes
portent ce nom aujourd’hui en France, ce qui est le cas. Cependant,
il faudrait pouvoir expliquer pourquoi ce nom lui est venu, pourquoi
il lui aurait été donné s’il avait été emprunté à une autre
personne ou un autre lieu. Avec les informations dont nous disposons
et que nous avons abondamment commentées dans ce qui précède, rien
ne vient conforter cette hypothèse, même si elle ne peut être
totalement écartée. En la matière, par contre, l’expérience
généalogique nous montre qu’il est souvent préférable de
privilégier des sources locales plutôt que lointaines surtout,
comme dans le cas des Baziard, si les individus ont vécus dans un
espace relativement restreint comme Salies-de-Béarn et ses environs.
Une
troisième hypothèse peut être faite mais sous
certaines conditions, il s’agit de la dérision, souvent pratiquée
en Béarn. En effet, pourquoi ne pas penser que Jean Baziard Lacave
devenu Jean Baziard Menot, n’ait été désigné avec le surnom
« menot » que parce qu’il n’a pratiqué que
tardivement, et pas longtemps, le métier de meunier, ce qui lui
aurait valu moquerie parce qu’il ne serait resté qu’un
« amateur » dans ce métier. Rappelons qu’il n'a été
déclaré meunier qu’en 1828 (à 63 ans) et en 1831 (à 66 ans),
alors qu’il était laboureur en 1822 (à 57 ans) et qu’il sera
déclaré laboureur en 1834 (à 69 ans) et encore laboureur lors de
sa mort en 1846. Suivant ces dates, sa période de meunier aurait
duré 3 ans, ce qui est peu. Le surnom « menot » serait
alors la concrétisation d’une double moquerie impliquant la
dérision par une pratique déformée, volontiers pratiquée en
Béarn, d’un mot français, la minoterie, et sa pratique
« occasionnelle » du métier de meunier. Pour l’avoir
subie souvent dans notre jeunesse comme enfants gascons et/ou
béarnais (c’était même une pratique d’éducation pas toujours
sympathique mais très formatrice de la personnalité), nous
retiendrons cette hypothèse comme pertinente, plus peut-être qu’il
n’y paraît aux contemporains français du XXIè siècle.
Toutefois, cette hypothèse n’est acceptable que si on admet que
tout en étant laboureur en 1822, il se serait familiarisé avec le
métier en apportant son aide à un meunier mais de manière non
officielle, ce que l’on peut concevoir. On sait de manière
certaine qu’à la mort de leur sixième et dernier enfant en 1822,
le couple Jean Baziard Menot / Anne Lansalot a habité la maison
Hourbeigt
et ceci jusqu’à leurs décès, en 1846 pour lui et en 1849 pour
elle (voir § suivant). En privilégiant la proximité de préférence à de
plus lointaines raisons, l’apprentissage, pour Jean, du métier de
meunier aurait pu avoir lieu dans le moulin de Beigpregonne
voisin de la maison Hourbeigt
(voir Figures 3 et 4). Le surnom « menot » aurait pu
apparaître alors dans ces conditions et il lui serait resté. Il
faudrait aussi savoir pourquoi son fils Pierre (Jean), l’époux de
Marie Poustis, qui a transmis le nom à la descendance, a accepté et
gardé ce surnom « menot » s’il était dévalorisant.
Peut-être qu’en réalité il ne l’était pas et qu’il
contenait une part de moquerie, certes, mais avec une manière
d’affection, ce qui rejoindrait la première hypothèse évoquée
auparavant.
Ainsi,
même s’ils n’ont pas été petits et/ou meuniers occasionnels,
les descendants du premier Baziard Menot ont conservé ce surnom qui
est resté attaché au nom Baziard et nous allons voir, dans le
paragraphe suivant, que ce surnom a donné le nom de la maison Menot.
V.2
– Les Baziard et la maison Menot.
Dans
la tradition béarnaise, la maison a une grande importance et elle a
été désignée par un nom. Ce nom vient-il des personnes qui ont
habité ces maisons ou bien la maison a-t-elle donné le nom qu’ils
portent à ses habitants ? Les deux cas sont possibles mais, dans le
cas de la maison Menot, nous allons voir que ce sont bien les
habitants qui ont donné leur nom à la maison. Au paragraphe II,
nous avons vu que la maison Menot était la même que la maison
Hourbaigt, quartier Beigmau à Salies, cette dernière ayant changé
de nom. Comme dans le précédent paragraphe, un aperçu de la
chronologie de l’occupation de cette maison par les Baziard (et
d’autres) va nous permettre de comprendre la manière dont cela a
eu lieu. En réalité, les chronologies de l’apparition du nom
Menot
attribué aux personnes et à la maison sont intimement liées.
Chronologie
des occupations de maisons par les Baziard
(pour cela, seuls les
registres de l’Etat civil de la République informent
occasionnellement sur les lieux de naissance, mariage ou décès, ce
qui n’est pas le cas pour registres religieux de l’Ancien Régime
que nous avons consultés)
:
-
19/01/1797 (30
nivôse an 5), décès de Judith Lagisquet, épouse de Jacob Baziard
Lacave, dans la maison Lacave
à Salies ;
-
26/08/1797 (10
Fructidor An 5), naissance de
Louis Baziard, enfant du couple Jean Baziard / Anne Lansalot, dans la
maison Darremondine à
Salies ;
-
en 1799 (12 Prairial An 8), naissance de Jean Basiard, enfant du
couple Jean Basiard / Anne Lansalot, dans la maison Lacave
à Salies ;
-
en 1806, décès de Louis Baziard Lacave (époux de feue Catherine
Labourdette) dans la maison Lacave
;
-
en 1814, décès de Jacob Baziard Lacave (84 ans) dans la maison
Hourbeig,
frère de Louis Baziard Lacabe (épouse Catherine Labourdette) ;
-
en 1822, décès du jeune Pierre Baziard (4 ans) dans la maison
Hourbeig,
enfant du couple Jean Baziard menot (laboureur) / Jeanne (Anne)
Lansalot ;
-
en 1836, décès de Anne Baziard (70 ans) (veuve de Pierre Chague),
fille du couple Louis Baziard Lacave / Catherine Labourdette, dans la
maison Beau Soleil quartier
du Bois à Salies ;
-
en 1837, naissance de Marie Baziard, enfant du couple Pierre (Jean)
Baziard Menot (meunier) / Marie Poustis ; les parents sont domiciliés
dans le quartier Beigmau,
sans mention de la maison, alors qu’ils habiteront plus tard le
moulin du Coût quartier du Coût à Salies ;
-
en 1846, décès de Jean Baziard Menot (81 ans), époux de Anne
Lansalot, dans la maison Hourbeigt
;
-
en 1848, décès de Jean Baziard Menot (18 ans ; meunier), fils du
couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, dans le moulin
de Roquefort quartier du
Coût à Salies;
-
en 1849, décès de Anne Lansalot (75 ans) dans la maison Hourbeigt
;
-
en 1860, décès de Pierre Baziard Menaut (20 ans ; meunier), fils du
couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, dans le moulin
du Coût quartier du Coût
;
-
en 1865, décès de Marie Baziard (27 ans) (première épouse de Jean
Poursuibes), fille du couple Pierre (Jean) Baziard menot / Marie
Poustis, dans la maison Laborde
quartier du Coût à Salies ;
-
en 1882, décès de Pierre (Jean) Baziard Menot, époux de Marie
Poustis, dans le moulin du
Coût quartier du Coût ;
-
en 1884, décès de Jean Baziard Menot (71 ans), époux de Marie
Chague, dans la maison Menot
;
-
en 1885, décès de Marie Chague (70 ans) dans la maison Menot;
-
en 1895, décès à Bordeaux
de Pierre Baziard Menot (51 ans ; meunier au moulin du Coût), fils
du couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis ;
-
en 1901, décès de Jeanne Baziard-Menot (65 ans, épouse de Jean
Poursuibes), fille du couple Pierre (Jean Baziard Menot) / Marie
Poustis, dans la maison Casteignau
rue Cauhapé à Salies ;
-
en 1902, décès de Pierre Baziard Menot (54 ans ; meunier), fils du
couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, dans le moulin
Philippe à l’Hôpital d’Orion
;
-
en 1944, naissance de Annie Baziard dans la maison Menot,
fille du couple Marcel Baziard / Louise Baubion-Broye (petite-fille
de Jean-Baptiste Baziard (1878-1945) / Marie-Eugénie Bareilles
(Hôpital d’Orion), arrière petite-fille de Pierre Baziard-Menot
(1848-1902) / Marie Bareille (Hôpital d’Orion).
Afin
de bien situer ces dates et ces personnes, rappelons rapidement les
couples qui ont transmis le nom Baziard :
|
Louis
Baziard Lacave (1737-1806)(laboureur)
x
Catherine Labourdette (1742(?)-1788)
|
Jean
Baziard (Lacave) Menot (1765-1846)(laboureur
; meunier)
x
Anne (Jeanne, Suzanne) Lansalot (1774-1849)
|
Pierre
(Jean) Baziard Menot (1802-1882)
(meunier,
moulin du Coût à Salies)
x
Marie Poustis (1808-1861)
|
Pierre
baziard Menot (1844-1895) Pierre Baziard Menot (1848-1902)
(meunier,
moulin du Coût à Salies) (meunier, moulin
Philippe à l'Hôpital d'Orion)
x
Catherine Chibas (1854-?) x Marie Bareille (1847-?)
Dans
cette liste, on voit le passage du nom (Louis) Baziard Lacave à
(Jean) Baziard Menot dont nous avons vu, au paragraphe précédent,
qu’il a été nommé officiellement Baziard Menot pour la première
fois en 1822. C’est avec lui qu’apparaît le surnom Menot, il
paraît donc opportun de regarder, dans la liste chronologique
précédente, les maisons qu’il a habitées au cours de sa vie, au
moins pour celles qui sont renseignées. Même si les informations
sont peu nombreuses, on voit que le
28/08/1797, Anne Lansalot, sa
femme, accouche dans la maison Darremondine
située « dans l’enceinte de cette ville », selon l’acte,
donc dans le centre-ville de Salies, près de la place de la Trompe.
Le couple est encore jeune, Jean a 33 ans. Deux ans plus tard, en
1799, naissance d’un petit Jean, dans la maison Lacave
(ou Lacabe) cette fois.
Cette maison est, elle aussi, située dans le centre-ville de Salies,
près du pont d’Andioque (sur la rivière Saleys) et proche de la
maison Darremondine précédente. La particularité de la maison
Lacabe, c’est qu’elle appartenait à Louis Basiard Lacave (époux
de Catherine Labourdette) et à son frère Jacob Basiard Lacave
(Figure 7, ci-après). Le couple Jean Baziard (Lacave) Menot /
Anne Lansalot habitait donc probablement, durant cette période, avec
son père Louis et son oncle Jacob, tous les deux veufs,
l’épouse de Louis, Catherine Labourdette, étant morte jeune à 46
ans en 1788 (décès le
15/08/1788) ainsi
que celle de Jacob, Judith Lagisquet, morte le 19/01/1797 (décès
le 30 nivôse an 5).
Sept
ans plus tard, en 1806, Louis meurt dans sa maison, la maison Lacabe,
mais son frère Jacob n’y reste pas et il va habiter la maison
Hourbeig
quartier Beigmau, où il meurt en 1814. Le couple Jean Baziard Menot
/ Anne Lansalot a suivi Jacob dans la maison Hourbeig parce que leur
fils, le petit Pierre âgé de 4 ans, y meurt en 1822, laquelle année
est celle qui voit le père Jean nommé pour la première fois
Baziard Menot. Le couple reste dans cette maison parce que Jean
Baziard Menot meurt dans la maison Hourbeigt
en 1846, à l’âge de 81 ans, de même que Anne Lansalot trois ans
plus tard dans la même maison, à l’âge de 75 ans (décès
le 31/05/1849, déclaré le 1/06).
Dans la chronologie de l’occupation des maisons, on note que la
fille de Louis Baziard Lacave / Catherine Labourdette et sœur de
Jean Baziard Menot (Anne Lansalot), meurt en 1836, mais mariée à
Jean Laplace, le couple s’est installé ailleurs, dans la maison
Beau Soleil
quartier du Bois à Salies.
Figure
7 – Extrait de la carte de Salies-de-Béarn à la fin de
l’Ancien Régime, réalisée par Marcel Saule en 2003 et exposée
au Musée du Sel à Salies, d’après le censier de Jean Ducasse et
le plan de repérage des vieilles maisons de Jean Labarthe.
C’est
le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis qui devient
ensuite plus visible, surtout par les naissances et décès de ses
enfants. On passe à la génération suivante, puisque Pierre (Jean)
est le fils de Jean Baziard Menot / Anne Lansalot. Ainsi, en 1837, à
l’occasion de la naissance de leur fille Marie (voir § IV.2), on
apprend que le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis est
domicilié dans le quartier
Beigmau, sans mention de la
maison. Cela a été expliqué dans le paragraphe IV.2, nous avons
émis l’hypothèse que ce couple a peut-être habité la maison
Hourbeigt,
au moins pendant quelques temps, en cohabitant avec le couple parent
Jean Baziard Menot / Anne Lansalot. A l’évidence, si cette
hypothèse est vraie, ils ne sont pas restés dans cette maison,
puisque son métier de meunier a attiré Pierre (Jean) Baziard Menot
vers le quartier du Coût à Salies. Durant la période de
l’éventuelle cohabitation, la distance à parcourir entre le
moulin du Coût et la maison Hourbeigt a pu paraître un peu grande à
Pierre (Jean), mais des chemins pédestres existaient à l’époque
(voir Figure 2, § II) et on savait couper à travers champs pour
raccourcir son trajet. Cette distance journalière à accomplir a
peut-être été aussi la raison de l’installation définitive de
Pierre et de sa famille dans le moulin du Coût.
Les
enfants sont restés ensuite dans ce quartier, puisque le jeune Jean,
son fils, est mort en 1848, à l’âge de 18 ans, au moulin
de Roquefort et son autre
fils Pierre est mort lui aussi en 1860, à 20 ans, dans le moulin
du Coût dans lequel
travaillait son père, ces moulins étant tous deux situés dans le
quartier du Coût sur la rivière Saleys. Il en a été de même pour
la fille Marie restée proche de ses parents, même mariée avec Jean
Poursuibes, morte jeune à 27 ans dans la maison Laborde
quartier du Coût. Enfin, Marie Poustis elle-même meurt
prématurément, à l’âge de 52 ans, en 1861 dans le moulin
du Coût et, dans ce même
moulin, Pierre (Jean) Baziard Menot en 1882 (voir § IV.1). On voit
donc que ni le couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis, ni
leurs enfants, n’ont occupé la maison Hourbeigt de manière durable.
Cela est confirmé par les deux derniers des huit enfants de ce
couple, les deux appelés Pierre Baziard Menot. L’un est né en
1844, il a épousé Catherine Chibas et a habité et travaillé au
moulin du Coût
avant de le quitter pour terminer sa vie à Bordeaux en 1895. L’autre
est né en 1848, a épousé Marie Bareille, a aussi été meunier
mais au moulin Philippe
à l’Hôpital d’Orion, près de Salies, et y est mort en 1902.
En
réalité, c’est le couple Jean Baziard Menot / Marie Chague qui a
occupé la maison Hourbeigt, reconnue maison
Menot à la mort de Jean en
1884 à l’âge de 81 ans. Ce Jean Baziard Menot avait épousé en
première noce Marie Hiaas et Marie Chague en deuxième noce (voir §
IV.1). Ce Jean était le frère du Jean Baziard Menot époux de Anne
Lansalot. Marie Chague est morte l’année suivante, fin 1885, dans
la maison Menot. Ensuite, les Baziard n’ont plus occupé cette
maison, sauf plus récemment au XXè siècle, qui a vu naître Annie
Baziard, aujourd’hui épouse Vidal, dans
la maison Menot en 1944.
Annie est la fille de Marcel Baziard, petite-fille de Jean-Baptiste
Baziard (époux de Marie-Eugénie Bareilles), meunier à l’Hôpital
d’Orion (voir § IV.5). Selon elle, cette maison était occupée
alors par sa grand-mère maternelle Anna Congoste et par ses parents
en 1944 pour sa naissance, après leur retour de Marseille où ils
ont séjourné pendant deux ans. Ils étaient locataires de cette
maison, les propriétaires étant la famille Tilhet, propriétaires
également de la maison Tirou voisine de la maison Menot.
A
ce sujet, la transmission orale nous indique que Rose Laclau-Tirou,
fille du couple Jean Laclau-Tirou / Marie Peyruseigt (ce couple a eu
trois filles, Eulalie, Rose et Maria), avait hérité de la maison
Menot et, ne l’habitant pas, elle l’a cédée en héritage au
couple Pierre Tilhet / Maria Laclau-Tirou, les Tilhet étant les
actuels propriétaires de la maison Tirou et de la maison Menot. Le
mariage de Pierre et Maria en 1923, de même que le décès de Maria,
sont renseignés grâce à l’acte naissance de Maria en 1902 dans
la maison Tirou, aujourd’hui accessible (naissance
le 28/06/1902). On peut
aussi noter que Rose Laclau-Tirou est née en 1891 dans la maison
Tirou (naissance le
30/11/1891), soit 6 ans
seulement après la mort de Marie Chague, fin 1885 dans la maison
Menot. Quand les Laclau-Tirou sont-ils devenus propriétaires de la
maison Menot et auprès de qui ? A ce jour, nous ne le savons pas
mais nous pouvons affirmer que les Baziard-Menot ont habité cette
maison de manière certaine jusqu’en 1885 (voir le résumé du §
IV.2 - Les enfants du couple
Pierre (Jean) Baziard / Marie Poustis)
et assez peu d’années ont passé entre la mort de Marie Chague
dans cette maison fin 1885 et l’acquisition de la maison Menot par
la famille Laclau-Tirou.
Cette
analyse de la chronologie des différentes occupations de maisons,
nous permet maintenant d’établir un arbre d’occupation de la
maison Hourbeigt / Menot, par les Baziard, jusqu’à aujourd’hui :
|
Décès
de Jacob Baziard Lacave le 31/08/1814 (à 84 ans) dans la maison
Hourbeig
(x
7/02/1758) (°Judith) (x Marie) Lagisquet (°~1730 ; + ?)
|
|
Le
3/01/1822, le couple Jean Baziard (Lacave) Menot / Anne Lansalot
habite
la maison Hourbeigt
(décès de leur fils Pierre à 4 ans)
(Jean
est le neveu
de Jacob)
|
Le
couple habite la maison
Hourbeigt jusqu’à la
mort de Jean Baziard (Lacave) Menot
le
19/11/1846 (à 84 ans) puis de Anne Lansalot le 31/05/1849 (à 75
ans)
|
Le
couple Jean Baziard Menot / Marie Chague
habite
probablement la maison Hourbeigt
après leur mariage en 1849
(Jean
est un fils
de Jean Baziard (Lacave) Menot
et
frère
de Pierre (Jean) Baziard Menot marié avec Marie Poustis)
|
Jean
Baziard Menot meurt le 28/07/1884 (à 71 ans)
dans
la maison Hourbeigt devenue Menot
|
Marie
Chague meurt le 13/12/1885 (à 70 ans)
dans
la maison Menot
|
De
1886 à aujourd’hui :
Acquisition
de la maison Menot par la famille Laclau-Tirou (voisins)
Transfert
par héritage de la maison à la famille Tilhet (voisins)
Naissance
de Annie Baziard en 1944 dans la maison Menot
habitée
aujourd’hui par des héritiers de la famille Tilhet
L’occupation
de la maison Hourbeig
n’est pas renseignée avant la mort de Jacob en 1814, du moins avec
les actes d’Etat civil et, avant la Révolution française, avec
les actes religieux qui sont plutôt avares de telles informations.
Il a probablement habité cette maison avant sa mort mais il ne faut
pas oublier que Jacob Basiard Lacabe habitait la maison Lacabe (voir
Figure 7), qu'il quittera après la mort de son frère Louis Basiard
Lacabe pour habiter la maison Hourbeig dans laquelle il meurt en
1814. Jacob est probablement le premier de cette lignée de Baziard à
habiter cette maison et on peut émettre l'hypothèse qu'il l'a
achetée après avoir vendue la maison Lacabe. Ainsi, au moins 70 ans
d'occupation de la maison Hourbeigt / Menot par trois générations
de la même famille, permet de penser que les Baziard étaient
propriétaires de cette maison, même si nous ne possédons pas de
preuve de cette propriété. Une recherche plus approfondie d’actes
notariés reste à faire et probablement qu’en connaissant le
vendeur de la maison Menot
à la famille Laclau-Tirou, nous aurons la réponse à cette
question.
D’autre
part, la naissance d’Annie Baziard dans la maison Menot
en 1944, est plutôt le résultat d’un concours de circonstances,
par lesquelles Anna Congoste, la grand-mère maternelle de Annie
Baziard, a accueilli ses parents (Marcel Baziard / Louise
Baubion-Broye). Certes, Annie est l’arrière-petite-fille du couple
Pierre Baziard Menot / Marie Bareille qui a habité à l’Hôpital
d’Orion tout près du quartier Beigmau de Salies où réside la
maison Menot
mais, à notre connaissance, il n’y a pas de fait autre que le
hasard qui a conduit Annie Baziard à naître dans cette maison,
hormis peut-être la proximité géographique entre cette maison et
la commune de l’Hôpital d’Orion qui a permis la concrétisation
de ce « hasard ».
Enfin,
la chronologie ci-avant montre bien comment Jean Baziard Lacave (Anne
Lansalot), nommé officiellement Baziard Menot en 1822, est venu
habiter la maison Hourbeig
à cette même date, qui deviendra officiellement maison Menot
62 ans plus tard, en 1884. C’est bien lui qui a porté le premier
le surnom Menot
qu’il a transmis à sa
descendance et à la maison
que lui et ses descendants ont habité.
V.3
– Les Baziard et les Baziard-Menot.
Si,
pour finir, on veut savoir pourquoi il y a aujourd’hui des Baziard
et des Baziard-Menot, il faut se reporter au tableau 1 (§ I) dont un
extrait est reproduit ci-après.
XIXè
siècle.
|
Pierre
(Jean) Baziard Menot (1801-1882)(meunier ; moulin du Coût)
x
Marie Poustis (1808-1861)
(mariage
civil le 13/11/1828, Salies-de-Béarn)
|
(1)
et (2)
(1)
Pierre Baziard Menot (1844-1895)(meunier, moulin du Coût à Salies)
x
Catherine Chibas (1854-?)
(mariage
civil le 13/09/1873, Salies-de-Béarn
(2)
Pierre Baziard Menot (1848-1902)(meunier, moulin Philippe à
l'Hôpital d'Orion)
x Marie
Bareille (1847-?)
(mariage
civil le 11/01/1872, Salies-de-Béarn)
XXè
et XXIè siècles.
x
Clémence Pervalet (1884-1976)
(mariage
civil le 18/12/1902 à Bordeaux)
|
Les
BAZIARD MENOT
ayant fait souche dans la région de Bordeaux.
(2)(suite)
Jean-Baptiste Baziard (1878-1945)(meunier,
moulin
Philippe à l'Hôpital d'Orion puis cultivateur à Orthez)
x
Marie-Eugénie Bareilles
(mariage
civil le 22/02/1906 à l'Hôpital d'Orion, 64)
|
Les
BAZIARD
actuels (nombreux).
On
voit clairement que d’une branche commune, représentée par le
couple Pierre (Jean) Baziard Menot / Marie Poustis installé au
moulin du Coût dans le quartier du Coût à Salies, sont nées deux
branches initiées par deux Pierre Baziard-Menot, frères et meuniers
tous les deux, l’un au moulin du Coût, l’autre au moulin
Philippe à l’Hôpital d’Orion. Nous avons expliqué (voir fin §
IV.2) que, contraint de partir du moulin du Coût, après son mariage
avec Marie Bareille, Pierre Baziard Menot a trouvé au moulin
Philippe à l’Hôpital d’Orion le moyen d’exercer son métier
de meunier. Dans cette nouvelle commune, l’administration de l’Etat
civil l’a nommé simplement Baziard et pas Baziard Menot et il en a
été de même pour ses enfants, en particulier pour notre grand-père
Jean-Baptiste Baziard. Rien de tel n’a eu lieu avec l’autre
Pierre marié à Catherine Chibas, resté à Salies au moulin du
Coût, et il a gardé son nom Baziard Menot, mais il a été nommé
Baziard dans son acte de décès à Bordeaux où il avait émigré.
Une preuve supplémentaire de ce fait est le nom Baziard-Menot porté
par les quatre premiers enfants du couple Jules Baziard-Menot /
Catherine Chibas nés à Salies-de-Béarn, alors que le dernier
enfant du couple, Vital, né à Bordeaux, hérita du nom Baziard
simple (voir § IV.3). Ceci montre que ce sont bien les
administrations respectives des communes qui sont à l’origine du
nom Baziard simple, celles de l’Hôpital d’Orion et de Bordeaux en l'occurrence,
puisque, de son côté, le nom de Baziard-Menot est resté à Salies.
On pourrait supposer que le nom de Baziard simple aurait pu être demandé à l'administration de l'Etat civil, par Pierre Baziard Menot (Catherine Chibas) à Bordeaux d'une part et par Pierre Baziard Menot (Marie Bareille) à l'hôpital d'Orion d'autre part. Cette hypothèse pourrait être admise, avec réserve, dans le cas de Bordeaux mais elle ne le peut pas pour l'Hôpital d'Orion parce que les trois premiers enfants de Pierre Baziard Menot (Marie Bareille), nés à l'Hôpital d'Orion, ont reçu le nom Baziard et les trois suivants, nés à Salies, le nom Baziard Menot (voir § IV.4) et le père Pierre Baziard Menot est déclaré simplement Baziard lors de son décès à l'Hôpital d'Orion dans la maison/moulin Philippe dans lequel il était retourné pour ses vieux jours. Il serait étonnant que tout cela soit le résultat d'un choix de la part de Pierre Baziard Menot, l'époux de Marie Bareille.
Toutes ces constatations nous montrent aussi que tous les Baziard d’aujourd’hui devraient s’appeler Baziard-Menot.
On pourrait supposer que le nom de Baziard simple aurait pu être demandé à l'administration de l'Etat civil, par Pierre Baziard Menot (Catherine Chibas) à Bordeaux d'une part et par Pierre Baziard Menot (Marie Bareille) à l'hôpital d'Orion d'autre part. Cette hypothèse pourrait être admise, avec réserve, dans le cas de Bordeaux mais elle ne le peut pas pour l'Hôpital d'Orion parce que les trois premiers enfants de Pierre Baziard Menot (Marie Bareille), nés à l'Hôpital d'Orion, ont reçu le nom Baziard et les trois suivants, nés à Salies, le nom Baziard Menot (voir § IV.4) et le père Pierre Baziard Menot est déclaré simplement Baziard lors de son décès à l'Hôpital d'Orion dans la maison/moulin Philippe dans lequel il était retourné pour ses vieux jours. Il serait étonnant que tout cela soit le résultat d'un choix de la part de Pierre Baziard Menot, l'époux de Marie Bareille.
Toutes ces constatations nous montrent aussi que tous les Baziard d’aujourd’hui devraient s’appeler Baziard-Menot.
VI
– Conclusion.
Les
démonstrations et les hypothèses faites au long de ce travail ont
pu parfois paraître un peu longues mais elles étaient nécessaires
pour retracer les évolutions des noms des individus dans les maisons
qu’ils ont habitées. Ce travail, basé exclusivement sur les actes
Religieux et d’Etat civil des naissances, mariages et décès, a
dégagé une procédure basée sur l’analyse des fratries à chaque
génération de Baziard depuis le XVIIIè siècle, suivie d’une
mise en perspective chronologique des personnes dans leurs maisons.
Cela nous a permis de suivre les variations des noms, avec
l’apparition du surnom Menot et ensuite du nom Baziard-Menot, de
même que le changement du nom de la maison Hourbeigt en Menot.
Ainsi,
c’est Jean Baziard Lacave, perdant le surnom Lacave (Lacabe) puis
prenant le surnom « ménot », qui a été nommé le
premier officiellement Baziard-Menot par l’administration de l’Etat
civil de Salies-de-Béarn en 1822, au début du XIXè siècle, ce nom
étant ensuite gardé pour les générations suivantes de
Baziard-Menot. Nous avons noté qu’en dehors de Salies, dans les
communes de l’Hôpital d’Orion et de Bordeaux, le nom
Baziard-Menot a été transformé en Baziard par l’Etat civil de
ces deux communes. C’est la raison pour laquelle le nom Baziard,
originaire de l’Hôpital d’Orion, est resté à la nombreuse
descendance issue exclusivement du couple Jean-Baptiste Baziard /
Marie Eugénie Bareilles. Le changement du nom de la maison en Menot
eut lieu 62 ans après l’apparition du nom Baziard-Menot. Il faut
toutefois noter que ce nom de maison fut consigné dans l’Etat
civil pour la première fois, en 1884, lors du décès de Jean
Baziard Menot et de sa femme Marie Chague fin 1885 mais, bien qu'elle
soit aujourd'hui connue avec ce nom, il n’est pas mentionné dans
le cadastre actuel de Salies-de-Béarn, ce qui est le cas de la
maison Tirou voisine citée dans l’étude.
Ce
travail éclaire les origines du nom Baziard-Ménot et sera complété
par d’autres études du même type sur les premiers Baziard et sur
les Baziard Lacave et il a montré, comme un exemple, l’apparition
d’un surnom à un individu qui devient ensuite un nom grâce à la
pratique, un nom transmis ensuite à la maison que lui et ses
descendants ont habitée.
Enfin,
au long de cette étude, nous avons côtoyé nos aïeux. Même si le
plus souvent leurs vies étaient résumées à de simples dates, nous
avons quand même pu les suivre dans leurs métiers, leurs maisons,
et nous les connaissons un peu mieux maintenant, un peu comme si nous
les avions regardés revivre.
Remerciements
:
Nous
tenons à remercier notre cousine Annie
Vidal, née Baziard, pour
les informations orales précieuses qu’elle a fourni concernant sa
famille et la maison Menot qu’elle a porté à notre connaissance.
Références
:
Conseil
Général des Pyrénées Atlantiques, Service Départemental des
Archives, Salies-de-Béarn, Registres religieux catholiques, Paroisse
Saint-Vincent ou Saint-Martin
Abréviation
: CGPA, SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent ou St-Martin
Conseil
Général des Pyrénées Atlantiques, Service Départemental des
Archives, Salies-de-Béarn, Registres d’Etat civil
Abréviation
: CGPA, SDA, SdB, re civil
26/11/1706
– CGPA, SDA, SdB, rr
cath., Par. St-Vincent,
mariage Isaac de Basiard / Marie de Camy ;
29/11/1764
- CGPA,
SDA, SdB, rr cath., Par. St-Martin, mariage
Louis Baziard Lacave / Catherine Labourdette ;
23/12/1730
- CGPA,
SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent,
naissance Jacob Baziard Lacave ;
7/02/1756
- CGPA,
SDA, SdB, rr cath., Par. St-Martin,
mariage Jacob Baziard Lacave / Judith (Marie) Lagisquet ;
5/12/1765
- CGPA,
SDA, SdB, rr cath., Par. St-Vincent,
naissance Jean Basiar ;
15/08/1788
- CGPA, SDA, SdB, rr cath.,
paroisse St-Vincent, décès
Catherine Labourdette ;
19/01/1797
(30 nivôse an 5) - CGPA,
SDA, SdB, re civil, décès
Judith Lagisquet ;
26/08/1797
(9 fructidor an 5) - CGPA,
SDA, SdB, re civil, naissance
Louis Baziard ;
3/05/1799
(14 floréal an 7, déclaré douze prairial an 8 (1/06/1800), CGPA,
SDA, SdB, re civil, naissance
Jean Baziard ;
30/09/1801
(8 vendémiaire an 10, déclaré 3 pluviôse an 10 (23/01/1802)),
CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Pierre Baziard ;
13/08/1803
(25 thermidor an 11, déclaré le 26), CGPA,
SDA, SdB, re civil, décès
Louis Baziard ;
14/01/1804
(23 nivôse an 12) - CGPA,
SDA, SdB, re civil,
naissance Jeanne Baziard ;
5/10/1813
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Jean Baziard ;
31/08/1814
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Jacob Baziard Lacave ;
8/10/1817
(déclaré 11/10/1817) -
CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Pierre Baziard ;
2/01/1822
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Pierre Baziard ;
21/02/1828
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
mariage Jeanne Baziard / Pierre Dufau ;
22/05/1828
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Jean Baziard ;
13/11/1828
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
mariage Pierre Baziard / Marie Poustis ;
6/04/1831
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Anne Baziard ;
4/04/1833
(déclaré 5/04/1833) -
CGPA, SDA, SdB, re civil.,
naissance Marie Baziard menot ;
27/03/1834
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
mariage Jean Baziard / Marie Hiaas ;
29/08/1835
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Jeanne Baziard ;
18/09/1837
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Marie Baziard ;
8/03/1840
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Pierre Baziard-Menaut ;
19/04/1844
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Pierre Baziard Menot ;
19/11/1846
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Jean Baziard Menot ;
7/02/1848
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Jean Baziard Menot ;
8/05/1848
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Pierre Baziard-Menot ;
31/05/1849
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès de Anne Lansalot (déclaré le 1/06) ;
5/07/1849
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
mariage Jean Baziard menot / Marie Chague ;
4/09/1860
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Pierre Baziard-Menaut ;
11/02/1861
(déclaré le 12/02/1861) - CGPA,
SDA, SdB, re civil, décès
Marie Poustis ;
31/07/1865
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Marie Baziard ;
11/01/1872
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
Mariage Pierre Baziard-Menot / Marie Bareille ;
13/09/1873
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
mariage Pierre Baziard Menot / Catherine Chibas ;
11/11/1874
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Augustine Baziard-Ménot ;
17/11/1874
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Marie Baziard-Ménot ;
CGPA,
SDA, SdB 27/06/1876
- CGPA, SDA, L’Hôpital
d’Orion, re civil, naissance
Irène Baziard ;
11/11/1878
- CGPA, SDA, L’Hôpital
d’Orion, re civil, naissance
Jean-Baptiste Baziard ;
25/11/1878
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Marie Baziard-Ménot ;
2/12/1879
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Marie-Louise Baziard-Ménot ;
20/11/1880
– CGPA, SDA, L’ Hôpital
d’Orion, re civil,
naissance Jean-Charles Baziard ;
16/04/1881
- CGPA, SDA, L’Hôpital
d’Orion, re civil, décès
Jean-Charles Baziard ;
9/01/1882
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissances Marie et Charlotte Baziard Menot ;
29/11/1882
- Registre des actes de
naissance de Bordeaux, Section 3,
naissance Vital Baziard ;
29/11/1882
- Registre des actes de
naissance de Bordeaux, Section 3,
naissance Vital Baziard ;
26/12/1882
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Pierre Baziard, veuf de Marie Poustis ;
10/03/1884
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Marie Baziard Menot ;
28/07/1884
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Jean Baziard menot ;
13/12/1885
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Marie Chague ;
26/03/1888
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Elise Baziard Menot ;
30/11/1891
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Rose Laclau-Tirou ;
25/02/1895
- Registre des actes de
décès de Bordeaux, Section 2, décès
Pierre Baziard ;
5/02/1898
- Registre des actes de
mariage de Bordeaux, Section 1, mariage
Marie Baziard-ménot / Ferdinand, Léopold Fauret ;
28/03/1901
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Jeanne Baziard-Menot ;
14/02/1902
- CGPA, SDA, L’Hôpital
d’Orion, re civil, décès
Pierre Baziard ;
28/06/1902
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
naissance Maria Laclau-Tirou ;
18/12/1902
- Registre des actes de
mariage de Bordeaux, Section 2,
mariage Jules Baziard-Ménot / Clémence Pervalet ;
22/02/1906
– CGPA, SDA, L’Hôpital
d’Orion, re civil,
mariage Jean-Baptiste Baziard / Marie-Eugénie Bareilles ;
22/07/1911
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
mariage Charlotte Baziard Menot / Pierre Lauroua ;
19/01/1916
- CGPA, SDA, L’Hôpital
d’Orion, re civil, décès
Irène Baziard ;
16/11/1916
- CGPA, SDA, SdB, re civil,
décès Anne Baziard ;
18/12/1945
- CGPA, SDA, Orthez, re
civil, décès
Jean-Baptiste Baziard.
-----------------------------------